TERRES D’OGON T.1 : ZUL KASSAï
France - 2022
Image de « Terres d’Ogon T.1 : Zul Kassaï »
Dessinateur : Kyko Duarte
Scenariste : Jean-Luc Istin
Nombre de pages : 64 pages
Distributeur : Soleil
Date de sortie : 9 novembre 2022
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Terres d’Ogon T.1 : Zul Kassaï »
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LE PITCH
Au nord d'Ogon on dit que le peuple Kulu est sous la protection des Zul Kassaï, dieux immortels à la peau rouge, Lorsqu'un Tog sanguinaire assassine la famille du jeune Ubu, ce dernier se présente à ses dieux réclamant justice. La décision est prise : les Zul Kassaï ne feront pas la guerre aux Tog. Roass'aa n'est pas de cet avis et décide de braver l'interdit et d'accompagner Ubu en pays tog.
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34 tomes pour Elfes la série première, 23 pour Nains, 8 pour Mages et 19 pour Orcs et Gobelins, on aurait pu croire que l'inspiration viendrait à manquer. Pourtant les Terres d'Erran ouvrent désormais la voie aux Terres d'Ogon, nouveau continent peuplé des créatures, de cultures et de héros toujours aussi Fantasy.


Les habitués découvraient au détour du 29ème tome d'Elfes, Lea'saa l'elfe rouge que la Terre d'Arran sur laquelle s'étaient déroulés tous les albums des multiples séries jusque-là n'était que la partie émergée de l'iceberg. Au-delà de l'immense mur d'Ar'theker attendait donc un nouveau territoire peuplé d'elfes rouges certes, mais pas seulement. Deux bonnes années après, voici donc le premier tome de Terres d'Ogon qui fait découvrir aux lecteurs de nouveau paysages, étrangement glacés et enneigés, alors que les diverses peuplades croisées pour l'instant viennent plutôt évoquer des contours sauvages, africains, pas si loin des pulps d'antan, de leurs magies et leurs mystères. C'est d'ailleurs les troupes du fils du seigneur Tog, imposant et brutales créatures aux airs de gorille, qui massacrent pour le plaisir la famille de Ubu, jeune garçon Kulu, qui en réchappe par miracle. Là débute une vaste aventure initiatique et guerrière, où le courage et le besoin de l'enfant de revoir possiblement son petit frère, l'entraine auprès de ses dieux vivants, les Zul Kassaï (elfes rouges donc) dont il réussira à convaincre certains de l'aider. De gamin innocent meurtris, la traversée du paysage d'Ogon va peu à peu l'amener à grandir, à découvrir la réalité derrière ceux que son peuple idolâtre, afin de devenir un authentique guerrier à son tour.

 

livre 1


S'il est sans doute parfois un peu trop présent dans son écriture, comme par crainte de ne pas assez solidifier son nouveau terrain de jeu, Jean-Luc Istin réussit à ne jamais s'empêtrer dans les petits défauts d'un tome inaugural, lui donnant l'énergie et le souffle d'un one-shot redoutable, nerveux et spectaculaire, jamais très loin d'une série B épique, volontairement classique finalement dans sa construction mais indéniablement efficace. Les membres de la petite troupe d'elfes rouges servant d'acolytes sont aussi bien campés que le jeune Ubu, tandis que les Tog sont très loin de se résumer à des monstres sans âmes. Le monde d'Ogon prend admirablement forme dans l'action, et les effusions sanglantes, mais aussi grâce au travail impressionnant de Kyko Duarte, artiste incontournable de la saga. Sa description des différents peuples, la caractérisation qui accompagne chacun de leurs représentants, viennent là aussi donner plus de corps à l'aventure, tandis que ses somptueux paysages, toujours entre les cimes enneigées et la jungle luxuriante, viennent encadrer l'aventure dans un exotisme inédit. Duarte maitrise comme jamais son sujet, et s'offre quelques planches particulièrement fastueuse dont un affrontement de la communauté d'Ubu farce à une armée de gorilles rageurs sur le versant d'une pyramide méso-américaine. Du grand art que les amateurs peuvent soit déguster avec les superbes couleurs numériques de J. Nanjan, soit dans une édition limitée en noir et blanc, agrémentée d'un cahier de croquis et de recherches graphiques exclusifs. Ces fameuses Terres d'Ogon semblent avoir vraiment donné un nouveau souffle à une équipe créative qui ne montre décidément pas le moindre signe d'épuisement.

Nathanaël Bouton-Drouard


 

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