CIVIL WAR TOMES 2 & 3
Civil War - Etats-Unis - 1997
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portoflio
LE PITCH
L’univers Marvel est en train de changer. Suite à une terrible tragédie, le congrès des Etats-Unis propose que les surhumains dévoilent leur identité officielle en se démasquant devant les membres du gouvernement. Les plus grands champions de la nation sont divisés. Ils doivent prendre chacun cette décision en leur âme et conscience. Une décision qui pourrait bouleverser à jamais le cours de leur existence.
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Réunion de crise

Evènement éditorial made in comics de l'année 1997, Civil War méritait bien trois gros volumes regroupant l'essentiel des sagas liées à la confrontation idéologique (une première !) entre tous les héros Marvel. Au programme : Spider-Man, Wolverine, Les vengeurs et... les derniers instants de Captain America !

 

Avec une confrontation aussi violente que celle décrite dans la série principale de Civil War (rééditée dans le premier volume de cette collection), il était évident qu'il y aurait des répercussions dans l'ensemble de l'univers Marvel. Il faut reconnaître que malgré ses innombrables qualités cette série signée Mark Millar, à cause de sa construction en seulement sept volumes d'une vingtaine de pages chacun, a souvent dû faire l'impasse sur nombre de détails. A commencer par les réflexions de notre cher tisseur, dont les circonvolutions sont au cœur du récit, même si l'on n'en comprend pas toujours toute la logique. Heureusement les Amazing Spiderman 532 à 538 permettent de développer tout cela en soulignant la « dette » qui le lie à Tony Stark (Iron Man) et le respect immuable qu'il garde pour Captain America. De la difficile décision que de révéler son identité pour soutenir le projet gouvernemental à son changement de camp, rien n'est décidé sans l'aval de sa famille, Mary Jane sa femme et Tante May, qui vont pourtant devenir les premières victimes. Car c'est là le but des séries se déroulant pendant Civil War : montrer les conséquences à l'échelle humaine de cette révolution retentissante. A ce jeu-là J. Michael Straczynski (Babylon 5, Rising Stars, Midnight Nation) s'en sort haut la main, en livrant un script passionnant sur un Peter Parker en plein marasme. Le récit qui complète ce second volume du Civil War à la française paraît du coup bien moins fouillé avec un Wolverine à la poursuite de Nitro, le super-vilain par qui tout a commencé. Une BD d'action bas du front, rendue efficace uniquement grâce aux illustrations sauvages et dynamiques du trop rare Humberto Ramos (CrimsonKookaburra).

 

La fin d'un mythe

 

Après ce pavé en forme de complément, le troisième et (apparemment) dernier tome se présente du coup comme la conclusion logique : combat entre super-héros, raisons d'états utilisées à tort et à travers, affaiblissement des modèles patriotiques... Tout cela mène forcément à une catastrophe de taille : la mort de Captain America. Une tragédie assez complexe que met en place Ed Brubaker (Daredevil, Sleeper) dans la série officielle du héros, montrant comment Crane Rouge et son organisation préparent calmement leur plan, s'amusant de la guerre civile qui leur permet de rester invisibles. La tension monte, tout juste dégoupillée par les dispensables Iron Man / Captain America et La Confession, courts one-shots résument la situation, jusqu'à l'impossible dans le numéro 25 de Captain America : le symbole de l'Amérique triomphante est abattu alors qu'il monte les marches du tribunal. JFK, Martin Luther King, Captain America, même combat, semble nous crier Marvel qui s'enfonce plus que jamais dans la métaphore politique en montrant que le défenseur de l'American Way of Life ne peut survivre à une loi réduisant à néant la liberté du peuple. Il ne reste alors plus qu'à achever le tout avec la minisérie Fallen Son, vibrant hommage rendu au héros en découvrant les réactions de ses plus proches amis, construit par Jeph Loeb (Batman Long Halloween, Ultimates) autour des 5 étapes du deuil : La négation, la colère, le marchandage, la tristesse et l'acceptation. Un sentiment de tristesse et de vérité (sans doute dû à la mort quelques mois plus tôt du fils de l'auteur) qui frappe immédiatement le lecteur, tout autant que les sublimes planches des meilleurs artistes maison : Leinil Yu (The New Avenger), John Cassadey (Astonishing X-Men), John Romita Jr (Spider-Man), Ed McGuiness (Hulk) et David Finch (Moon Knight). Qui a dit indispensable ?

Nathanaël Bouton-Drouard

 

 

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