SANDMAN : DEATH
Death: The High Cost of Living #1-3 Death: The Time of Your Life #1-3, The Sandman #8 & 20, The Sandman: Endless Nights, Vertigo: Winter's Edge #2 - Etats-Unis - 1989 / 2003
Image de « Sandman : Death »
Scenariste : Neil Gaiman
Nombre de pages : 368 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 3 décembre 2021
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Sandman : Death »
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LE PITCH
Une fois par siècle, Mort parcourt la Terre pour mieux comprendre ceux dont elle recueillera les dernières paroles. Sous la forme d'une jeune mortelle nommée Didi, elle se liera tour à tour avec une adolescente, aidera une sans abri de 250 ans à retrouver son coeur perdu et encouragera une jeune étoile montante de la musique luttant pour dévoiler son orientation sexuelle.
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La jeune fille est la mort

Crée par Neil Gaiman au sein des pages de son Sandman, Death jeune femme piquante aux allures gothiques, a vite inspirée son auteur. Des apparitions récurrentes dans la série mère certe, mais aussi deux mini-séries dédiées, des à cotés plus rares et de nombreuses illustrations confiées aux meilleurs artistes... Tous ou presque réunis ici dans un recueil aux airs d'intégrale.

N'en déplaise au reste de la famille des Éternels, l'entité Death est sans doute celle qui a connu le plus grand échos auprès des lecteurs. Certes Sandman reste le personnage principal de cet univers onirique, certes Lucifer a rapidement connu sa propre série de comics avant d'exploser sur le petite écran, mais Death a ce petit quelque-chose en plus. Pas uniquement une bouille mignonne, une apparence fragile et un look qui a inspiré nombre de dessinateurs, mais surtout un regard rafraîchissant sur l'existence des êtres qu'elle rencontre, un véritable amour pour les humains et leur vie pleine de petites choses, une bienveillance qui donne effectivement envie de s'y abandonner. Mais c'est aussi une grande sœur qui doit parfois secouer un peu son grand frère un poil dépressif, comme le montrera avec humour sa première apparition dans Sandman #8, alors dessiné par Mike Dringenberg. Tout est déjà là dans ce dialogue amusé entre elle et son frère, leur ballade partagée auprès des âmes que quelques pauvres êtres passés à trépas (dont un bébé qui s'étonne d'un "c'est tout ?"), dans laquelle elle n'esquive jamais la question de l'injustice de la mort, préférant la voir comme une fatalité, une réalité qui est, point. On pourrait s'étonner que certaines de ses apparitions dans les pages de Sandman, et donc dans les différentes intégrale dédiées, se retrouvent à nouveau ici, mais elles permettent sans doute de mieux comprendre l'entièreté de cette figure si humaine, mais finalement inaccessible. Comme son chapitre de The Sandman: Endless Nights (compilation faisant le tour de tous les membres de la famille avec des artistes en quest-star, ici P. Craig Russel) où elle attend patiemment sur le rocher d'une île vénitienne à la fois un jeune homme obsédé par son image depuis leur première rencontre, et un magicien qui lui échappe depuis des siècles, enfermé dans une bulle temporelle en forme de nuit éternelle.

 

Derniers voeux


Chez Neil Gaiman la poésie la plus terrienne et les évocations philosophiques se marient subtilement. Une simple journée passée comme une mortelle par Death, qui apprécie qu'on la nomme Didi, devient alors rapidement une grande leçon sur l'existence, sa simple beauté, son absurdité, son émerveillement, que Chris Bachalo (Steampunk, Generation X) sublime avec une douce modernité dans la mini-série The High Cost of Living. C'est lui d'ailleurs qui va lui offrir cet œil pétillant, légèrement aguichant, adolescent qui va rester dans les mémoires... Sans doute parce-qu'elle prend par la main le jeune Sexton, ado suicidaire et bien trop blasé pour son âge. Il reprend d'ailleurs assez logiquement le crayon pour le suivant, et plus beau encore, The Time of Your Life. Une jeune musicienne dans le vent, hésitant encore à faire son coming-out, et quelques personnages qui gravitent autour d'elle (sa compagne, leur enfant, son manager...) se retrouvent non pas embringués dans une grande quête mystique (quoi que), mais dans une aventure des plus intimes. La force et la durabilité des sentiments, la gloire et l'identité, les erreurs passées et la rédemption, la famille et la liberté, la vie et la mort bien entendu, se mêlent sous les yeux affectueux de Death, ici plus témoin qui véritable guide. Neil Gaiman touche au cœur, et achève de faire de sa personnification de la mort, à la fois très personnelle et universelle, la plus belle de toutes. Un détail qui souligne la place particulière qu'elle possède au sein de l'univers Sandman : au sein des Eternels elle est la seule à être accompagnée dans ses dialogues de simples phylactères, de bulle classique, comme pour souligner qu'elle est la plus humaine de tous.

Deux superbes mini-séries, une petite poignée d'épisodes incontournables, un petit cours de protection contre les MST en compagnie d'un John Constantine bien troublé, un conte hivernal apparu dans les pages de la revue anthologique Vertigo: Winter's Edge, le volume célèbre comme il se doit l'aura de cette douce mort incarnée. Il se conclut même par de nombreux croquis et recherches graphiques, mais aussi une reproduction des pages du mini artbook A death Gallery où se croisent, ente autres, les pinceaux de Dave McKean (forcément), Kent Williams, Jill Thompson, George Pratt, Bryan Talbot et... Moebius ! Madame est décidément bien servie.

Nathanaël Bouton-Drouard







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