CEMETERY BEACH
Cemetery Beach #1-7 - Etats-Unis - 2018/2019
Image de « Cemetery Beach »
Dessinateur : Jason Howard
Scenariste : Warren Ellis
Nombre de pages : 160 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 20 août 2021
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Cemetery Beach »
portoflio
LE PITCH
En mission d'observation pour le compte de la Terre, Michael Blackburn a été envoyé au cœur d'une colonie établie sur une exoplanète, où il a été fait prisonnier. En complète autonomie depuis près d'un siècle, le gouvernement en place n'a d'autre choix que d'éliminer cet individu, sous peine de voir les armées terriennes rappliquer et réclamer ce monde de force. Encore eût-il fallu que le prisonnier ne se soit pas échappé...
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Welcome to the human race

Comme collaboration entre Warren Elllis et Jason Howard on connaissait jusque-là Tree et son rythme lancinant, sa longue montée en puissance et sa narration massivement structurée. Avec sa course effrénée à 200km/h sur le périph et son pitch bisseux qui tient sur un ticket de métro, Cemetery Beach en est le versant furieux et dégénéré.

On pourrait aisément percevoir Cemetary Beach comme l'antithèse directe de Tree, simple défouloir en sept chapitres permettant à ses deux auteurs de lâcher un peu la pression. Pourtant il parait rapidement évident que la mini-série est nourrie par la même vision misanthropique d'une humanité vouée à s'autodétruire et à laisser transparaître ses pulsions les plus barbares. Exit les arbres venus d'ailleurs, Cemetery Beach prend pour cadre une étrange colonie humaine, installée on ne sait où, par quelques autorités lointaines et oubliées depuis. Un Eden promis qui se serait rapidement transformée en enfer (même la structure en cercle répond présent), abimée par l'exploitation aveugle des colons et un régime autoritariste s'étend assuré une certaine forme d'immortalité. Un monde malade, déliquescent, totalement dégénéré découpée en mégalopoles étouffantes, en charniers habité par des créatures mutantes et sadiques, encerclés par des sectes débiles, où chacun semble bien décidé à étriper son voisin. Un environnement qui n'est pas sans rappeler bien entendu le New York 97 de John Carpenter, et qui comme dans son modèle cinématographique n'est finalement exposé que dans les quelques pages d'introduction et dans les rares dialogues qui émaillent les pages suivantes.

 

piège à rat


Manifestement on n'est pas vraiment là pour la palabre ou pour la prise de tête, Warren Ellis (Transmetropolitan) ayant bel et bien décidé d'appuyer à fond sur l'accélérateur... Et pas une fois sur le frein. C'est donc parti pour un ride exténuant de sept chapitres dans lequel les deux héros, Mike, le mercenaire terrien, et Grace, la délinquante locale, doivent traverser le décors comme autant de niveaux d'un jeu vidéo, poursuivis par les troupes du tyran, tout en échappant au petit particularité de chaque zones. Au sol, en volant, en chutant, en rampant dans les égouts cradingues, la tension du marathon ne retombe jamais vraiment, mais avec un danger le plus souvent traitée par-dessus la jambes comme dans un actionner décérébré des années 80. On a rarement lu Warren Ellis lâcher autant les vannes, s'engouffrer dans une fusée narrative dont les meilleurs moments, explosifs, bordéliques mais spectaculaires viendraient presque titiller les souvenirs d'un Mad Max Fury Road. Finalement, celui qui a ici la tache la plus rude reste l'illustrateur Jason Howard (Big Girls), qui doit par son découpage et son choix des mouvements et des enchaînements, garder le lecteur accroché littéralement à la couverture. Pari en grand partie réussi certainement, tant sa mise en page parait extrêmement fluide, racée, et même souvent assez ludique, malgré le chaos et la décadence ambiante. Ses dessins proprement dits, très anguleux, sèchement brossés et lourdement encrés recherchent du même coups une efficacité plus prononcée qu'une esthétique harmonieuse et agréable. Bon certes, Cemetery Beach ça reste essentiellement bourrin, ouvrant les portes à coups de boules... Manquerait plus qu'on aille le lui reprocher.

Nathanaël Bouton-Drouard


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