BATMAN BLACK AND WHITE VOL.1
Batman: Black & White, Vol. 1 + selection Vol.2 - Etats-Unis - 1996/2000
Image de « Batman Black and White Vol.1 »
Dessinateur : Collectif
Scenariste : Collectif
Nombre de pages : 368 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 25 mars 2016
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Batman Black and White Vol.1 »
portoflio
LE PITCH
Batman est une icône qui exerce depuis sa création une fascination perpétuelle auprès des auteurs. Fruit du projet de l'éditeur Mark CHIARELLO, en hommage à son mentor Archie GOODWIN qui avait su attirer sur la revue Creepy les plus grands tels Alex TOTH, Frank FRAZETTA, Al WILLIAMSON, Steve DITKO ou encore Bernie WHRIGHTSON, cette anthologie eut également pour ambition de réunir les plus grands de l'industrie des comics autour du personnage de Batman, avec un format imposé – 7 à 8 p...
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D'ombres et de lumières

Série anthologique récurrente aux USA mais pourtant que très partiellement éditée en France (deux albums chez Semic, quelques histoires en bonus de ci-delà), Batman Black and White fut un authentique pari à son lancement et est déjà devenu une vraie institution pour DC Comics et un florilège de ce que la BD américaine peut offrir de meilleur.

L'idée vient de Marko Chiarello, alors jeune éditeur pour la firme, qui souhaite vaillamment rendre hommage à son mentor, Archie Godwin, qui dans les revues Creepy ou Eerie avait réussi à réunir toute la crème de la BD US pour une ambiance certes horrifique et gothique, mais surtout totalement libre, inventive et assez unique. Ce concept, Chiarello imagine le transposer sur l'icône Batman en convoquant nombres d'auteurs et artistes des années 90 pour délivrer à chaque fois une histoire courte de huit pages intégralement en noir et blanc. Quatre fascicules et le succès est tel que l'expérience sera renouvelée par la suite en 2002 et 2007. Le premier volume proposé aujourd'hui par Urban Comics entame donc la traduction intégrale de ces essais avec un tome imposant (presque 400 pages) et comme toujours un travail éditorial sérieux avec présentation des personnalités et quelques bonus graphiques dans les dernières pages.


Contraints de faire court dans leurs nouvelles et donc de jouer la carte de l'efficacité et de capturer immédiatement l'essence du personnage et de son univers, les auteurs ont cependant eu une totale liberté de ton et d'approche, reflétant bien souvent leurs propres personnalité. Certains s'amusent dans la douce parodie comme Ty Templeton et Marie Severin, la jolie comédie comme Chris Claremont et Steve Rude qui font de Bruce Wayne un baby-sitter d'un soir, d'autres font dans l'hommage rétro (Howard Chaykin retrouve la première Catwoman), certains explosent le décorum gothique (Joe Kubert), questionnent le symbole comme Walter Simonson et beaucoup, beaucoup, travaillent constamment les différentes facettes d'un personnage iconique mais complexe.

 

L'âme de Gotham


Reflet d'un monde violent, dangereux où les criminels vivent autant dans les rues que dans les buildings de luxe, Batman traverse ici les tons, les enquêtes, les simples chasses d'une nuit, mais toujours avec une majesté puissante et impériale. Il faut dire que le Dark Knight se paye la plupart du temps d'immenses illustrateurs (dont beaucoup viennent juste d'être cités), à l'instar Richard Corben, Kent Williams, Kevin Nowlan, Klaus Janson, Bill Sienkiewicz, Jim Lee, Paul Pope, John Buscema.... Au milieu desquels on ne peut s'empêcher de jubiler de voir apparaitre les plus « exotiques » Jordi Bernet (Kraken), Liberatore (Ranx) et Katsuhiro Otomo (Akira). Un album constamment sublime, où chaque segment rivalise d'intelligence dans le découpage, de beauté dans le trait, d'élégance dans le jeu sur les contrastes et les ombres, donnant bien souvent l'impression de parcourir un art-book collectif.


De vrais légendes, d'hier et d'aujourd'hui, au service d'une légende, c'est ça Batman Black and White, superbe terrain d'expérimentation et travelling de luxe sur les richesses du 9ème art. Forcément certains récits sont moins marquants que d'autres, quelques dessinateurs se perdent dans l'ombre d'authentiques génies, mais l'ensemble reste cohérent dans sa diversité, toujours surprenant. Chacun y trouvera ses chouchous, ses petits classiques, mais gageons que le Deux comme moi de Bruce Timm (Mad Love) et sa rédemption tragique de Double Face, ou le fascinant témoignage face caméra de Un parfait innocent signé Brian Bolland (Watchmen), sont d'authentique petits bijous. Mais finalement l'opus qui résume le mieux la série, tout en restant le chapitre le plus atypique, est celui écrit par Neil Gaiman (Sandman) et illustré par l'ébouriffant et rockn'roll Simon Bisley (Lobo): Batman et le Joker papotent famille et épaisseurs de leurs personnages dans les coulisses pendant que James Gordon tourne une prise pour le futur épisode de la BD. Irrévérencieux, malin, drôle, plastiquement à tomber par terre et en même temps une révérence touchante et intemporelle.

Nathanaël Bouton-Drouard




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