DOGGYBAGS VOL.17
France - 2021
Image de « DoggyBags Vol.17 »
Dessinateur : Nikho, Diego Royer, Allanva
Nombre de pages : 112 pages
Distributeur : Ankama Editions
Date de sortie : 21 mai 2021
Bande dessinnée : note
Jaquette de « DoggyBags Vol.17 »
portoflio
LE PITCH
Clap de fin pour DoggyBags ! Au sommaire de ce dix-septième et dernier numéro, 3 histoires qui nous emmènent aux confins de la folie : « De Monocerote », « Birds of a leather » et « Tenere ».
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Dead Again

DoggyBags c'est fini. Une nouvelle fois. Mais Run nous assure, malheureusement, que cette fois-ci sera la dernière. Pour de vrai. Pour de bon. Croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer.

Après 13 premiers volumes bien chargés en ténèbres et en fureurs, la série anthologique avait fermé ses portes de crainte de tourner en rond, de perdre le feu sacré. Un feu qui n'a jamais cessé de couver, entre les one shot et autres numéros spéciaux, et sur les braises duquel il suffisait de souffler pour faire repartir la fournaise. Une seconde saison qui n'aura cependant pas connu la même longévité puisque après quatre nouveaux volumes, toujours aussi inspirés et percutants, Run revient jouer les maîtres de cérémonie funèbre, mettant cette ultime conclusion sur le dos de ce satané COVID et ses conséquences économiques. Voici donc la seconde et (peut-être... parce que bon) ultime fin de DoggyBags confectionnée avec toujours autant d'amour, de mini-dossiers instructifs, de fausses pubs façon Strange, d'un courrier de lecteurs pour une fois biens connus, une nouvelle animalière et foutrak de Tanguy Mandias et trois histoires visuelles à souhait. Belle façon de conclure la saga, cette 17ème fournée ouvre ses pages à une nouvelle « génération » d'auteurs et d'artistes, plus ou moins chapeautés et/ou accompagnés par les patrons que sont devenus Mathieu Bablet, Florent Maudoux et Run. Une jolie forme de transmission, de passage de relais, dont le thème générique est cette fois un réinvention de quelques figures des contes classiques.

 

trois contes


Ainsi De Monocerote, écrit et illustré par Nikho, décrit avec une certaine ampleur la succession d'évènement tragiques, de massacres et de trahison provoqués par l'apparition d'une corne de licorne, censée guérir tous les maux et assurer la gloire à son possesseur. Une nouvelle qui plonge dans les racines historiques et métaphorique de la créatures pour prendre la forme d'une fable morale bien sentie et méchamment ironique. On retrouve un ton assez proche dans Tenéré, concocté par Diego Royer et Petit Rapace, avec un petit angle EC Comics supplémentaire, lorsque une famille de touriste et leur guide bien trop charismatique sont poursuivis en plein désert par des touaregs inquiétants. Un suspens bien dosé, une atmosphère méchamment tendue avec son petit twist fantastique un peu prévisible soit mais bien amené. Le plus original du programme reste cependant le cœur du volume, Birds of A Leather, dans lequel Florent Maudoux continue d'explorer l'animalité de l'homme moderne, ses pulsions primitives (façon Furry) en se réappropriant l'image de la terrible marâtre, ici couplée avec les atours voraces de la haute société américaine. Les planches de la découverte Allanva sont flamboyantes et particulièrement bestiales, et s'avèrent certainement les plus violentes et sanglantes du lot.

Entamé il y a dix ans (pas tout rond), DoggyBags s'offre un baroud d'honneur plus qu'honorable, venant rappeler le bon coup de fouet que la publication a donné à la BD française. Une belle expérience éditoriale et la révélation de nombreux artistes qui resteront dans les mémoires à n'en pas douter.

Nathanaël Bouton-Drouard


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