PIRANHA 3DD
Etats-Unis - 2012
Image de « Piranha 3DD »
Genre : Horreur, Comédie
Réalisateur : John Gulager
Musique : Elia Cmiral
Durée : 83 minutes
Distributeur : inconnu
Film : note
Jaquette de « Piranha 3DD »
portoflio
site officiel
LE PITCH
L'attaque de Lake Victoria a beau être terminée, les piranhas pré-historiques ont survécu dans les canalisations de la ville. Ils trouvent désormais le chemin des piscines et d'un nouveau parc aquatique qui vient d'être inauguré...
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Cold Water

Film d'été par excellence, à visionner sous une chaleur écrasante, bière à la main et tout le monde en maillot de bain, Piranha 3DD se veut le délire « trop de la balle de guedin du moment ». Pour le coup, on imagine mal comment, sans alcool ou autres substances, ces poissons pourraient encore faire de l'effet.

 

Mal vendu et massacré dans l'œuf par les terribles frères Weinstein (voir à ce titre l'excellente interview exclusive d'Aja / Levasseur sur le Blu-ray français), Piranha 3D apparaissait comme un long-métrage miraculé. Un projet branque mais affirmé, conçu comme une vision au vitriol du puritanisme pervers américain et doté d'un traitement très 80's du divertissement horrifique. Ne pouvant en rester là, les frangins remettent le couvert ici avec un Piranha 3DD reprenant à peu de choses près l'esthétique du précédent, avec ses images de synthèse à moitié foirées, quelques cadavres bien degeus, un relief renvoyant au ridicule Jaws 3D et surtout de la bombasse qui court au ralenti seins à l'air et même parfois foufoune dans le vent. Déjà bien à l'aise avec les potacheries monstrueuses, John Gulager (Feast, Feast 2 et... Feast 3) paraissait comme l'homme de la providence, celui qui pouvait entraîner ce Spring Break gore vers de nouvelles hauteurs poétiques. Las, celui qui fut révélé par l'émission TV Project Greenlight 3 trousse rapidement son entreprise, calant sa caméra sur les mouvements des poissons, les gueules des acteurs, l'entre-jambe des miss et appuyant lourdement le moindre gag, le moindre vague effet de caméra comme dans un quelconque direct-to-video.

 

fishing cruise

 

Relativement court (presque 70 sans le générique), Piranha 3DD souffre clairement de gros problèmes de rythme, plombé par un script mou du genou (travail combiné d'anciens de la saga Saw, ceci expliquant sans doute cela) s'efforçant constamment de décalquer le moindre slasher primaire avec teenagers portés sur le cul ou totalement nais, sans jamais en compenser la bêtise par une seconde lecture. Là où le film d'Aja validait ses pires excès (le ballet érotique sous-marin en relief entre autres) par un discours particulièrement bien senti, sa suite stupide préfère un premier degré lamentable, ouvrant d'ailleurs sur un premier gag incluant des pets d'une vache morte qui s'enflamment avec un briquet... No comment. Jamais flippant, toujours scabreux, Piranha 3DD est un film d'obsédés, construisant systématiquement la moindre scène autour des questions de pénétration (une bite dans un tuyau, des poissons dans le vagin, un poisson dans la bouche ou dans l'arrière-train...), et ce jusqu'à la nausée. Si la trame parallèle avec la pauvre adolescente attendant sa première fois mais déjà « fécondée » par un des poissons denté est plutôt réussie ("John cut off his penis because something came out my vagina »), sa reprise systématique par la suite souligne le manque d'imagination de l'entreprise. Gulager semble d'ailleurs bien décidé à défoncer à coup de massue chacune des petites bonnes idées du film. Le retour de Ving Rhames en traumatisé vengeur, la participation auto-parodique de David Hasselhoff, un clin d'œil au travelling compensé des Dents de la mer... La moindre fulgurance s'évapore sous le soleil brûlant de la vacuité en les faisant durer, se répéter, s'étioler avec la même ténacité qu'un Piranha famélique qui apercevrait son bout de gras. Une bêtise crasse pour un film même pas sexy.

Nathanaël Bouton-Drouard










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