MéTAL HURLANT N°3 : VACANCES SUR MARS
France - 2022
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Nombre de pages : 288 pages
Distributeur : Les Humanoïdes associés
Date de sortie : 1 juin 2022
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Sur Mars, les humains ne seront certainement plus des Terriens, mais ils ne cesseront pas pour autant d'être des humains. Alors, que ferons-nous une fois " là-haut " ? Les auteurs conviés pour ce numéro confronteront leurs visions de ce que pourraient devenir l'art, la politique, l'économie, la philosophie, le sport et les relations dans l'espace. Des articles et des billets scientifiques consacrés - entre autres - à la musique, aux voyages (déjà !) organisés sur Mars complèteront ce...
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« Tu te casse sur Mars ! Tu te cass... »

Métal Hurlant vol 3 épisode 3. Rien de mieux pour s'évader de la grisaille et du désespoir ambiant que de décoller pour notre voisine rouge et ses mystères. Que sera la vie sur Mars pour les restes de l'humanité ? Selon la nouvelle génération d'auteurs chapeauté par Jerry Frissen, ça ne sera pas forcément plus réjouissant que sur Terre.

Changement de paradigme, reprise en main par une nouvelle équipe, retour aux fondamentaux et retrouvailles avec l'esprit de la revue originale, il ne suffit pas de surfer sur les vents cosmiques pour connaître le souffle grisant de l'ultime vague. Après un second volume en forme de compilation historique rappelant en une centaine de page la juvénilité toujours aussi fougueuse de BD imaginée dans les années 80, Métal Hurlant alterne avec un volume constitué uniquement d'inédits, de jeunes auteurs, de frais et de grands noms de la bande dessinée internationale : des français naturellement mais aussi des collègues américains, un japonais, des artistes venus des pays du nord ou du sud et même une Ukrainienne dont les machines autodestructrices font froids dans le dos. Il faut bien un groupe planétaire pour aller s'attaquer à la thématique du trip martiens et de cette autre humanité, déracinée, transformée, envahie, transhumanisée, mais bien souvent toujours aussi brutale, aveugle, et perdue. Entrecoupé d'articles en proses proposant quelques détours sur un gentil illuminé dans le désert persuadé de recevoir des messages venus de l'espace, la cultissime émission radiophonique d'Orson Welles ou le projet avorté Mars One, le Métal Hurlant nouveau déploie une succession de visions cosmopolites aux approches SF disparates oscillant constamment entre l'anticipation la plus noire, le cauchemar graphique, le délire métaphysique, l'onirisme planant et la comédie psychédélique au second degré bien cruel.

 

Plan B


La première qualité de l'objet est de travailler à nouveau un large spectre de styles visuels, approchant parfois le conceptuels baroque (Marc Caro, Laurent Siefer, Elene Usdin...), le panorama grandiose (Jean Dalin, Ryan Barry...) ou un réalisme plus lowtech (Elgo, Fabien Groleau...) auxquels répondent des fables courtes livrant quelques critiques politiques bien actuels, des fins du mondes silencieuses ou des rencontres d'un autre type, machines, aliens, consciences universelles échappées d'un film de Kubrick et créatures vaporeuses lubriques, qui remettent systématiquement en cause la légitimité humaine. Bien entendu, à l'instar du frère animé Love Death and Robots produits par David Fincher, le format court entraîne parfois quelques trames qui s'achèvent un peu en eau-de-boudin laissant le lecteur sur sa faim, un poil circonspect, mais les propositions restent le plus souvent ambitieuses, intéressantes à défaut d'être absolument révolutionnaires. Goûts et couleurs et sensibilités personnelles sont forcément à prendre en compte et chacun y trouvera son compte. De notre coté on a particulièrement apprécié l'invasion musicale martienne de David Jones par Richard Guérineau (Seul le silence), l'annihilation orgasmique d'Exolove par Marc Caro (qu'on ne présente plus) et Jorg De Vos (Storm), l'invasion carpenterienne de Le Messager par Peter Snejbjerg (A God Somewhere) et la crise teen post colonisation de L'Arbre de sang par Frederik Peeters (Lupus). Et oui, sur Mars aussi il y aura des adolescents pour mettre dans la gueule de leurs parents qu'ils leurs ont laissé un monde de merde.

Nathanaël Bouton-Drouard


 

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