LA PLANèTE DES SINGES : L'AFFRONTEMENT
Dawn of the Planet of the Apes - Etats-Unis - 2014
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Genre : Science-fiction
Réalisateur : Matt Reeves
Musique : Michael Giacchino
Durée : 130 minutes
Distributeur : 20th Century Fox
Date de sortie : 30 juillet 2014
Film : note
Jaquette de « La Planète des singes : L'Affrontement »
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LE PITCH
Suite aux effets d'un virus dévastateur, la planète terre a sombré dans le chaos. D'un côté, les quelques humains restant vivent reclus au sein de colonies. De l'autre, des castes de grands singes génétiquement évolués se sont repliés dans les forêts. L’un de ces clans, dominé par le chimpanzé César, va devoir combattre pour sa survie et celle de son espèce.
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regne animal

Il y a deux ans, La Planète des Singes : Les Origines avait surpris tout le monde. « Reboot » du classique de science-fiction et de la célèbre saga cinématographique qui s'en était inspirée, le film de Rupert Wyatt revisitait avec modernité et intelligence les thèmes développés par le romancier Pierre Boulle. Suite logique et très attendue, La Planète des Singes : L'affrontement poursuit dans la veine fantastico-réaliste du premier opus et hisse savamment son intrigue vers des sommets de dramaturgie. D'une étonnante sobriété, constamment digne et incarné, ce long-métrage déploie une puissance de tous les instants mais n'abandonne jamais l'émotion au profit de la surenchère spectaculaire.

Dix années se sont écoulées depuis qu'un effroyable virus a décimé la quasi-totalité de l'espèce humaine. Evoluant en autarcie au sein de colonies, les rares rescapés sont contraints de cohabiter et d'évoluer dans un San Francisco abandonné où la nature hostile a repris ses droits. Non loin de là, au cœur de forêts dantesques et vertigineuses, de grands singes génétiquement développés évoluent en castes et vivent de la chasse. L'une de ces castes est dirigée d'une poigne de fer par César, un chimpanzé à l'intelligence supérieure, déjà croisé dans La Planète des Singes : Les Origines. Lorsque quelques humains téméraires hommes osent s'aventurer dans son périmètre, César voit rouge. Plus que décidé à veiller sur la pérennité des siens, le grand primate n'hésitera pas à mener la lutte.

 

une question d'évolution


Le combat. Tel semble être le maître mot de ce blockbuster cérébral et inspiré. Confiée à Matt Reeves (jeune cinéaste qui, en 2008, nous avait déjà bluffés avec Cloverfield et Laisse-moi entrer), la mise-en-scène détonne par sa maîtrise à la fois formelle et dramaturgique. Dès la toute première séquence, une stupéfiante partie de chasse dans une forêt de séquoias géants, le spectateur est littéralement rivé à son fauteuil et attend la suite des évènements avec une impatience non feinte. Il se dégage de ce film une force bestiale, épidermique et imprévisible. Il faut dire que la Fox n'a pas lésiné sur les moyens : La vision du Golden Gate à l'abandon, un affrontement nocturne et létal au sommet d'une tour en construction ou ces échauffourées dans les rues pentues d'un San Francisco à feu et à sang... Rien n'est laissé au hasard. Le pur spectacle se révèle flamboyant, ample et opératique. Mais jamais, et c'est bien là le principal atout du film, il ne sacrifie l'émotion. Le personnage de César, ce chimpanzé doué de parole, est inoubliable. Mieux, il vous remue les tripes. En perpétuel déchirement existentiel, César compose un héros de cinéma fabuleux ; un être à vif d'une rare profondeur émotionnelle. Chef de clan impérial et intrépide, père de famille protecteur et bienveillant, il se met une partie de la communauté simiesque à dos lorsqu'il accepte de pactiser avec une bande d'humains plutôt sympathiques. Ce revirement de situation constitue la clé de voute du film, son point de basculement. Grâce aux exploits de la 3D et de la modélisation 2.0, l'anthropomorphisme domine la partie : chimpanzés, gorilles, orangs-outangs... le réalisme s'avère ahurissant. Leurs mouvements, attitudes et expressions se révèlent d'une précision de tireur d'élite. Et César, campé par le britannique Andy Serkis (à qui l'on doit Gollum et King Kong chez Peter Jackson) nous hante longtemps par son humanité et sa prestance de chef de guerre. La Planète des singes : L'affrontement, c'est du blockbuster mâtiné de « National Geographic », du film d'action savant et burné, autant destiné aux fans de biologie darwiniste qu'aux aficionados de SF, souvent difficiles et intransigeants. Les scénaristes rendent hommage au classique de Pierre Boulle en recadrant les thèmes (lutte des classes, volonté d'émancipation) pour se concentrer sur les aspects d'éthique et de moralité. Il y a de bons et de mauvais singes (Koba, le chimpanzé renégat et balafré file vraiment la pétoche) comme il y a de bons et de mauvais humains. Il s'agit d'un affrontement quotidien, intime et communautaire. Un équilibre fragile entre matière brute et matière grise.

En un mot : un tour de force. Et si la suite de cette nouvelle saga est du même acabit que le deuxième opus, alors préparez-vous à vivre de grandes heures de cinéma. Parole, on ne vous paiera pas en monnaie de singe.

Gabriel Repettati












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