WOLF CREEK 2
Australie - 2013
Image de « Wolf Creek 2 »
Genre : Horreur
Réalisateur : Greg McLean
Musique : Marco Beltrami
Durée : 107 minutes
Distributeur : inconnu
Film : note
Jaquette de « Wolf Creek 2 »
portoflio
LE PITCH
Deux routards décident de partir dans l'outback australien et tombent sur le plus dangereux prédateur du coin : le psychopathe Mick Taylor !
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Duel dans le désert

Huit ans après le premier Wolf Creek et six ans après son sympathique film de crocodile (Solitaire), Greg McLean, qui a entre temps produit le superbe Red Hill (qui révèle d'ailleurs le réalisateur Patrick Hughes, aujourd'hui affecté à la mise en scène du troisième Expendables), revient sur le devant de la scène cinématographique avec la suite des aventures de Mick Taylor dans un Wolf Creek 2 aussi généreux dans sa forme que creux dans son fond. Après Silent Hill : Revelation, c'est donc avec un film en demi-teinte que se clôture la troisième édition du Paris International Fantastic Film Festival.

En 2005, alors que le tortur porn envahit l'ensemble des productions horrifiques, Greg McLean débarque avec un survival brutal, sublimé par les magnifiques paysages Australien et par son boogeyman, Mick Taylor, une sorte de redneck à l'instinct territorialiste un peu trop poussé et qui se fait un malin plaisir de séquestrer et torturer quelques touristes. Comme dans tous les films de ce genre, Wolf Creek prend son temps et pose son intrigue dans les paysages surréalistes australiens. Rien à voir avec les productions d'Eli Roth dans les pays d'Europe de l'est et leur tourisme sexuel pour gros beaufs. D'autant que dans le film de McLean les personnages sont particulièrement attachants. Pour ce qui est du reste du film, même si classique et centré sur la torture des touristes, il est aussi très réussi et puissant grâce à son ambiance oppressante et la radicalité de son boogeyman très décalé. C'est donc avec plaisir que l'on se rendait à la projection de Wolf Creek 2, d'autant que Greg McLean, en dépit de la réussite de ses deux précédentes productions, ne s'est jamais travesti à Hollywood, comme le prouve cette suite écrite et réalisée par ses soins et qui débarque de nombreuses années après le premier opus. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il commence sur les chapeaux de roue. Deux policiers australiens en manque d'action arrêtent sans raison une des seules voitures passant par là ce jour-là. Pas de bol, cette voiture, c'est la camionnette de Mick Taylor et le conducteur au début jovial et plein de blagues salasses encaisse mal de se prendre un PV. Explosion de crane et effusions de sang, sont donc de la partie. Mais ce n'est que les prémisses du massacre à suivre dans les vastes contrées d'une Australie sauvage.

 

Massacres en tous genres


Comme son ainé Wolf Creek 2 est un survival tout ce qu'il y a de plus classique. Mais ce n'est pas tant que le film de McLean soit classique le problème, c'est plutôt qu'il n'apporte rien au concept du premier opus. Comme dans le premier, la mise en scène de McLean est absolument incroyable, le cinéaste australien enchainant des plans de grande ampleur, sublimant les paysages incroyables de son beau pays. Tout au long de la course poursuite entre Mick et le héros et son atmosphère anxiogène caractéristique des survival, les paysages offrent ainsi des appels d'air particulièrement intéressants. De la même façon, comme dans le premier opus l'humour noir dont use le boogeyman apparait au début très rafraichissant. Et pourtant, il lasse très vite mais lasse très vite tant l'interprétation de John Jarratt est outrancière. Finalement, dès la rencontre entre Mick et le couple de touristes Allemands on a l'impression que Wolf Creek 2 tourne en rond, la faute à l'écriture sans grande ambition de McLean. Toutefois, le choix du cinéaste de boursouffler le concept en le chargeant de nombreux gags salaces et autres références très appuyées (codes du western, hommage à Duel, à Massacre à la tronçonneuse, etc.), jusqu'à en devenir limite "too much" comme lors de cette séquence de massacre chez le couple de personnes âgées au son du « Beau Danube Bleu ». On a du coup l'impression de voir une sorte de long épisode de « Bip Bip et vil coyote », mâtiné d'une visite guidée dans le petit musée des horreurs de Mick Taylor. Malheureusement, le film est trop long, manque de rythme et même si généreux, peine à intéresser le public, de la même façon que son héros, d'une débilité déconcertante, peine à l'émouvoir. Pourquoi ne pas avoir pris le contrepied du premier opus en introduisant un héros qui cette fois en ferait baver à Mick ? Finalement, McLean donne juste dans la surenchère avec Wolf Creek 2. Alors certes, le cinéma d'horreur ces derniers temps est plutôt chiche en violence et le côté mauvais garçon du cinéaste fait plaisir à voir, comme lors d'une séquence de massacre de Kangourous bien sale. Mais cela ne fait malheureusement pas tout et on s'ennuie très vite devant ce massacre tout ce qu'il y a de plus classique, comme le prouve la séquence finale des questions/réponses, version tortur porn des énigmes dans le noir de The Hobbit.

Quentin Boutel












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