MAN OF STEEL
Etats-Unis / Canada / Royaume-Uni - 2013
Image de « Man of Steel  »
Réalisateur : Zack Snyder
Musique : Hans Zimmer
Durée : 140 minutes
Distributeur : Warner Bros.
Date de sortie : 19 juin 2013
Film : note
Jaquette de « Man of Steel  »
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LE PITCH
Un petit garçon découvre qu'il possède des pouvoirs surnaturels et qu'il n'est pas né sur Terre. Plus tard, il s'engage dans un périple afin de comprendre d'où il vient et pourquoi il a été envoyé sur notre planète. Mais il devra devenir un héros s'il veut sauver le monde de la destruction totale et incarner l'espoir pour toute l'humanité.
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Back To Krypton

Après le succès mondial de la trilogie Batman, orchestrée par Christopher Nolan, l'adaptation au cinéma de l'univers de DC Comics devait impérativement continuer dans sa lancée et enfin faire aboutir le projet d'adaptation de la Justice League, concurrent direct de la joyeuse équipe d'Avengers de Marvel. Et comme il n'y a pas de Justice League sans Superman, il fallait donc s'atteler à remettre aux goûts du jour la vision cinématographique du plus grand des super-héros, dont la dernière adaptation, la très poétique déclaration d'amour de Singer au film de Donner, avait été accueilli très froidement. Exit donc le costume vieillot et la vision romanesque de l'homme d'acier et bonjour à Superman 2.0, dont le mythe a été revu et corrigé par Goyer, la famille Nolan, mais aussi et surtout par le cinéaste Zack Snyder.

L'imagerie de Zack Snyder a toujours été d'une richesse étonnante. Puisant dans tous les genres et tous les médias modernes, elle est foisonnante et n'a de limite que l'imagination démente du cinéaste, au risque même parfois d'apparaitre boursoufflée, dépassant les limites du supportable pour le spectateur. C'est d'ailleurs ce que la plupart de ses détracteurs avancent et particulièrement dans son film le plus déjanté, Sucker Punch. Toutefois, jamais son imagerie n'apparait dépourvue de sens et c'est ainsi de la plus belle des façons que son nouveau film, le tant attendu Man of Steel, ressemble à son film le plus décrié, tant il donne à voir un nombre incalculable d'imageries différentes et ahurissantes, structurées autour d'une mythologie, celle de Krypton, et autour d'un icone, celui très christique de Superman. De l'introduction montrant la fin de Krypton, apportant un background sensationnel aux visions de cette planète extraterrestre préexistantes dans les films et les comics (le travelling circulaire retranscrivant l'histoire de Krypton), aux séquences d'actions spatiales et super-héroïques, le film de Snyder ne chôme pas, éblouit le spectateur et transcende l'histoire de Kal-El, devenu Clark Kent puis Superman, d'évènements à la mesure de son extraordinaire puissance.

 

Superman Begins


Cinéaste de l'Apocalypse, mettant sans cesse en scène des mondes en proie à la destruction, Snyder, avec des enjeux quasi-similaires à ceux de Superman II, troque le lyrisme typique de la licence contre une force et une efficacité incroyable, transformant ainsi Zod en général surpuissant, en destructeur de monde très éloigné du personnage précédemment interprété par Terrence Stamp, un personnage prêt à tous les actes de barbaries pour la suprématie de sa race et l'assise de son pouvoir (voir la séquence incroyable où Zod montre l'apocalypse à Superman). Face à une telle noirceur, Kal-El devient ainsi plus que jamais le sauveur de l'humanité, le pont entre deux civilisations capable de faire un monde meilleur, Snyder assumant totalement l'iconographie christique intrinsèquement lié à Superman. Et, c'est d'ailleurs ce devenir qui structure tout film, Man of Steel, comme la trilogie Batman de Nolan, reposant essentiellement sur le spleen d'un personnage en quête de ses origines et plus tard sur les choix qui le mèneront à être un guide pour l'humanité. Jusqu'ici très peu évoqué au cinéma, le personnage passe ainsi de fantôme en marge de la société à la figure toute puissance de super-héros. En cela le film de Snyder est exemplaire, puisqu'il ne se concentre jamais sur l'enfance et les moments de la vie de Clark vu et revu, mais structure son récit autour d'actions, petites ou grandes qui définissent le personnage tel qu'on le voit au début du film et qui vont le guider dans ses choix futurs. Parfois maladroite, la structure en flashback n'en est alors que plus signifiante puisque Snyder et les scénariste y trouvent un moyen de se dégager entièrement des contours d'une histoire aujourd'hui connue de tous (Smallville, l'enfance de Clark, etc.), pour pouvoir ainsi travailler en profondeur ce personnage bien plus complexe que cette image de boyscout, somme toute très réussie dans les précédents films, mais trop lisse pour être aujourd'hui totalement satisfaisante. Pour autant, même si le film de Snyder fait preuve d'un sens du spectaculaire dépassant l'entendement, grâce à un climax occupant une grande partie du dernier tiers du film, il n'est pas pour autant avare en émotion. Chaque plongée dans l'enfance de Clark donne ainsi à voir de grands moments particulièrement touchants, construisant des personnages secondaires aussi intéressants qu'émouvants et qui complètent avec brio la mythologie de ce nouveau Superman (au détriment parfois du respect de l'histoire originelle, comme par exemple la mort de Jonathan).

 

Destruction Massive


Le casting y est certes pour beaucoup, tant tous les acteurs sont absolument fantastiques (si l'on excepte le personnage et la prestation d'Amy Adams en Lois Lane). Kevin Costner est l'incarnation parfaite de Jonathan, tandis que Russell Crowe reprend à la perfection le rôle de Marlon Brando. Mais c'est surtout Michael Shannon qui crève l'écran en Zod, très loin du cabotinage que l'on redoutait et apportant une pointe de désespoir à ce personnage despotique, tandis qu'Henry Calvill, lui, est incroyable en Superman, incarnant parfaitement toute les facette du personnage. Mais c'est aussi et surtout la musique d'Hans Zimmer qui participe à l'émotion et à la puissance du film. Le compositeur épouse le point de vue de ce nouveau Superman et prend ses distances avec le thème de Williams en retranscrivant avec brio les ambiances de l'Amérique profonde à coups de percussions typiques de l'«Americana», qui s'élèveront ensuite pour constituer le thème de Superman, signifiant ainsi, par le son plus que par les images (Clark Kent est globalement absent du film), la transformation de cet américain moyen en dieu. Dommage alors, après autant de soin apporté à cette nouvelle imagerie et à l'approfondissement de ce personnage mythique de la culture populaire mondiale, que le scénario souffre parfois d'un petit effet « Prometheus », certaines séquences et informations cruciales tombant parfois comme un cheveux sur la soupe. Et de façon particulièrement gênante l'une d'elles introduit d'ailleurs tout le climax. Fort heureusement, celui-ci est tellement spectaculaire qu'il excuse nombre de lacunes scénaristiques qui seront comblées, comme pour Watchmen, dans une version Director's Cut certainement plus équilibrée. Superman virevolte et la caméra de Snyder suit avec virtuosité l'homme d'acier, épousant la puissance de sa force et la frénésie de ses gestes par de gigantesques mouvements de caméra et un montage au cordeau. Car pour une fois Superman doit affronter une puissance qui le dépasse et il lui faudra se battre, déchainant une puissance folle autour de lui, détruisant les cités et tuant des innocents dans une énième représentation hollywoodienne du désastre du 11 septembre 2001, où se livrent, devant les yeux ébahis du spectateur, des affrontements virtuels vertigineux, dignes des plus grands moments de Dragon Ball Z.


Certes, Man of Steel, n'est pas parfait, mais il fait preuve d'une ambition incroyable et se pose comme le film qu'il fallait pour transposer la figure de Superman dans l'ère du divertissement moderne.

Quentin Boutel




















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