MéTAL HURLANT N°4 : L’HOMME EST BIEN PETIT
France - 2022
Image de « Métal Hurlant n°4 : L’Homme est bien petit »
Dessinateur : Collectif
Scenariste : Collectif
Nombre de pages : 288 pages
Distributeur : Les Humanoïdes associés
Date de sortie : 24 août 2022
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Métal Hurlant n°4 : L’Homme est bien petit »
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LE PITCH
Pour ce quatrième numéro de Métal Hurlant, la fusée est sur orbite, les moteurs chauffés à bloc, mais quelle sera la destination ?
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La belle époque

Déjà le quatrième opus de la renaissance trimestrielle de Métal Hurlant avec un retour au volume anthologique. Une nouvelle plongée passionnante et sidérante dans les archives de la revue BD punk avec des planches renversantes signées Moebius, Bilal, Caro, Druillet, Margerin et autres talents marquants.

La nouvelle formule de Métal Hurlant reste fidèle à son principe d'alternance. Après nous avoir invité à un spectaculaire, et souvent apocalyptique, voyage sur Mars en compagnie d'une jeune génération d'auteurs et d'artistes porteurs de flambeaux, l'équipe des Humano avec Jerry Frissen en rédacteur en chef, revient une nouvelle fois à la source. Une virée vers la seconde moitié des années 70 essentiellement (mais pas que), une nouvelle fois parfaitement introduite par un long dossier rédigé par Claude Ecken qui retrace l'après lancement de la revue, ses premiers grands succès, ses premiers albums, ses nouvelles découvertes et les nombreux changements et expérimentations qui ne cessent de la faire bouillonner. D'ailleurs la partie rédactionnelle est une nouvelle fois particulièrement réussie avec de longs et étonnants entretiens enregistrés avec les géniaux Philippe Druillet et Jean-Michel Nicollet, se rappelant chaleureusement leurs fastueuses années « métal » et des introductions précises et analytiques à chaque BD proposée. Et avec sa pagination généreuse approchant les 300 pages, ce quatrième opus sait aussi bien manier l'incontournable que les très bonnes surprises.

 

des dieux et des hommes


Dans la première catégorie il y a naturellement les débuts de Vuzz de Druillet et son héroïsme aussi baroque que truculent, l'aventure Fantasy parodique sublimement illustrée par Alexis (copain de Gotlib sur les Dingodossiers), les premiers épisodes révolutionnaires du Exterminateur 17 de Dionnet et Enki Bilal, une nouvelle exploration d'une exoplanète en couleurs directe par un Mézières (Valérian) particulièrement inspirée et bien entendu l'inaugural L'Homme est-il bon ? du gourou Moebius. Une farce SF truculente et irrésistible pour ce qui est considéré aujourd'hui comme la définitiveaffirmation du style Moebius. Mais comme souvent, c'est par l'inattendu que l'on est le plus bluffé, comme avec la prestation cruelle du rare Michel Halmos, qui résume en quelques planches sans parole les tragédies de l'obscurantisme religieux, la successions de portrait familiaux de serial killer qui s'éliminent les uns les autres dans le Sans Famille de Nicole Claveloux, le sacrifice spatial ultime magnifié par l'espagnol Carlos Giménez au tracé époustouflant, ou le poème post-apo et parano L'Homme sable de Philippe Paringaux et Loustal si proche de la SF à la française du duo Caro et Jeunet. Des petits trésors qui s'enchainent sans baisse de niveaux démontrant pages après pages les variations de techniques, de personnalités, d'approches et de tons d'une génération d'artistes créativement libérés. Pas forcément le plus facile d'accès, mais peut-être la nouvelle graphique qui résume le mieux ici le choc que pouvait figurer la découverte de Métal Hurlant au kiosque du coin, la cérémonie sacrificielle maya sculptée à l'encre par Yves Challand syncrétise le lyrisme, la captation de la cruauté humaine, la sensualité, la violence et l'inventivité artistique qui faisaient tout la force de la mythique revue. Une histoire sans titre mais d'une beauté accablante.

Nathanaël Bouton-Drouard



 

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