MUNICH
Etats-Unis - 2006
Image de « Munich »
Musique : John Williams
Durée : 65 minutes
Nombre de pistes : 18
Distributeur : DECCA
Bande originale : note
Jaquette de « Munich »
portoflio
LE PITCH
Après avoir refusé tout compromis avec les preneurs d'otages, le gouvernement de Golda Meir monte une opération de représailles sans précédent suite aux attentats des JO de Munich, baptisée "Colère de Dieu". Avner, un jeune agent du Mossad, prend la tête d'une équipe de quatre hommes, chargée de traquer à travers le monde onze représentants de Septembre Noir désignés comme responsables de l'attentat de Munich. Pour mener à bien cette mission ultrasecrète, les cinq hommes devront...
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La liste d'Avner

A peine libéré de la partition horrifique quasi-expérimentale de La Guerre des Mondes et des recherches asiatiques de Mémoires d'une Geisha que John Williams aura dû plonger tête baissée dans l'engrenage de violence de Munich et du conflit israëlo-palestinien.

 

Ecrit en quatrième vitesse pour respecter les délais serrés de la production, Munich aurait pu marquer une chute qualitative singulière dans la carrière du maestro. A l'évidence touché par le métrage de Spielberg qu'il a pu découvrir en intégralité (luxe que ne lui avait pas permis La Guerre des Mondes), Williams a creusé au plus profond de ses propres sensations pour donner corps à une émotion dont l'ampleur dépasse le seul critère mélodique. Ne vous y détrompez pas, les thèmes affluent dans Munich avec une générosité digne de La Liste de Schindler : plainte orientale pour la tragédie de Munich portée par une timbre féminin fantômatique, phrase musicale mélancolique pour symboliser un bien fragile espoir, incroyable hymne à la paix dont la fluidité se voit constamment brisée par des accords dissonnants de cordes, etc., balade nostalgique virant à la paranoïa pour le personnage principal... La grande valeur du score n'en reste pas moins à chercher dans ses textures fébriles, traductions littérales du mal-être des deux nations.

 

Unité texturale

 

Car au-delà d'une démonstration d'écriture attendue, la partition de Williams souligne sa grande maîtrise de l'art délicat de l'orchestration. Voguant avec une fluidité constante, selon une justification narrative ou émotionnelle systématique, entre instruments à vents, cordes ou percussions sourdes (dont des graves de pianos à vous glacer les sangs), Williams soigne sa distribution au point que les couleurs de l'orchestre phagocytent à de nombreux instants la symphonie elle-même. Il fallait bien cette cohérence pour unifier et rendre justice aux innombrables enjeux et intrigues d'un scénario éclaté, tragédie humaniste dissimulée derrière de faux airs de polar. Il est encore trop tôt, à l'instar du film lui-même, pour dire si Munich parviendra à s'inscire au panthéon des oeuvres les plus marquantes du duo Spielberg / Williams, mais son écoute répétée et obsessionnelle tendrait largement vers l'affirmative...

Alexandre Poncet


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01 - Munich, 1972
02 - The Attack at Olympic Village
03 - Hatikvah (The Hope)
04 - Remembering Munich
05 - Letter Bombs
06 - A Prayer for Peace
07 - Bearing the Burden
08 - Avner and Daphna
09 - The Tarmac at Munich

10 - Avner's Theme
11 - Stalking Girl
12 - Bonding
13 - Encounter in London and Bomb Malfunctions
14 - Discovering Hans
15 - The Raid in Tarifa
16 - Thoughts of Home
17 - Hiding the Family
18 - End Credits

 
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