CORALINE
Etats-Unis - 2009
Image de « Coraline »
Genre : Fantastique
Réalisateur : Henry Selick
Musique : Bruno Coulais
Durée : 100 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 10 juin 2009
Film : note
Jaquette de « Coraline »
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site officiel
LE PITCH
L'histoire d'une fillette qui pousse une porte secrète dans sa nouvelle maison et découvre alors une version alternative de sa propre vie. Au premier abord, cette vie parallèle est étrangement similaire à la sienne - en bien meilleure. Mais quand cette aventure fantastiquement déjantée commence à devenir dangereuse et que sa fausse mère essaie de la garder avec elle à jamais, Coraline n'a d'armes que son ferme entêtement et son courage...
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Horror Kid

 

Tandis que le cinéma d'animation actuel continue à conter de jolies histoires pour que les enfants puissent s'extasier devant un clébard en images de synthèse, Coraline arrive à point nommé, comme une alternative prouvant que les bambins ne sont pas non plus des débiles congénitaux et qu'on peut aussi leur parler comme à de grandes personnes, si on sait utiliser leur langage à eux.

 

Quand on demande à quelqu'un d'où viennent ses premières peurs, il vous citera bien souvent le nom d'un personnage clé d'un film de Disney. Effectivement, les phobies de l'enfance sont souvent liées à  l'animation d'un conte auquel le jeune spectateur commence à s'identifier en découvrant ce nouvel outil devant ses yeux qu'est le Cinéma. S'il n'est pas question ici de jouer plus longtemps les Bruno Bettelheim du pauvre, il était important de faire ce rapprochement pour se demander quelles étaient les motivations des responsables de Coraline avant de vouloir se lancer sur ce projet. Adaptation d'un roman junior de Neil Gaiman, dont les contes fantastiques relatant l'enfance ont déjà été adaptés plusieurs fois à l'écran avec réussite (de Stardust à MirrorMask), Coraline est l'occasion pour ce dernier de croiser l'univers de l'animateur Henry Selick dont le plus gros succès reste à ce jour L'Etrange Noël de Monsieur Jack (eh oui, les filles, c'est pas Tim Burton qui l'a réalisé celui-ci). C'est dire si on attendait beaucoup de la rencontre entre les deux hommes et le résultat est à la hauteur de nos espérances. Au dessus même.

 

Et j'ai crié, crié

 

Disons-le clairement : Coraline est un film d'horreur, mais un film d'horreur d'abord destiné aux enfants. De quoi rendre jaloux les fans plus âgés du genre. Dans le nouveau long-métrage de Selick, on est loin des « seconds degrès de lecture pour les adultes » à la Pixar, parce qu'il n'y a tout simplement pas non plus de ton de lecture réservé uniquement aux enfants. Tout le monde est à la même enseigne et cette envie de ne pas prendre les chérubins pour des andouilles n'est pas étonnante de la part du nouveau duo Gaiman / Selick. D'autant plus que la thématique principale, l'impact sur les enfants de la déliquescence de leur cellule familiale, concerne les petits comme les grands. Si d'un point de vue technique, l'animation en stop-motion est irréprochable, la galerie de personnages et les décors crées pour le film sont eux aussi vraiment réussis. Portée par la partition entêtante du compositeur français Bruno Coulais (sûrement choisi, entre autres, pour son travail sur les choeurs d'enfants dans Les Choristes), la direction artistique du film le transforme vite en expérience hallucinogène et ressemble au final à un Alice au pays des Merveilles version goth (en attendant celui de Manson, bien sûr). Cerise sur la Forêt-Noire, le film existe aussi en version 3D et permettra aux enfants de comprendre que ce nouveau gadget n'a pas pour but que de vous jeter un yo-yo en pleine gueule, mais aussi de parvenir à faire entrer le spectateur dans un univers, ici carrément anxiogène. Cet artifice décuplera les effets de trouille, laissant ainsi des images gravées au fer blanc dans la mémoire des enfants (un des rôles essentiels du Cinéma), et permettra accessoirement aux adultes accompagnant leur progéniture de faire des économies sur le budget psychotropes du mois (un des rôles essentiels de la vie). Et en temps de crise, c'est toujours ça de pris. Au final après Ma première Voiture et Mon premier Ordinateur, Universal lance Mon premier Film d'horreur et pour ça, on ne peut que les remercier de tout coeur.

Christophe "Trent" Berthemin






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