THE DESCENT 2
The Descent Part 2 - Angleterre - 2009
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Genre : Horreur
Réalisateur : John Harris
Musique : David Julyan
Durée : 94 minutes
Distributeur : Pathé Distribution
Date de sortie : 14 octobre 2009
Film : note
Jaquette de « The Descent 2 »
portoflio
LE PITCH
Quelques heures après la funeste exploration de grottes souterraines par un groupe de jeunes femmes qui tombèrent sur de terribles créatures souterraines, les recherches des équipes de sauvetage tombent sur une jeune femme, Sarah, rescapée. Avec son aide, une petite équipe tente d’aller secourir les autres jeunes femmes, sans savoir que les souterrains sont peuplés de terribles créatures...
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Chute libre

Neil Marshall, en 2005, avait frappé un grand coup dans le domaine du cinéma d'horreur, avec l'éprouvant et palpitant The Descent. En 2009 arrive la suite directe du film, The Descent - Part II, réalisée par John Harris, monteur sur le premier volet. Nouvelle virée paranoïaque et claustrophobe à venir ?

 

Très rapidement, la réponse se fait jour : ce sera fort différent, et pas forcément pour le mieux. La volonté, louable, de ne pas reprendre exactement les mêmes systèmes de fonctionnement se heurte rapidement à un mur. Ce mur est une idée astucieuse qui tombe elle aussi à l'eau : un second volet prenant place quelques heures à peine après la fin du premier. Excellent moyen de dynamiser le scénario via la présence de la survivante Sarah - même s'il convient de s'interroger sur la liberté prise avec la viscérale et fabuleusement animale fin de la version européenne de The Descent - traumatisée par l'expérience et contrainte de retourner dans ces souterrains maudits. Faisons fi de la cohérence qui voudrait qu'une jeune femme sous le choc n'est pas vraiment à même de retourner sur les lieux de l'horreur, et constatons que ce qui faisait le charme et la force du premier volet est absent ici : la caractérisation des personnages et les liens qui les unissent restent fort superflus. Là où The Descent proposait une longue et fabuleuse exposition, permettant une profonde empathie pour ses personnages, ce volet échoue sur ce plan, laissant les personnages dans des modes « victime numéro x » plus que dans des êtres vivants pour lesquels le spectateur va s'inquiéter.

 

Trop de monstre tue le monstre

 

La mise en scène peu inspirée de John Harris n'aide en rien, et les quelques scènes de tension dramatique peinent à convaincre. Les scènes supposées créer cette fameuse empathie pour les personnages s'avèrent au final créer une distance malvenue. Quant au cœur du film, il prend un virage à 90° avec le premier volet. L'ambiance, l'angoisse et l'aspect oppressant du premier film étaient avant tout générés par deux choses : la fabuleuse mise en scène à même de provoquer un sentiment d'étouffement au fin fond des grottes, et le non-montré des créatures, renforçant leurs rares apparitions. Ici, en partant sur un concept de suite directe, il est évident que le film se retrouve le cul entre deux chaises : d'une part, l'envie de se différencier du premier volet, d'autre part, celle de continuer à développer la recette qui fit mouche avec talent. Et à trop vouloir la chèvre et le chou, l'animal mange le tout. Le résultat est le pire auquel on pourrait s'attendre. La tension n'est à aucun moment créée par un jeu d'attente et de mise en scène, la peur se basant sur les fameux effets destinés à faire sursauter à grands renforts de bruitages violents. Les créatures sont nombreuses, montrées sous tous les angles, faisant disparaître une grande partie du mystère pour plonger dans l'horreur gore (quelques scènes réjouiront les amateurs), et le tout se complaît même, à un ou deux moments, à un humour vulgaire fort malvenu. Et passons sous silence les dernières minutes qui parviennent tout à la fois à proposer une scène particulièrement ridicule et à désamorcer presque toute la mythologie créée par le premier film.

 

The Descent se suffisait clairement à lui-même, et réaliser une suite était un défi peu commun. À l'instar d'un Alien, il aurait sans nul doute fallu un réalisateur d'une tout autre trempe que le pauvre John Harris, qui échoue, malgré une évidente envie de bien faire, sur toute la ligne

Dimitri Pawlowski

 

 

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