ULTIMATES VOLUME 2 : SECRET D’éTAT
Ultimates 2 Vol 1 Gods And Monsters - USA - 2004
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Nombre de pages : 268 pages
Distributeur : Panini Comics
Date de sortie : 19 août 2009
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Voici un an que les Ultimates ont repoussé une invasion alien et, depuis, la situation s'est pas mal compliquée. Nouveaux membres, nouveaux costumes et douze mois de commérages à rattraper ! Qui se marie ? Qui divorce ? Qui a perdu la tête depuis la dernière fois qu'on les a vus ?
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Men of Tomorrow

Les super-héros sauvent le monde. C'est une règle immuable... et pourtant dans Ultimates ils font ce qu'ils peuvent quitte à devenir un simple outil de propagande et une arme de destruction massive pour éliminer les ennemis de la grande Amérique. Bienvenue chez les Ultimates.

Retour au fondamentaux. En 2000, Joe Quessada et Bill Jemas lancent une nouvelle gamme de comics Marvel dont l'idée est d'offrir une renaissance à certains des personnages les plus charismatiques de la maison. Des « Reborn », il y en a déjà eus, sauf qu'ici pour toucher un nouveau public intrigué par les récents succès cinématographiques, l'idée est d'imaginer un monde Marvel où les super-héros ne seraient apparus qu'à l'aube de ce nouveau millénaire. Plusieurs titres vont être publiés, et si Ultimate Spider-man (par Brian M. Bendis) prend la tête des ventes, c'est le Ultimates de Mark Millar et Brian Hitch qui s'impose comme le meneur de cette vision plus réaliste... et plus politisée. Vengeurs passés à la moulinette d'un scénariste ayant déjà joué avec le concept des encapés gauchistes dans Authority, Les Ultimates réunissent certes Captain America, Hulk, Iron Man ou Thor, mais ceux-ci sont désormais dirigés par un gouvernement américain post-11 Septembre. Virage à droite donc, mais non sans une certaine ironie avec une illustration inquiétante du glissement totalitariste et paranoïaque.

Frappes chirurgicales

Après la gloire dans le premier chapitre suite à l'anéantissement d'une invasion alien, l'auteur s'attaque désormais à ces icones et plonge l'équipe dans une déchéance programmée. Plus manipulée que jamais par un Nick Fury opiniâtre, elle doit faire face à ses contradictions et plus directement au procès de Bruce Banner menacé de condamnation à mort pour les massacres perpétrés par Hulk. Pendant ce temps, Thor semble perdre la tête, se prenant pour le véritable fils d'Odin, Tony Stark demande La Veuve noir en mariage, Hank Pym, devenu un indésirable depuis qu'il a battu sa femme, tente de monter une nouvelle équipe de losers, et enfin Captain America paraît plus anachronique que jamais. Une vraie construction de soap qui, avec sa narration éclatée, rend compte plus du visage humain de ces personnages. Un canevas idéal pour l'excellent Brian Hitch, dont le trait fin et réaliste contraste habilement avec une mise en scène cinématographique digne d'un blockbuster furieux. De page en page, le constat est sans appel : Ultimates est tout simplement l'un des meilleurs comics de super-héros de ces dernières années. Du coup, on peine à comprendre le traitement que lui inflige Panini. Après une première saison réunie en un seul volume "intégrale", la seconde est ici séparée en deux tomes légèrement moins volumineux. Un artifice qui permet certes de profiter du premier annual (toujours Millar, mais Steve Dillon aux pinceaux) centré sur Fury, mais qui voit apparaître en fin de volume trois épisodes de Ultimate Marvel Team-up confrontant Spider-man à Hulk puis à la Neuve Noire. Des récits colorés et décontractés, eux aussi signés Bendis, mais qui ne correspondent aucunement au ton mature des Ultimates. Une astuce éditoriale clairement agaçante, d'autant qu'au vu du statut indispensable de cette série, on se sent obligé de jouer les aveugles pour se jeter sur l'album.
Nathanaël Bouton-Drouard


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