REFRIGERATOR FULL OF HEADS
Refrigerator Full of Heads #1-6 - Etats-Unis - 2021 / 2022
Image de « Refrigerator Full of Heads »
Dessinateur : Tom Fowler
Scenariste : Rio Youers
Nombre de pages : 160 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 14 octobre 2022
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Refrigerator Full of Heads »
portoflio
LE PITCH
Durant un an, la mystérieuse hache qui a causé tant de chaos pendant l'ouragan de 1983 est restée prisonnière de la vase de la baie de Brody Island... mais un objet aussi puissant ne peut sommeiller bien longtemps. Un nouveau shérif a pris poste et les touristes sont revenus, même si la rumeur court qu'un grand requin blanc a été aperçu dans les eaux alentours. Et lorsqu'un couple en goguette venu profiter de ses vacances se rend compte des aspects les plus inquiétants de l'île, leur ...
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Talking Heads

Attention, les Hill House of Horror sont de retour avec une nouvelle fournée de contes horrifiques et graphiques. Rien de mieux pour ouvrir le bal qu'offrir un nouveau voyage du coté de Brody Island. Ses côtes, ses marées, ses bikers, ses requins, sa hache, ses têtes qui parlent toutes seules...

Même si la série des titres composants la première salve de Hill House of Horror, chapeauté comme son nom l'indique par Joe Hill, proposait pas mal de concepts intéressants, c'est inévitablement le premier Basketful of Heads qui est le plus resté dans les esprits. Un aspect pulp, gore et second degré dans la lignée des Evil Dead et autres petits classiques irrévérencieux des années 80, marqué par une illustration bien tranchante de la misogynie moderne et des planches particulièrement soignées et généreuses en chorégraphies sanglantes et détails gores. On n'en demandait pas tant, et pourtant voici Refrigerator full of Heads qui vient nous conter les nouveaux massacres qui entourent cette hache mystique, artefact viking, au tranchant bien affuté mais qui a surtout la capacité de laisser ses victimes bien vivantes... et ce quel que soit l'étendu des blessures. On découvre aussi que celle-ci n'est qu'un objet parmi d'autres, tous dotés de pouvoirs improbables et recherchés par un mystérieux commanditaire qui a engagé une armée de Hell Angels pour reconstituer la collection. Une quête qui ne se fait pas sans heurts, mais heureusement deux agents des services spéciaux, sous couverture, veillent au grain.

 

rayon frais


Plus que jamais la mesure est balayé d'un revers de la main et outre une pauvre famille abattue brutalement dès les premières pages, la magie qui entoure les dis objets va systématiquement transformer les situations dignes d'un film d'action à l'ancienne (80's encore et toujours) en gigantesque bordel avec tête de requin dévorant tout sur son passage (gros, gros clins d'œil à Jaws à prévoir), super méchant transformé en dieux serpent géant et bien entendu en multipliant les têtes stockées dans le frigo comme d'autres multiplieraient les pains. Plutôt fun et surtout spectaculairement mis en image par un Tom Fowler (la reprise récente de Books of Magic, Quantum and Woody), excessif, dynamique, qui ne minage pas ses efforts pour s'échapper régulièrement vers de joyeux débordements sanglants, Refrigerator Full of Heads retrouve effectivement la niak du modèle, mais pas forcément son originalité ni sa très efficace double lecture. Plus direct dans ses intentions donc, cette seconde série prend aussi le risque de développer de manière beaucoup trop sérieuse une mythologie qui n'était finalement que très accessoires chez Joe Hill. Un peu un ami de la famille puisqu'il a déjà adapté en BD le Sleeping Beauties de Stephen et Owen King, Rio Youers s'amuse beaucoup avec ses personnages et ses situations, mais ne les fait finalement que pas ou peu évoluer. Et c'est particulièrement notable lorsque June revient finalement à mi-parcours, faisant directement renouer le récit avec la conclusion de Basketful of Heads, mais où elle se révèle forcément moins attachante, moins originale puisque son parcours dramatique est déjà achevé depuis longtemps.

Une suite qui en l'état n'avait effectivement rien de nécessaire, qui n'apporte pas forcément grand-chose, mais qui a au moins le mérite de proposer un bon délire plein d'humour, d'hémoglobine et sans temps mort.

Nathanaël Bouton-Drouard


 

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