SPAWN RENAISSANCE T.1
Spawn Resurrection, Spawn #251-255 - Etats-Unis - 2015
Image de « Spawn Renaissance T.1 »
Dessinateur : Jonboy
Nombre de pages : 160 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 2 mars 2016
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Spawn Renaissance T.1 »
portoflio
LE PITCH
Personne ne sait vraiment où est allé Al pendant cinq ans, mais c'est un autre homme. Plus sage, plus fort, et empli de tous les souvenirs d'une expérience qu'il a encore du mal à intégrer. Reclus dans un coin de New York où le crime règne, il a commencé à former de nouvelles alliances, à préparer sa défense et à tester ses nouveaux pouvoirs. Qui a-t-il bien pu énerver autant pendant son absence ?
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feu sacré

Dernier grand (anti) héros des comics mainstream, Spawn tente de survivre aux baisses récurrentes de ses ventes. Dernier revirement en date, McFarlane fait revivre Al Simmons, le vrai Spawn des années 90 pour une remise à plat qui sert autant de porte d'entrée aux nouveaux lecteurs potentiels, qu'à un argument pour rappeler les anciens.

Pendant une cinquantaines de numéro, le fameux Al Simmons ancien mercenaire revenu des enfers et combattant les nombreuses manipulations et complots ourdis par le ciel et l'enfer avait laissé la place à un nouvel avatar, superbement mis en scène par Szymon Kudranski dans les pages de Spawn La Saga Infernale. Malheureusement peu convaincant par une stature moins imposante, une victimisation du personnage trop marquée, ce dernier s'éclipse finalement pour que le premier Spawn s'offre un retour mérité, plus rageur et revanchard que jamais. Il faut dire que le diable en personne à mis le paquet, profitant d'un affrontement entre la police et la jeunesse des rues pour assassiner son ex-femme, s'amusant ensuite à capturer l'âme de leur enfant mort-né et s'en prenant à son père sur son lit de mort. Supervisant toujours le destin de sa création, Todd McFarlane va piocher ouvertement dans ce qui avait fait le succès des premiers épisodes, renouant avec les thématiques familiale, grandissant encore la menace infernale et surtout apposant par touche plus ou moins subtile quelques réflexions politiques et sociales.

 

têtes à cornes


L'artiste n'a jamais fait de grand mystère de sa sympathie pour les idées démocrates, et s'inquiète ici des propos d'un facho qui fait fortement penser à Donald Trump. Dommage d'ailleurs qu'à ce titre le chapitre introducteur, Spawn Résurrection et son dialogue entre Al et le créateur, soit trop sentencieux et passe finalement relativement à la trappe dans les épisodes suivants. Confiés désormais à Paul Jenkins (Wolverine Les Origines, Sentry), les scénarios semblent en l'occurrence constamment hésiter entre des confrontations théâtrales entre Spawn et ses nombreux ennemis démons, un voyage plus intime et quelques réflexions sur la destinée et les choix entre le bien et le mal. Tout ne se marie pas toujours très bien (le passage sur le Titanic, bof), les discours plombant régulièrement la démesure des planches de Jonboy (GeNext) et le rythme général. Se délestant de l'approche excessivement photo-réaliste de son prédécesseur, le nouveau dessinateur revient au fondamentaux, mêlant son esthétique légèrement teintée de culture manga, avec les postures arachnéennes et les cadrages dynamiques de McFarlane et Gregg Capullo. De quoi souligner le coté proactif de ce Spawn, désormais armé d'une épée dévoreuse d'âmes, carrément rendre dedans, prêt à ravager les enfers et l'équilibre de l'univers pour sauver Wanda et leur enfant. Un regain d'énergie dans Spawn ça fait du bien, et même si la trajectoire hésite encore un peu, ce premier album impose son efficacité.

Nathanaël Bouton-Drouard


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