HOSTEL
Etats-Unis - 2006
Image de « Hostel »
Musique : Nathan Barr
Durée : 50 minutes
Nombre de pistes : 20
Distributeur : Varèse Sarabande
Bande originale : note
Jaquette de « Hostel »
site officiel
LE PITCH
Deux étudiants américains, Paxton et Josh, ont décidé de découvrir l'Europe avec un maximum d'aventures et de sensations fortes. Avec Oli, un Islandais qu'ils ont rencontré en chemin, ils se retrouvent dans une petite ville de Slovaquie dans ce qu'on leur a décrit comme le nirvana des vacances de débauche : une propriété très spéciale, pleine de filles aussi belles que faciles...
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Classicisme rebelle

Oubliez Cabin Fever, composition atmosphérique timide composée dans l'ombre d'Angelo Badalamenti ; faites comme si vous n'aviez jamais entendu parler de Shérif fais-moi peur, passage obligé dans le registre de la comédie d'action grand public : après quelques années d'apprentissage et de mises à l'épreuve, le nom de Nathan Barr hérite enfin d'un son propre.

 

Hostel est à Nathan Barr ce que Beetlejuice était à Danny Elfman : plus qu'une démonstration, la confirmation inespérée de son talent. Avec un délai plus que confortable (huit semaines entières, contre les vingt-cinq jours généralement attribués à Hollywood), Barr pouvait bien sûr se permettre d'aborder ses cinquantes minutes de score avec recul et rigueur, des atouts qui transparaissent au détour de chaque note, de chaque contre-point. Construite autour d'exercices techniques bien plus ambitieux que ce que nous propose actuellement le petit monde des bandes originales, la partition de Nathan Barr donnera des suées aux amateurs d'envolées d'orchestre et autres prouesses rythmiques. "Contre-points", "technique", "ambition", "symphonie"... Mais dites-moi, nous parlons bien ici d'une musique de film d'horreur ?

 

Noir opéra

 

La surprise d'Hostel est assez paradoxale, en cela qu'elle répond à une conception contemporaine du genre par un classicisme hautement référenciel, fondé sur des codes datant d'il y a plus de quatre décennies. Depuis le retour du genre horrifique au grand écran (Scream, illustré par Marco Beltrami en 1996), les compositeurs se sont tacitement entendus sur la direction à prendre : industriel, abstrait, expérimental et le plus souvent atonal, le son de la nouvelle génération d'épouvante cinématographique (Massacre à la tronçonneuse, L'Armée des Morts, Land of the Dead) a progressivement éludé la notion même de symphonie. Or, plutôt que de souligner l'appartenance d'Hostel au genre, Nathan Barr a préféré traiter l'oeuvre sous un angle opératique, se référant plus volontiers à sa dramaturgie qu'à ses éclaboussures sanguinolentes.

 

Porté par un motif en quatre notes passant progressivement par toutes les couleurs de l'orchestre, alternant entre mélodies éthérées (voix et harpes), envolées lyriques (cordes) et accords puissants (cuivres), le score d'Hostel devient naturellement marginal, clignant plus volontiers de l'oeil à Bernard Herrmann qu'aux récents bébés de Steve Jablonsky et Tyler Bates. Explosif, grisant, immersif et par instants réellement terrifiant, Hostel fait honneur à ses ascendants

Alexandre Poncet






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19 - Bugeye
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