PSYKOPARIS
France - 2011 / 2021
Image de « PsykoParis »
Dessinateur : Corentin Martinage
Scenariste : Tristan Roulot
Nombre de pages : 120 pages
Distributeur : Soleil
Date de sortie : 5 mai 2021
Bande dessinnée : note
Jaquette de « PsykoParis »
portoflio
LE PITCH
Un assassin suivi de son loyal caddie. Un ancien gladiateur à la dérive. Des fêtards en cavale. Quand Maman, la vieille usurière qui tient Paris entre ses griffes, se fait voler son carnet de comptes, c'est toute la ville qui bascule dans le chaos. Qui sera le premier à mettre la main sur le petit cahier bleu ?
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La capitale des déglingos

Apparu pour la première fois en 2011 avec un tome 1 resté sans suite, PsykoParis, l'autre création des auteurs de Goblins, trouve enfin sa conclusion avec un volume intégrale doté de 60 pages inédites.

Très occupé avec leur longue série Goblins, parodie évidente des joyeusetés de la Fantasy à coups de gags gores, Tristan Roulot et Corentin Martinage n'avaient finalement jamais eu vraiment le temps de revenir à leur seconde création : PsykoParis. Un autre grand moment de poésie légère et délicate qui imaginait notre chère capitale transformée en coupe-gorge retrouvant ses règles féodales et où chacun se trimbale avec son arme blanche préférée, toujours prompte à la plonger dans la chair d'un adversaire. Les premières pages s'ouvrent ainsi sur une altercation sanglante dans un sympathique café parisien sans que cela gène les clients ou les passants. Monde alternatif ou futur proche, les auteurs ne tranchent pas, mais savent placer en arrière-plans quelques indices qui viennent creuser, sans trop en faire, les frontières de leur univers. Les campagnes alentour redevenues terres agricoles pour les nantis de la ville, le Sacré Cœur qui a fait scission devenant un protectorat religieux indépendant, un métro inondé dissimulant les rejetés du système comme une nouvelle cours des miracles... PsykoParis ne manque pas de bonnes petites idées, mais plutôt que de mettre en avant la fable politique (il en reste des traces), elle préfère foncer dans le tas, en suivant les dégâts faramineux provoqués par une bande de jeunes gens à la recherche d'un bon squat pour la prochaine teuf.

 

Rue des martyrs


La disparition de ce petit cahier bleu contenant toutes les dettes contractées auprès de la mafia la plus puissante de la ville, est donc le point de départ d'une série de courses-poursuites entre un groupe de personnages très hauts en couleurs, pas toujours motivés pour de très bonnes raisons, profiteurs, ronin en quête de rédemption, collectionneur aristocrate, assassin portant un plot de signalisation sur la tête, dictateur en herbes et autres gangs, imaginent tous renverser la donne et sortent sabres, épées, lances et autres haches bien aiguisées pour s'étriper. Si la première partie connue jusque-là mettait excessivement en avant l'action pure et dure, les giclées de sang et autres massacres perpétrés à rythme plus que soutenu, la seconde partie inédite, s'efforce de conclure tout cela à la fois en maîtrisant la nervosité jusqu'au bout mais aussi en étoffant quelques peu la trame et les enjeux. Un peu à la manière de Kill Bill finalement, référence avouée parmi beaucoup d'autres, même si l'ambition initiale va se heurter une nouvelle fois à la limite de pages. Annoncée il y a bien longtemps sous la forme d'une trilogie, PsykoParis multiplie les informations délivrées, les questions laissées en suspens et les petits raccourcis dans la dernière ligne droite afin d'arriver à une conclusion convaincante. Malgré cela, le résultat reste toujours aussi sympathique, sorte de défouloir à la Fortnite mais avec un contexte bien campé et une patte visuelle homogène et qui ne pique pas les yeux. S'écartant un peu du style très cartoon et caricatural de Goblins, Corentin Martinage montre ici pleinement l'étendu de son talent, avec un style léger, mais toujours fluide et vif, et des décors, parfois plus épique qu'attendu, qui offrent un bel éclairage à notre capitale. Avant qu'elle n'ait les pieds qui baignent dans le sang de ses habitants.

Nathanaël Bouton-Drouard


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