GARTH ENNIS PRéSENTE HELLBLAZER T.3
Hellblazer #72-83 + #129-133 + Heartland + Vertigo Winter's Edge #2 - Etats-Unis - 1993/1999
Image de « Garth Ennis Présente Hellblazer T.3 »
Scenariste : Garth Ennis
Nombre de pages : 544 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 1 avril 2016
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Garth Ennis Présente Hellblazer T.3 »
portoflio
LE PITCH
Les mois qui suivirent sa séparation d'avec Kit Ryan ont été une véritable descente aux enfers pour John Constantine. Un bilan de vie amer pour cet homme que rien ni personne ne semblait pouvoir ébranler. Aujourd'hui, l'heure est au nouveau départ, et pour cela, quoi de mieux que de s'envoler pour New York, la ville de tous les possibles ? Mais les vieilles habitudes sont tenaces.... Lorsque John croise la route du défunt président Kennedy, c'est un périple sans précédent à travers l...
Partagez sur :
Une dernière danse avec le diable

Après un détour vers les virées nocturnes de Warren Ellis dans son album dédié, Urban Comics revient pour achever l'immense bordel inauguré par Garth Ennis avec un troisième pavé qui fait des éclaboussures de sang coagulé.

Après avoir connu son propre chemin de croix, descente aux enfers totale suite au départ de Kit l'amour de sa vie, Constantine avait finalement réussi à reprendre sa respiration à la fin du volume précédent. Tout juste finalement pour que le lecteur se rendent compte que rien n'allait être simple, en particulier quand on a passé sa vie à casser les burnes des créatures infernales. Immanquablement donc, son détour touristique par les rives américaines ne pouvait ressembler à aucune autre et la malédiction d'un vieil ennemi le balance en pleines limbes habitées par la part des ténèbres du pays, soi-disant de la liberté. Avec son écriture rageuse, son ironie noire et sa lucidité bercée par la Guiness, Garth Ennis décrit un voyage initiatique foutraque et dramatique comme un brûlot anarchique où les billets verts volants mordent jusqu'au sang, où les G.I. pourrissent sur place tandis que John papote en chemin avec un Kennedy obligé de tenir sa cervelle pour ne pas qu'elle dégouline sur la route. Difficile quand on y pense de trouver une autre série "mainstream" qui a pu laisser autant de liberté à ses auteurs qu'Hellblazer ! Et bien entendu Ennis va s'en donner à cœur joie jusqu'à la fin, alternant entre les récits démoniaques en plusieurs chapitres et les one-shot recentrant la narration sur les après-midis au pub et la petite délinquance écossaise et british, pour mieux confronter ses contemporains au racisme rampant, à leur dégradation morale et à leur faculté à se baigner généreusement dans leurs propres excréments.

 

le coeur a ses raisons


D'ailleurs, même lorsque Satan en personne revient prendre une revanche longuement murie dans Grattez aux portes de l'enfer, il n'a finalement pas à faire grand-chose puisque le quartier ne l'a pas attendu pour se lancer dans la guerre civile. Une BD terriblement méchante, mais jamais stupide, s'amusant d'ailleurs avec ironie de l'habituelle pirouette qui permet à Constantine de s'en sortir de justesse, plus par le palabre que par la magie noire. Bien entendu, ces deux segments centraux du volume III sont illustrées une fois encore par le génial Steve Dillon (Preacher) toujours parfait pour faire cohabiter le réalisme simple de son trait avec des visions cauchemardesques, la dégradation symbolique et des cadrages proches de la comédie pure. Détonnant, et à chaque fois plus marquant que les apparitions d'autres artistes comme John Higgins ou William Simpson, qui font du coup surtout office de parenthèse. Mais sous les ténèbres d'aventures particulièrement acides, Ennis préserve toujours ses petits îlots dotés d'une légère lueur brumeuse, offrant à Constantine des pages entières de marrades simples avec ses potes aussi barrés, et autodestructeurs que lui, et même de très touchants chapitres nostalgiques sur une certaine innocence perdue. Oui, Ennis est un poète, un sentimental. Pour preuve l'inédit et rare Heartland, brillante chronique du retour de Kit dans son Irlande du nord natale. Pas une once de fantastique ici, tout repose sur la dynamique familiale très particulière de son entourage et une réflexion sincère sur le statuquo tendu que connaissait le pays à cette époque, entre la présence militaire de l'Angleterre et la menace de l'IRA. Dire que la lecture de Hellblazer par Garth Enith est indispensable est un euphémisme.

Nathanaël Bouton-Drouard




Partagez sur :

 

Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021