TERRARIUM T.1
Kagitsuki Terrarium / 鍵つきテラリウム - Japon - 2018
Image de « Terrarium T.1 »
Dessinateur : Yuna Hirasawa
Scenariste : Yuna Hirasawa
Nombre de pages : 176 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 2 juin 2021
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Terrarium T.1 »
portoflio
LE PITCH
Chico la technologue d’investigation et son petit frère Pino arpentent des colonies délabrées où des robots poursuivent leurs tâches comme si de rien n’était. Les deux explorateurs tentent de les accompagner dans leurs derniers souhaits, mais à quoi bon quand la fin approche d’heure en heure ? “Combien de centaines d’années faudra-t-il encore aux humains pour devenir meilleurs ?”
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l'arche de chico

Présenté comme un coup de cœur par l'éditeur, Terrarium a en effet tout d'une découverte. Une série rétrofuturiste en quatre tomes se présentant comme un voyage initiatique à travers des mondes en ruines. La recherche d'une clef. D'une solution pour sauver ce monde décrépi. Et surtout un regard poétique sur les charmes de l'existence.

Première traduction hexagonale pour Yuna Hirasawa et pour cause, l'autrice n'a commencé sa carrière qu'il y a quelques années en passant par des prépublications sur le net ou dans la revue Morning de Kodansha. La courte série Boku ga Watashi ni Naru Tame ni narrait son voyage en Thaïlande afin d'accéder à une opération de changement de sexe et l'inachevé Shirayuri wa Shou ni Somaranai célébrait le destin des premières femmes pilotes de l'Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale, mais c'est véritablement Terrarium qui a marqué les libraires nippons et tapé dans l'œil de l'éditeur français. Une série de science-fiction qui plonge le lecteur dans un lointain futur où l'humanité, retranchée dans des arches protectrices, connaît à nouveau un lent déclin voyant les ressources de ces terrariums normalement autonomes se dégrader de plus en plus rapidement. Une vision à la loupe du monde actuel, où en arrière plan se dessine là aussi une civilisation trop nombriliste pour prendre la mesure du danger et l'ampleur des décisions à prendre. C'est donc à la jeunette Chico, capable de soigner aussi bien les humains que les machines (dont la séparation est plus ténue que jamais nous dit-on) de partir explorer les zones oubliées afin d'y déceler des informations salvatrices.

 

un déjeuner sur l'herbe


Yuna Hirasawa ménage ses effets, garde pour l'instant sous le coude la nature de cette "clef" et la raison de la disparition de la mère de Chico, préférant accompagner le sentiment de découverte de l'héroïne et le retransmettre aux lecteurs. Une arche autrefois parc d'attraction dont la jeune fille et son acolyte robot Pino (quelle considère comme son petit frère) tentent de comprendre l'utilité et la logique. Un hôpital ravagé ou un infirmier mécanique continue de soigner des patients morts depuis des siècles. Un petit facteur abandonné à sa mission... L'humanisme ne vient pas toujours de là où on l'attend. Terrarium est souvent un joli mélange entre l'entrain de ses deux protagoniste et la dureté qui les entoure, provocant une sensation de mélancolique, mais aussi quelque notes d'espoirs, voir de grâce. Quelques grammes de RPG dans sa construction épisodique, un petit quelque chose de Leiji Matsumoto (Galaxy Express 999) dans cette manière d'utiliser l'anecdote pour étendre sa portée, Terrarium se veut en tout cas une lecture contemplative et apaisée dont les sentiments sont largement véhiculée par des illustrations fines et délicates. A côtés des designs gentiment rétros pour les différents robots, un trait un peu simpliste encore pour les personnages humains, se sont vraiment ici les paysages qui séduisent le plus cherchant moins une retranscription ultra détaillée et fouillée qu'une impression de beauté éphémère de ces constructions recouvertes par une nature plus libre. On n'est pas étonné de savoir que Yuna Hirasawa voue une grande admiration aux toiles de Manet tant les premières pages en couleurs de ce volume en reprennent admirablement le pointillisme et le mariage des teintes. De très jolis débuts en tout cas.

Nathanaël Bouton-Drouard



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