MEN IN BLACK 3
Etats-Unis - 2012
Image de « Men in Black 3 »
Réalisateur : Barry Sonnenfeld
Musique : Danny Elfman
Durée : 105 minutes
Distributeur : Sony
Date de sortie : 23 mai 2012
Film : note
Jaquette de « Men in Black 3 »
portoflio
site officiel
LE PITCH
L'agent K a disparu, et personne ne se souvient de lui. Excepté l'agent J., qui découvre que Boris l'animal, un extraterrestre belliqueux longtemps enfermé sur la Lune, a remonté le temps pour effacer sa Némésis de la grande Histoire. L'agent J n'a pas le choix : il doit lui aussi retourner en juillet 1969...
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Galaxy defenders

Après le calamiteux Men in Black 2 et les nombreux problèmes de production qu'a endurés le film (le script inachevé pendant toute une partie du tournage),  on avait peine à croire que Men in Black 3 serait une œuvre intéressante avec une véritable légitimité et une identité artistique propre, autre que celle conditionnée par une industrie hollywoodienne quelque peu noyée par les projets de séquelles, préquelles et autres remakes. Pourtant, contre toute attente le dernier film de Barry Sonnenfeld est une œuvre ambitieuse et jubilatoire, cohérente de bout en bout à la fois visuellement et narrativement.

 

Lorsqu'en 1997 Barry Sonnenfeld réalise Men in Black, tous les enjeux du film sont articulés autour d'une révélation. Celle d'un monde extraterrestre caché au quidam et contrôlé par une organisation d'homme en noir, les « men in black ». Débute alors une série d'évènements déjantés, à la limite du cartoon, tous structurés autour de l'idée de faire tomber les masques. Entre clins d'œil aux créatures du background de la culture science-fictionnelle et apparition surréalistes de stars, le film ressemble à un gigantesque défilé de monstres, magnifiquement conçus par le grand Rick Baker. Avec ce film, Sonnenfeld posait donc les bases d'un nouvel univers dont il fallait maintenant être capable de se saisir afin d'y inscrire une intrigue ambitieuse. Et c'est exactement ce que fait le troisième opus. Exit le deux, ses gags et son intrigue calqués sur le premier et hourra à ce nouvel épisode.

 

Black to the Future

 

Tout en renouant avec l'esprit bon enfant du film original, c'est avec beaucoup d'intelligence que Sonnenfield fait ici de l'univers extraterrestre une toile de fond. Le bestiaire occupe ainsi de façon très significative et quasi permanente le second plan sans jamais voler la vedette aux deux héros et à l'intrigue, qui acquièrent de ce fait une profondeur dramatique bienvenue sublimée par une direction d'acteur impeccable. Josh Brolin est impressionnant et parvient à renouveler le personnage construit par Tommy Lee Jones, quant à Will Smith il retrouve son humour d'antan, auquel il associe un zeste de la puissance tragique qu'il a acquise depuis ses quinze dernières années. De façon parfaitement cohérente et subtile, ce parti pris narratif est ainsi accentué par la 3D qui joue sur la profondeur de champ et donc la mise en valeur de la dimension extraterrestre, qui même si plus discrète nous offre tout de même de magnifiques créatures, une fois encore conçues par Rick Baker (mention spéciale au grand méchant du film plastiquement incroyable). Dès lors, même si post-convertie, elle reste plaisante, rendue presque naturelle par la réalisation très unilatérale du cinéaste (beaucoup de travelling avant ou de grand mouvement de plongée) et prend toute son ampleur lors de la magnifique scène d'introduction, mais aussi et surtout de façon symptomatique lors du « saut » dans le temps, séquence centrale très originale et visuellement folle. Quant au scénario, en dépit d'un script incomplet et de la difficulté à être crédible en ce qui concerne les voyages temporels, Men In Black 3 est cohérent et cela grâce à la création d'un personnage original dont on ne peut révéler la nature, mais qui de façon très intelligente parvient à régler tous les éventuels petits problèmes de logique. Dès lors, le cinéaste peut se concentrer sur le reste du film et ainsi offrir à son spectateur, non seulement de superbes séquences d'action (la poursuite en moto, Cap Canaveral, etc.) appuyées par le score déjanté d'un Elfman imaginatif, mais aussi et de façon très inattendue des séquences d'émotions touchantes.

 

Finalement, même si on peut lui reprocher une légère perte de vitesse au milieu en raison d'une sur-explication assez maladroite des enjeux, on sort ravis de ce Men In Black 3 qui sonne comme un audacieux et formidable retour aux sources.

Quentin Boutel




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