LE SANG DES IMMORTELS
France - 2021
Image de « Le Sang des immortels »
Dessinateur : Francesco Trifogli
Scenariste : Françoise Ruscak
Nombre de pages : 120 pages
Distributeur : Les Humanoïdes associés
Date de sortie : 13 octobre 2021
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Le Sang des immortels »
portoflio
LE PITCH
Et si la clé de la vie éternelle n’était distante que de quelques systèmes planétaires ? Une expédition hétéroclite est envoyée sur Verfébro, à la recherche d’un fabuleux élixir. Celui-ci est supposé couler dans les veines d’une féroce espèce locale : les Dracs. Coûte que coûte, en dépit des dangers mortels et des sabotages suspicieux, les membres de l’expédition feront tout pour percer les mystères que renferme cette planète.
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Fluide vital

A l'instar de Stefan Wul chez ComixBuro, Les Humanoïdes associés s'intéressent à leur tour à l'œuvre de l'un de nos rares, mais talentueux auteurs de science-fiction : Laurent Genefort. Peaux-épaisses avait lancé la manœuvre en mai dernier, et voici le second opus Le Sang des immortels.

Héritier des mondes de Jean-Pierre Andrevon ou Stefan Wul justement, Laurent Genefort est un auteur des plus productifs connu pour ses cycles Hordes ou Omale, mais responsable aussi d'une cinquantaine d'ouvrages, explorant les avenirs de l'humanité, mais surtout créant des mondes lointains mêlant réalisme et imagination. Un vrai don pour recréer de toutes pièces des écosystème planétaires et mettre en place des civilisations extraterrestre complexes et logiques. D'ailleurs le roman Le Sang des immortels publié depuis 1997 chez ‎ Critic Editions, reposeen très grande partie sur cette capacitée. Un récit d'aventure sur une terre lointaine où une poignée d'explorateurs partent sur les traces d'un créature capable d'offrir l'immortalité si on boit son sang. Bien entendu dans la troupe composée de scientifiques, mercenaires, militaires ou évangélistes, tous engagé par un consortium industriel, se cache un saboteur bien décidé à faire échouer la mission. Et dès l'atterrissage le plan déraille avec un atterrissage en catastrophe et une bonne partie des humains dévorés par la faune locale. Le Sang des immortels tourne au survival en terre hostile où il est manifeste que l'auteur se passionne largement plus pour elle que sur les surprises censées les attendre au bout de la route.

 

Outre-monde


Pas si simple donc pour Françoise Ruscak (Sirènes & Vikings T1) d'adapter un texte original certes plutôt prenant et divertissant mais qui fait surtout la part belle aux à cotés, au descriptions de la nature, des paysages et créatures qui constituent Verfébro. On trouve effectivement en fin de volume un long appendice présenté comme une étude d'un biologiste creusant quelques éléments supplémentaires, mais on remarque aussi une structure parfois un peu elliptique où les épisodes se suivent en rang serré tout au long des 120 pages. Plutôt classiques, pour ne pas dire stéréotypés, les « héros » ont ainsi un peu de mal à exister au-delà de leurs fonctions, servant essentiellement d'outils pour amener l'ultime révélation (un peu prévisible) et surtout la réflexion portée sur la pertinence et les conséquences d'une possible immortalité. Un peu de philosophie, mais gérée avec parcimonie et qui sait le plus souvent passer essentiellement par l'image. Longtemps surtout connu sous le pseudonyme de Trif pour ses contes bien coquins (Blanche neige, Les Milles et une nuits...) Francesco Trifogli continue de s'émanciper de ses racines érotiques après la réussite du Feu de Thésée. Son trait plutôt délicat, tout en finesse, installe des personnages bien campés, présente quelques décors futuristes froids et solides, mais surtout une jungle luxuriante, vaste et profonde, particulièrement réussie et imposante. Un « planet-opera » au format extra large, mais qui préserve sa nature de SF à la française, privilégiant à l'action et aux explosions, la contemplation et le voyage.

Nathanaël Bouton-Drouard


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