LA CHUTE DE LA MAISON BLANCHE
Olympus Has Fallen - Etats-Unis - 2012
Image de « La Chute de la Maison Blanche »
Genre : Action
Réalisateur : Antoine Fuqua
Musique : Trevor Morris
Durée : 118 minutes
Distributeur : SND
Date de sortie : 20 mars 2013
Film : note
Jaquette de « La Chute de la Maison Blanche »
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LE PITCH
Mike Banning, ancien garde du corps du président des États-Unis, s’occupe désormais des basses besognes des services secrets. Lorsqu’un commando nord-coréen lance une attaque sur la Maison Blanche, prenant en otage le président américain et son fils, il se retrouve seul à pouvoir leur venir en aide. Deux ans après avoir été tenu responsable de la mort accidentelle de la Première Dame, il va pouvoir faire preuve de sa loyauté et de sa bravoure.
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Une histoire de méchants

Trois ans après le très moyen L'Elite de Brooklyn, le très subtil Antoine Fuqua, auteur d'œuvres aussi fines que ratées comme Le Roi Arthur ou Les Larmes du soleil, revient avec le bourrin mais efficace La Chute de la maison blanche, sorte de film d'action nanardesque, porté par le massif Gerard Butler et qui malgré son esthétique de DTV enchante par sa radicalité et sa forme délicieusement anachronique.

 

Lorsque l'on regarde La Chute de la maison blanche il est intéressant de voir à quel point le cinéma américain, quel que soit son genre (espionnage, thriller, action, etc.), véhicule encore aujourd'hui de façon plus ou moins implicite, l'implication politique de son pays au moment de la production du film, mais aussi et surtout ses psychoses. Ce n'est alors pas pour rien si l'on voit ces dernières années, si l'on fait fi de la volonté plus que douteuse des producteurs de remettre aux goûts du jour et pour la nouvelle génération des classiques soit disant « datés », se multiplier les projets de remake d'œuvres à la fois marquantes, incisives, mais surtout marquées par leur époque de production, comme par exemple New York 1997 de John Carpenter. De la même façon, on voit cette année sortir le remake de Red Dawn de John Milius, dans lequel les russes sont  remplacés par des nord-coréens. Et, sans être un remake, on ressent dans La Chute de la maison blanche, la même volonté de transcrire ces changements, de montrer malgré sa forme de revival des films des années 1980-90 dont la radicalité fait plaisir à voir, qu'aujourd'hui l'ennemi a changé (nord-coréen une fois encore), tout comme ses motivations qui ne sont plus pécuniaires, mais morales. En revanche, les psychoses elles sont restées les mêmes, de l'exécution de civils en masse, jusqu'à la destruction de monuments hautement symboliques en passant par la chute du drapeau américain, réduit en cendre. On retrouve tout cela dans La Chute de la maison blanche, heureusement dans la plus pure tradition du film d'action américain, un homme seul va se dresser pour lutter contre ces attaques sanglantes, symbolisant ainsi la grandeur de la nation et son héroïsme.

 

seul contre tous

 

La structure du film se révèle alors particulièrement classique, du prologue narrant le traumatisme du héros, censé l'éloigner de la menace à suivre mais qui se révèle finalement être une deuxième chance pour lui de prouver sa valeur et son héroïsme, jusqu'à l'attaque sans concession où le système et la nation américaine toute entière sont mis en péril (là où dans Red Dawn l'attaque d'un village isolé peinait à rendre crédible la représentation de l'invasion à l'échelle du pays)... Sans oublier toute la partie centrale articulée autour de tentatives d'attaques avortées et de révélations menaçantes, dans laquelle notre héros sans peur combat seul contre tout un régiment d'élite surentrainé pour l'honneur et la survie de la nation. Et, force est d'avouer que malgré sa simplicité, pour ne pas dire sa dimension fortement stéréotypée et parfois même jusqu'à la nausée (le repentir du traitre et l'autocongratulation finale), tout dans le récit s'imbrique particulièrement bien et les 120 minutes de ce film d'action passe comme du petit lait. Il faut alors remercier Gerard Butler, ici surpuissant, qui combine le charisme acquis sur des films comme 300 ou Que Justice soit faite et la profondeur dramatique de rôles vus dans Machine Gun et surtout de Chasing Mavericks. Ces derniers temps, avec le diptyque Expendables, les stars des années 80 font leur come-back et avec elles, le cinéma d'action jouissif de cette époque. La Chute de la maison blanche est de ceux-là, tout en affirmant sa distinction de par sa radicalité, sa surenchère pyrotechnique et son absence assez troublante de second degré. Les effets spéciaux, au même titre que les tueries et la violence y sont disproportionnées et Butler joue en conséquence, affirmant sa nature de tueur et sa violence sans toutefois entraver sa dimension héroïque ni même atteindre l'aspect viscéral de ses modèles, la capacité de l'acteur à se déplacer au milieu d'un grand nombre de décors en CGI primant ici.

 

delta force

 

De la même façon, Antoine Fuqua se montre à la hauteur en livrant une mise en scène simple mais efficace que ce soit lors de la grosse attaque de la Maison Blanche ou encore pour les innombrables petits affrontements de couloirs dans la suite du film. Toutefois, plus habitué aux films urbains et aux petites échauffourées, le cinéaste peine réellement à nous faire savourer l'ampleur de la première attaque, en raison d'une action trop découpée qui a toutefois le mérite de nous faire ressentir la surprise et le chaos dans lesquelles sont plongés les troupes américaines. Mais le meilleur reste encore tous les affrontements de la partie centrale, aussi brefs que frontaux. Sans atteindre donc l'inspiration du très sympas Shooter - Tireur d'élite, la mise en scène du cinéaste n'en reste donc pas moins à la hauteur du divertissement et nous permet d'apprécier comme il se doit ce nanar délicieusement anachronique. Et oui, car nanardesque ça La Chute de la maison blanche l'est intimement. De ses effets spéciaux inachevés et immédiatement ringards, dignes d'un DTV Alysum, à son casting has-been digne d'un film catastrophe des années 1970, sans oublier tous les clichés et les facilités scénaristiques qui ponctuent le récit, de sa première à sa dernière minute le dernier film d'Antoine Fuqua nous inspire le même sentiment de réjouissance que celui d'assister dans une salle obscure à la rediffusion d'un bon gros Piège à grande vitesse avec Steven Segeal, ou d'un Delta Force avec ce bon vieux Chuck Norris. Et finalement, tout tient au score magnifiquement Kitch de Trevor Morris (Les Tudors, Les Immortels, etc.) qui, plus qu'illustrer le film, structure sa forme anachronique, de la mise en valeur des symboles américains, jusqu'au thème du héros, sans oublier les pistes menaçantes accompagnant chaque apparition du grand méchant. Un régal pour les yeux et les oreilles !  

Quentin Boutel












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