THE PLOT T.1 : 1974
The Plot #1-4 - Etats-Unis - 2020
Image de « The Plot T.1 : 1974 »
Dessinateur : Joshua Hixson
Nombre de pages : 136 pages
Distributeur : HI Comics
Date de sortie : 21 mai 2021
Bande dessinnée : note
Jaquette de « The Plot T.1 : 1974 »
portoflio
LE PITCH
Après le meurtre brutal de son frère et de sa belle-sœur, Chase Blaine récupère la garde de ses deux neveux MacKenzie et Zach, qu’il connaît à peine. Ensemble, ils partent vivre dans sa maison d’enfance, pensant y trouver le foyer idéal pour se reconstruire. Mais l’antique demeure familiale et les marais qui l’entourent recèlent de sombres secrets qui ne demandent qu'à les engloutir…
Partagez sur :
Gothika

Après Shanghaï Red, Hi Comics traduit le projet suivant de l'illustrateur Joshua Hixon, qui n'a pas son pareil pour imposer des ambiances lourdes et suffocantes. Après les bas fond de Portland, c'est au tour des marécages du bayou de laisser échapper quelques monstres...

Dans Shanghaï Red justement, l'artiste avait déjà laissé apparaitre une certaine souplesse pour transgresser un cadre ultra réaliste, historique même, vers des atmosphères plus impressionnistes, inquiétantes... voir quasiment horrifiques. Ici il franchit allègrement le pas, s'installant plus que confortablement dans un décors gothique à souhait, celui d'une vaste demeure ancienne et délabrée, dans laquelle va se jouer une tragédie familiale plongeant ses racines profondément dans l'arbre généalogique. Les personnages humains sont brossés avec une certaine simplicité, les décors tirés en quelques traits ou baignés dans des taches de couleurs, mais l'essentiel est le tableau d'ensemble, vision où quelques humains se débattent avec des forces qui les dépassent largement. Silhouettes fantomatiques dans l'encadrure d'une porte, ombre au bout du jardin, et surtout la sensation constante que tout croupis à l'image, envahis par une pourriture humide, une mousse spongieuse à l'odeur entêtante.

 

explications vaseuses


On retrouve ainsi forcément dans cette manière de mêler l'horreur classique avec une pourrissure organique, une végétation invasive, des sensations souvent proches des grands moments du Swamp Thing, périodes Bernie Wrightson ou Stephen Bissette... Et l'apparition d'une créature s'échappant du marais n'arrange pas les choses. C'est d'ailleurs ce qui peut poser soucis dans ce premier tome du diptyque de The Plot, cette perception constante de reconnaître d'anciennes lectures ici ou là. Lovecraft et King pour les auteurs les plus repérables, mais aussi les EC Comics ou les anthologies DC comme viennent fièrement le montrer les couvertures variantes de chapitres. Les scénaristes Tim Daniel (Enormous) et Michael Moreci (Roche Limit) construisent ainsi leur roman graphique en se calquant presque docilement sur la trame habituelle de la maison fantôme, avec secrets de familles enfouis dans les murs, rejets du reste de la ville et héros aux destins forcément cabossés. Pas de grandes surprises a signaler au cours de ces quatre chapitres, mais heureusement l'écriture reste très soignée séduisant efficacement le lecteur et surtout lui donnant à rencontrer quatre personnages particulièrement attachants, aux relations pas si figées que cela. L'oncle qui doit réapprendre à vivre avec autrui, les deux orphelins, l'un mutique mais curieux, l'autre débrouillarde et franche, et l'ancienne petite amie de Chase, instit obsédée par les origines de la ville, forment ainsi une troupe étrange, une famille totalement dysfonctionnelle, en apprentissage difficile, forcément assez sympathique. Un titre qui pour l'instant manque certainement d'un soupçon d'originalité, mais pas de qualités.

Nathanaël Bouton-Drouard


Partagez sur :

 

Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021