INCOGNITO T1 : PROJET OVERKILL
Etats-Unis - 2009
Image de « Incognito T1 : Projet Overkill »
Dessinateur : Sean Phillips
Scenariste : Ed Brubaker
Nombre de pages : 168 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 7 avril 2010
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Incognito T1 : Projet Overkill »
portoflio
LE PITCH
Zack Overkill est ce qui se fait de mieux en matière de super-criminel : hyper violent, amoral et surpuissant. Il a pourtant choisi de raccrocher et de balancer ses anciens partenaires en échange d'une immunité totale. Il doit désormais réfréner ses pulsions meurtrières et vivre une vie d'employé modèle, sous peine d'être lâché par son agent de probation. Mais combien de temps pourra-t-il tenir ?
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Sous le masque

Dans les ruelles sombres, un homme se sent parfois seul, pourchassé par son passé et ses anciens ennemis. C'est d'autant plus vrai lorsqu'avant il portait jadis un masque et massacrait le passant pour dérober un peu d'or. 

 

Il a beau s'attaquer régulièrement à quelques super-héros plus ou moins politiquement corrects, Ed Brubaker ne se montre véritablement dans son élément que lorsqu'il se tourne vers le polar, genre qui l'a rendu célèbre avec des titres comme Gotham Central, Daredevil ou Criminal. C'est ce dernier d'ailleurs qui a ouvert la porte du label Icon chez Marvel, permettant aux auteurs maison de se dégourdir un peu les jambes loin des héros costumés. Enfin dans Incognito, il en est tout de même un peu question puisque le récit dépeint un monde contemporain où le moindre méfait des super-vilains est dissimulé par les médias, lesquels préfèrent relayer une pseudo-catastrophe naturelle. Avant d'être protégé comme témoin, Zack Overkill était même l'un de ces bad guys les plus célèbres. Et si quelques personnages de l'album évoquant des figures incontournables de la culture pop (scientifique fou, masque à la Spirit...), il paraît clair que les enjeux dramatiques prennent ici l'ascendant sur l'action.

 

Black Spirit


Ce n'est pas plus mal puisque le scénariste retrouve avec bonheur une figure d'antihéros comme il les affectionne : détaché du monde qui l'entoure, blessé, mais inconsciemment en quête de rédemption. Ses monologues off sont à ce titre de petites merveilles d'humour noir, de même que sa façon d'envoyer balader à la fois victimes et bourreaux. Et si pour le coup le background tombe un peu dans le déjà vu (Wanted, Watchmen dans une moindre mesure) et que les grandes révélations paraissent moins pertinentes que les retrouvailles du personnage avec une super héroïne délurée, enfermée à jamais dans le corps d'une gamine de seize ans, le travail de Sean Phillips (Hellblazer) arrange largement les encornures. Déjà aux pinceaux sur Criminal, l'artiste apporte une couche de noirceur supplémentaire, creuse les visages et élève la narration par son découpage et son éclairage tranchants. Un peu roublard, Incognito prend vraiment les traits d'un classique du film noir, fumée de clope et femmes plantureuses à l'appui. Séduisant.    

Nathanaël Bouton-Drouard


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