JUNGLE GIRL OMNIBUS
Etats-Unis - 2009
Image de « Jungle Girl Omnibus »
Dessinateur : Adriano Batista
Scenariste : Frank Cho, Doug Murray
Nombre de pages : 256 pages
Distributeur : Graph Zeppelin
Date de sortie : 16 avril 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Jungle Girl Omnibus »
portoflio
LE PITCH
Vivant sur une île peuplée de dinosaures et de tribus sanguinaires, Jana SkyBorn alias Jungle Girl est une jeune femme qui lutte en permanence pour sa survie. Alors qu'elle essaie de piéger un mosaure (un monstre aquatique préhistorique), la belle aperçoit la lumière vive d’un aéronef qui s'écrase à proximité. Jana se rend sur les lieux du crash et découvre qu'à l'intérieur de cet étrange engin se trouve une équipe de documentalistes encore en vie. Dans cette jungle hostile infe...
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La jungle (presque) nue

 

Entamée il y a quelques années chez Milady, la publication française des aventures de la superbe Jana, avait forcément laissé quelques lecteurs sur leur faim, bavant de désir en imaginant le retour de la sculpturale femme de la jungle dans un recueil contenant l'intégrale des deux saisons chapeautées par l'illustre Frank Cho.

Depuis l'avènement des mondes perdus et autres Tarzan aux pectoraux saillants, les lecteurs masculins ont toujours versé dans les fantasmes de la belle blonde devenue sauvageonne dévêtue. De la Jane docile à quelques excès érotico-porno, cette créature de rêve n'a jamais pu dissimuler sa finalité. Artiste renommé en premier lieu pour les atouts impressionnants de ses créations féminines, Frank Cho (Liberty Meadows, New Avengers), s'était déjà essayé à cet esprit pulp et voyeur dans un Shanna drolatique et halléchant, mais méchamment censuré par une maison Marvel peu adepte finalement des popotins affolants et des giclées trop gores. A peine quatre ans plus tard, sans doute par esprit de contradiction, il tient sa revanche en signant chez Dynamite le présent Jungle Girl. La ressemblance entre les deux donzelles est plus qu'évidente (les poses sur les couvertures sont quasiment les mêmes) et le « monde perdu » dans lequel se déroule l'action est de même nature : dinosaures faisant passer Jurassic World pour un documentaire, peuplades primitives toujours promptes à sacrifier son prochain et quelques êtres civilisés tombés là par hasard. Mais si Cho est à l'origine du projet et se réserve des couvertures particulièrement pulpeuses, il part vite sous d'autres horizons (en l'occurrence le Hulk de Marvel) et laisse la poitrine imposante de la Miss entre les mains expertes de Doug Murray (Savage Sword of Conan) pour le scénario et Adriano Batista (Red Sonja) pour l'illustration.

 

Le danger au bout des seins

 

Autant dire deux habitués des comics méchamment sauvages qui jouent à la perfection ici avec les codes du genre. Prétexte à de nombreux combats contre des animaux voraces ou des cannibales locaux, le scénario de Jungle Girl est surtout l'occasion pour l'illustrateur d'accumuler les cadrages sur les parties anatomiques de la demoiselle, la mise en valeur de ses pauses puissantes mais peu naturelles ou les différentes saillies gores. Ultra sexy tout autant que bourrin, ce comic sans prétention se veut un titre de choix pour les lecteurs masculins en mal d'évasion et de fantasmes désuets. Mais Batista n'est pas Frank Cho, et sa Jungle Girl parait moins athlétique, moins désirable, et son trait assez agréable et efficace au demeurant (très proche de celui de Salvador Larroca) est bien moins régulier... avec certaines planches tellement brouillons et peu « finies » qu'on se demande si un encreur stagiaire n'est pas passé par là. Reste que ce mélange détonant d'action et de fessiers en gros plans se lit comme un rien, sorte d'exutoire primaire bourré de petites touches de second degré et d'humour noir, suite interrompue de péripéties à l'absurdité exponentielle où l'hommage plutôt touchant au King Kong de 1933 dans la première « saison », laisse place à une compilation sans complexe de Jules Vernes, du mythe de l'Atlantide et des délires cosmiques d'HP Lovecraft dans la seconde. Une lecture aussi musclée et généreusement dotée que son héroïne en bikini.

Nathanaël Bouton-Drouard


 

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