LE FLéAU T1&2 : CAPTAIN TRIPS / L’HOMME SANS VISAGE
The Stand : American Nightmares / Captain Trips - Etats-Unis - 2009
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Dessinateur : Mike Perkins
Scenariste : Roberto Aquirre-Sacasa
Nombre de pages : 64 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 5 mai 2010
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Une base militaire secrète, en plein désert californien. L'impensable survient ; un événement catastrophique qui contraint Charlie Campion, sa femme et sa fille, à prendre la route précipitamment. Malheureusement pour eux – et pour le reste de l'Amérique –, ils ignorent qu'ils ont embarqué dans leur fuite un hôte mortel : un virus hyper-contagieux qui signera la fin de l'espèce humaine.
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Contamination

Bien avant la vache folle et la grippe aviaire (muahahaha), Stephen King avait imaginé la fin de notre civilisation suite à la propagation d'un virus gentiment créé par l'armée américaine, les rares survivants rejouant une biblique opposition entre le Bien et le Mal. Vous pensiez que le combat était fini ? Il se répète aujourd'hui en bandes dessinées.
 

Après avoir nourri des années durant le cinéma, puis la télévision, Stephen King est désormais l'inspirateur d'une nouvelle vague de BD aux Etats-Unis. Devant le succès légitime de la version dessinée de La Tour sombre, Marvel capitalise à mort et se lance dans une adaptation longue du Fléau, sans doute l'un des romans les plus mémorables du maître de l'horreur (si on oublie le Deus Ex Machina final, bien entendu). Publiée dans une version courte en 1978, puis en intégrale en 90, l'oeuvre porte toute la force des récits de King : une fresque lente et complexe, une longue galerie de personnages présentés tour à tour, une terreur qui s'empare lentement du monde réel, une menace indescriptible et immortelle... Outre l'aspect purement efficace et glaçant de cette apocalypse bactériologique, ce sont les interactions entre les personnages, leurs pensées et leurs rêves qui donnent au ton un réalisme profondément humain et implicatif. Foisonnant, voire imposant, Le Fléau est pourtant devenu dès 1994 une minisérie TV proprette et anecdotique.

 

le complexe de cassandre

 

C'était clairement ce que risquait cette version BD : simplifier trop lourdement le pavé, l'illustrer platement et profiter maladroitement du nom de l'auteur d'origine. Mais Roberto Aguirre-Sacasa (Fantastic Four, la série TV Big Love) s'applique, préserve avec intelligence l'essentiel, dépeint les personnages en quelques lignes (souvent reprises directement du bouquin) sans donner au comics une lourdeur trop littéraire. Grosse surprise, il réussit même à transmettre cette fascination morbide pour cette mort lente qui avance, cette sensation glacée qui étreint devant l'inexorable. Il faut dire qu'Aguirre Sacasa est particulièrement bien aidé par les superbes planches de Mike Perkins (Captain America, Ruse) dont le découpage inspiré et dynamique donne une certaine énergie à cette histoire très écrite. Son style, très réaliste et vivant (voire photographique), en particulier dans les expressions des visages, se révèle tout simplement idéal. Jolie réussite donc, cette maxi-série devrait compter à l'arrivée une dizaine d'albums, même si l'on ne peut s'empêcher de penser que le bouquin, plus riche, a largement trois têtes d'avance sur tous ses descendants.

Nathanaël Bouton-Drouard


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