JUPITER : LE DESTIN DE L'UNIVERS
Jupiter Ascending - Etats-Unis - 2015
Image de « Jupiter : Le Destin de l'Univers »
Genre : Space Opera
Musique : Michael Giacchino
Durée : 127 minutes
Distributeur : Warner Bros.
Date de sortie : 4 février 2015
Film : note
Jaquette de « Jupiter : Le Destin de l'Univers »
portoflio
LE PITCH
Jupiter Jones a la tête dans les étoiles, mais enchaîne les coups durs et n'a d'autre perspective que de gagner sa vie en nettoyant des toilettes. Ce n'est que lorsque Caine, ancien chasseur militaire génétiquement modifié, débarque sur Terre pour retrouver sa trace que Jupiter commence à entrevoir le destin qui l'attend depuis toujours : grâce à son empreinte génétique, elle doit bénéficier d'un héritage extraordinaire qui pourrait bien bouleverser l'équilibre du cosmos…
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Twilight Revolutions

Leur collaboration avec l'allemand Tom Tykwer sur Cloud Atlas ayant permis aux Wachowski de revenir sur le devant de la scène cinématographique, nous attendions de pied ferme leur prochain film. Car après un chef d'œuvre pouvant rivaliser avec Matrix, l'annonce d'un projet de space-opéra avait attiré une curiosité assez unanime.

 

Il existe étrangement un schéma se dessinant distinctement dans la filmographie des Wachowski. Un schéma qui aurait dû nous alerter sur la teneur finale de ce Jupiter : Le destin de l'univers. D'un côté nous avons Matrix, Speed Racer et Cloud Atlas, soient 3 films, dans une certaine proportion, pas vraiment attendus (car même si la bande-annonce de Matrix avait de quoi faire sauter les braguettes, personne ne s'attendait à cette « révolution »). Chacun de ces films sort soit après un polar au succès relatif, ou de gros échecs publiques et/ou critiques. D'un autre côté nous avons le malgré tout très sympathique et généreux Matrix Reloaded, Matrix Revolutions et donc Jupiter Ascending (pour faire plus court et moins mensonger). Trois films (ou deux ½ si vous préférez) qui sortent avec une attente énorme de la part du public et de la critique, trois films réalisés sous une pression importante... et qui se trouvent être les moins bons d'Andy et Lana.

 

Cendrillon Ascending

 

Pourtant, si l'on passe outre l'ouverture retraçant le passé des parents de Jupiter, aidant le spectateur à comprendre qu'il faut forcément être une pauvre immigrée russe aspirant à autre chose que récurer les toilettes pour avoir le cœur pur et vaillant, on rentre assez facilement dans le film dès que les éléments fantastiques, sous la forme de trois chasseurs de primes, entrent en jeu. Venus capturer Jupiter pour la livrer à Balem Abraxas, un seigneur galactique voulant cultiver les terriens comme ressource première nécessaire à sa fontaine de jouvence, leur affrontement avec un mystérieux chasseur mi-homme, mi-loup (mais pas loup-garou) a de quoi emballer le spectateur et promettre deux heures d'aventures fantastiques à travers l'espace. Certes on y suivrait une version femme de ménage de Luke Skywalker et Hatchi en patins à roulettes de Han Solo, mais il faut avouer qu'il y a de quoi saliver... pour mieux déchanter. S'en suit une scène de dog fight (sans mauvais jeu de mots envers le personnage de Channing Tatum) dans le ciel de Chicago haletante, mais un poil (non plus, promis) bâclée visuellement. Il suffit de repenser aux scènes d'action coréennes de Cloud Atlas pour se demander pourquoi tout dans Jupiter Ascending manque de chien (ok, j'avoue), les set pieces désamorçant systématiquement leur élément de danger sans véritable logique. Ce dogfight n'est ainsi que le début d'une avalanche de scènes prometteuses mais qui seront constamment avortées par une pauvreté des enjeux effarantes et/ou des situations ne faisant plus rire ou vibrer à force d'être répétées. D'une improbable scène comique dans les labyrinthes de l'administration, renvoyant à cette magnifique scène des 12 Travaux d'Astérix, à un double climax répétitif, copié/collé coup sur coup, voyant Caine sauver Jupiter de pas grand chose. Sans parler de ce final aussi absurde que visuellement laid ; on se demande dès lors où les Wachowski ont pu égarer leur recette utilisée par le passé pour livrer un plat aussi insipide. Il en va de même pour leur obsession des symboles religieux : des êtres supérieurs ayant créé les humains à leur image, une jeune fille seule tenant le destin de la Terre entre ses mains, un ange gardien... En l'état, Jupiter Ascending tient presque plus du nouveau testament que du Space Opera en bonne et due forme !

 

Tout ça pour ça

 

Le plus triste dans tout cela, c'est que le film reste quand même intéressant sur une multitude de points. Sean Bean apporte une bonne dose de charisme, bien qu'il soit l'un des personnages les plus mal écrits du film, Channing Tatum est convaincant dans son rôle de chasseur solitaire, les production et character design sont assez fantastiques, la musique de Michael Giacchino est envoûtante et sauve bon nombre de morceaux de bravoure... Mais tout cela ne suffit pas à faire oublier des scènes d'action répétitives (Cain rentre dans une pièce, se colle au plafond et flingue tout le monde... au moins 5 fois dans le film), un manque de panache dont les Wachowski ont rarement fait preuve et une conclusion aussi inintéressante que stupide. On peut leur accorder le bénéfice du doute et espérer une relecture et une réappréciation comme en avait bénéficié Speed Racer en son temps, mais rien n'est moins sûr, car en dépit d'un côté fun et sympathique, tout cela reste sur la forme et le fond terriblement con.

François Rey









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