BASKETFUL OF HEADS
Basketful of Heads #1-7 - Etats-Unis - 2018
Image de « Basketful of Heads »
Dessinateur : Leomacs
Scenariste : Joe Hill
Nombre de pages : 192 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 2 avril 2021
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Basketful of Heads »
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LE PITCH
June Branch mène une vie des plus tranquilles... jusqu'au jour où quatre criminels parviennent à s'évader de prison et enlever son petit ami, Liam. Pour leur échapper, June n'a d'autre choix que de se munir d'une arme étrange... une hache viking du VIIIe siècle ! Mais celle-ci est dotée de propriétés bien singulières : à même de décapiter un homme, elle laisse cependant les têtes fendues... conscientes ! Pour sauver Liam, June n'a plus qu'une seule solution : garder la tête (ou p...
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ça va trancher chérie !

Créateur de la série Locke & Key, Joe Hill se voit offrir un pont d'or par DC Comics pour lancer sa propre collection de titres horrifiques. Avant The Dollhouse Family, Daphne Byrne ou Plunge, voici Basketful of Heads et sa petite chaperon jaune au panier bien rempli... de têtes qui parlent.

Autrefois éditeur de revues anthologiques comme House of Secrets ou House of Mysteries et surtout terre d'accueil de la gamme Vertigo, DC Comics revient enfin à l'horreur avec une toute nouvelle collection intitulée Hill House Comics. Un nom qui fait bien entendu référence au directeur de collection et scénariste star de la gamme, largement connu pour être le fils d'un immense romancier, un auteur à succès lui-même et le créateur de l'excellent comics Locke & Key. Joe Hill donc, qui bien entendu précède d'une tête ses camarades avec le très évocateur Basketful of Head. Comme il l'explique lui-même dans sa préface du premier épisode, l'idée n'est pas forcément de débuter avec une œuvre ultra sophistiquée, atmosphérique et cérébrale, mais bien avec ride beaucoup plus explosif et fun, retour à un versant horrifique réussissant à manier aussi bien la tension que les délires les plus improbables. Et si Joe Hill cite ouvertement Evil Dead 2 ou Les Contes de la Crypte ce n'est vraiment pas un hasard. Pas de main qui galope ici, mais les têtes décapitées par une hache magique viking qui continue de harceler la pauvre June Branch.

 

trois têtes valent mieux qu'une


Une jeune femme des plus charmantes, franche et sincère qui se retrouve embringuée dans une drôle d'histoire quand qu'elle rend visite à son petit amis sur Brody Island. Alors qu'il vient de rendre son badge de sheriff adjoint pour les vacances d'été, il se fait kidnapper par des fugitifs de la prison proche dans la demeure de son patron. A June, pourtant au départ pas forcément armée pour ce genre de situations, de tenter le sauver et de découvrir les méandres d'un complots bien nébuleux qui semble impliquer, comme toujours, tous les notables de la ville. Inscrivant son récit dans les désormais incontournables années 80, Joe Hill joue là aussi une fibre parfaitement reconnaissable, une ambiance typique des films d'exploitations de cette décennie là, entre effets purement graphiques, grotesques, et un second degré réjouissant qui passe autant par les situations improbables que par les dialogues méchamment décalés. Une construction en montagne russe. Basketful of Heads ne se prend jamais vraiment au sérieux, enquillant ces sept chapitres sans faiblir et en ne ménageant ses effets de surprise.

Parfaitement accompagné par l'illustrateur Leomacs (La Montagne invisible) et le coloriste Dave Stewart (Hellboy...) Joe Hill ne se contente pas d'ailleurs de signer un divertissement irrésistible, il dispose comme souvent une jolie amorce de satyre des modèles de la société patriarcale, égratignant le vernis des figures d'autorités ou charismatiques (Maire, Sherif, fils de notables... boyfriend....) pour en révéler progressivement les petits secrets honteux et les faiblesses... D'autant plus quand ils sont réduits à quelques décapités bavards et plaintifs. Dans une opération en vases communiquants, June qui semblait un peu fragile et frivole, se découvre une force de charactère qu'elle ne soupçonnait pas et un mordant réjouissant. Une hargne de guerrière (la hache ça joue) qui teinte Basketful of Heads d'une pertinence, loin d'être rétro.

Nathanaël Bouton-Drouard


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