FLASHPOINT PRéLUDE + FLASHPOINT éDITION 10 ANS
The Flash: Rebirth #1-6, The Flash #1-12, The Flash Secret Files #1, Flashpoint #1-5 - Etats-Unis - 2009/2012
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Scenariste : Geoff Johns
Nombre de pages : 842 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 18 juin 2021
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Lors de la Crise des Terres Infinies, Barry Allen, dit Flash, s'était sacrifié afin que le Multivers puisse survivre à l'attaque de l'Anti-Monitor. Pendant des années, il fut remplacé par son ancien sidekick, Wally West. Mais, lors de la guerre contre les forces de l'Anti-Vie de Darkseid, Barry est réapparu. Son retour implique également celui de son ennemi juré, Néga-Flash, ainsi que la menace d'un nouveau bouleversement au sein du Multivers
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Marathon Man

Énième Crisis dans le firmament DC Comics, Flashpoint et surtout ses conséquences, restent encore très actifs dans la ligne éditoriale de la firme. Les remous s'en font encore ressentir et pourtant les débuts de ce crossover pied au plancher ont déjà dix ans. Un petit anniversaire qui donne l'occasion à Urban Comics de proposer une édition définitive de l'évènement (l'intégralité du récit en version crayonnée, croquis divers et couvertures alternatives), mais aussi un pavé Prélude bien plus important que son titre ne le laisse paraître.

Si dans l'imagination générale, appuyée par les adaptations cinématographiques, Superman est la figure centrale de l'univers DC, du coté du récit éditorial c'est pourtant le bolide de Central City, le bien nommé Flash, qui a le plus souvent fait infléchir la destinée des différents titres maison. C'est lui qui en 1956 par sa relance après 10 ans de disettes d'hommes en collants a sonné le départ du fameux Silver Age et les premiers reboot à foison, mais aussi lui qui le premier a fait apparaître la notion d'univers parallèle dans le mythique Flash of Two Worlds, avant d'y mettre fin dans un tragique sacrifice lors du monument Crisis on Infinite Earths . En 2009 donc, cela fait presque 25 ans que Barry Allen a laissé place à son successeur, Wally West, lorsqu'il réapparait tel un deus ex machina dans Final Crisis de Grant Morrison, s'extrayant du vortex pour mettre fin aux agissement de Darkseid. Barry Allen est de retour, et c'est à Geoff Johns que revient la lourde tache de lui offrir une vraie renaissance. Par le biais d'une première mini-série évènement nommée très logiquement The Flash : Rebirth, illustrée par le percutant et massif Ethan Van Sciver (le même que sur Green Lantern : Rebirth) avant d'enchaîner avec une nouvelle série ongoing redémarrant au premier numéro, cette fois ci essentiellement mise en image par le très fluide et dynamique Francis Manapul. Presque une vingtaine de fascicules qui repartent aux racines du personnage, non pas forcément uniquement de ses supers-pouvoirs puisés dans la force véloce, mais bien son environnement très particulier, construit en multiples cercles familiaux. Sa vie de famille avec son épouse Iris, sa vie de famille avec les autres bolides (le premier Flash Jay Garrick, le jeune Kid-Flash, Impulse, Jesse Quick...)et avec les membres de la Justice League sont presque aussi importants que ces confrontations interminables avec les vilains ringards de la ville, Les Lascars.

 

à la recherche des temps perdus

Le monde de Flash a et aura toujours cette petite aura de kitch, de pur comic qui s'affirme comme le comprend à la perfection le scénariste qui balance le personnage dans une succession ininterrompue de retrouvailles explosives, de poursuites décoiffantes et de révélations renversantes. Mais en arrière plan, Geoff Johns a déjà une idée derrière la tête et dès les premières pages de Rebirth annonce un cataclysme à venir, une explosion de la réalité connue qui prend racine dans l'opposition immuable avec le Nega-Flash, alias Professeur Zoom, négatif symbolique du héros, ainsi que dans la traumatisme du meurtre de la mère de Barry Allen alors qu'il était gamin. Dans un jeu de va et vient entre les temporalités, les dates marquantes de la vie de Flash et ses épisodes les plus célèbres, Johns réussit à faire réécrire par Flash lui-même la trajectoire complète de sa propre existence (osée) tout en annonçant le mur dans lequel il va se projeter : Flasphoint. En somme, cet imposant volume de presque 500 pages est moins un prélude, que le cœur même du récit dont Flashpoint serait la très spectaculaire conclusion, pour ne pas dire l'épilogue. Cinq malheureux chapitres, gonflés à bloc et toujours ici séparés des mini-séries et one shot qui l'accompagnaient 2011 (et pour certains c'est vraiment dommage), qui projettent le héros dans une réalité alternative violente et désespérée qu'il a involontairement crée et qu'il doit effacer. Les dessins impeccables d'Andy Kubert imprègnent l'ensemble de la démesure attendues et l'ensemble réussit à garder jusqu'au bout le cap d'un récit incroyablement spectaculaire et dévastateur (on parle de guerre mondiale entre les amazones de Wonder Woman et les atlantes d'Aquaman), sans jamais perdre de vue la nature plus intime des enjeux. Un point particulièrement réussit dans la compréhension installée entre Barry Allen et le Batman très dark incarné par un Thomas Wayne qui n'a jamais fait le deuil de son fils. Peu importe que DC Comics en profite pour glisser dans la continuité officielle les personnages de la gamme Vertigo, les récentes acquisition du coté de chez Wildstorm et annonce dans la foulée un reboot global de ses titres pour rajeunir les personnages comme au ciné, Flashpoint, et les épisodes de Flash qui l'ont précédé ont une vraie âme, une sensibilité de sprinter.

Nathanaël Bouton-Drouard


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