SELINA KYLE CATWOMAN T.1 : PâLES COPIES
Catwoman #1-6 - Etats-Unis - 2018
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Scenariste : Joëlle Jones
Nombre de pages : 152 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 14 juin 2019
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
À peine remise de sa relation avec Bruce Wayne, Selina Kyle est maintenant de retour dans les rues de Gotham, et pour cause : une imitatrice semble y multiplier les cambriolages. Mais en luttant pour reprendre sa place, Catwoman attire malencontreusement l'attention du G.C.P.D... et comme si cela ne suffisait pas, elle va bientôt croiser la route d'un tout nouveau vilain, bien déterminé à lui ruiner la vie... ou plutôt ses neuf vies.
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Emancipation

Faisant d'elle l'un des éléments centraux de la vie de Bruce Wayne dans les pages de ses épisodes publiés en France dans Batman Rebirth, Tom King a fait un joli cadeau à Selina Kyle l'extrayant à nouveau de son simple statut de voleuse à griffes. Et, regagnant son indépendance, madame revient dans une nouvelle revue entièrement dédiée à ses exploits en dehors de l'ombre de Gotham.

Une situation un peu forcée puisqu'après avoir fait miroiter des mois durant aux lecteurs la possibilité d'un mariage entre Selina et Bruce, leur offrant même un superbe album A La vie à la mort, Tom King avait joué la carte du retour violent (et un peu facile) au statut quo. C'est donc bien elle qui refuse la demande en mariage, persuadée que Batman a besoin de rester solitaire pour mener à bien sa mission. On a connu plus inspiré. C'est cependant l'occasion pour Catwoman de repartir de plus belle et de retourner dans sa ville natale, Villa Hermosa, afin de retrouver ses marques, une paix bien méritée et sa sœur. Bien entendu, rien ne va se passer comme prévu et suite à une confrontation avec une copycat peu convaincante (sauf pour la police bien entendu), elle va devoir faire face à Raina Creel, prédatrice au brushing impeccable (mais cachant une décrépitude physique totale), mélange entre un parrain de la mafia et une fière admiratrice de Donald Trump. Un vilain contemporain très efficace, fonctionnant en négatif avec l'héroïne de l'ombre, morale et sensuelle, qui convainc largement plus que cette armée de copieuse peu utile et au final très peu développée.

 

une cruella d'enfer


Découverte sur sa création Lady Killer et sa desesperate housewife assassin sur son temps libre, Joëlle Jones, qui illustrait justement le run de Tom King, s'écarte elle aussi de l'aura de son partenaire (professionnel en l'occurrence) et retrouve son nouveau personnage favori lui apportant un trait aiguisé et moderne, se rapprochant nettement dans ses designs de l'incarnation de Michelle Pfeiffer dans le Batman Returns de Tim Burton. Clairement sexy, athlétique mystérieuse, elle se montre aussi souvent fragile, marquée par la séparation avec l'amour de sa vie, mais aussi par la tragédie qui marqua physiquement et mentalement sa sœur. Des évènements décrits durant l'excellent run d'Ed Brubaker, et dont les épisodes présents se font échos. La scénariste et dessinatrice (épaulée par Fernando Blanco à l'encrage) construit le volume Pâle copie comme une introduction à un nouveau départ plutôt prometteur. Malgré quelques planches aux détails moins performants et quelques trames avortées, ces premiers épisodes redéfinissent sobrement la personnalité déterminée de Catwoman, tout autant que ces prouesses athlétiques, plongeant dans son passé, dans ses souvenirs d'enfance, sa relation tortueuse avec Wayne et la vendetta de Black Mask, pour mieux l'inscrire dans un contexte relativement inédit. Et comme le final annonce un retour forcé de la matriarche Raina Creel, sadique, manipulatrice, sans pitié et désormais meurtrie dans sa chair, la suite ne pourra qu'être plus intense.

Nathanaël Bouton-Drouard


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