SEX & VIOLENCE
Etats-Unis - 2013/2014
Image de « Sex & Violence »
Nombre de pages : 144 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 12 novembre 2015
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Sex & Violence »
portoflio
LE PITCH
Avec Sex & Violence, plongez dans un torrent de stupre et de fougue à travers cinq histoires indépendantes mais partageant des thèmes communs. Au menu : la quête de vengeance d’un grand-père à travers la communauté du porno à Portland Oregon ; la fascination obsessionnelle d’une femme-flic de la police de New York pour un couple lesbien ; une rivalité malsaine entre une mère et sa fille aussi séduisantes l’une que l’autre ; l’histoire d’une unité spéciale de l’Armée r...
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(s)exploitation

Quand ils n'écrivent pas pour DC Comics (Harley Quinn, entre autres), les duettistes Jimmy Palmiotti et Justin Gray s'amusent comme des petits fous à rédiger, pour leur propre boîte d'édition, Paper Films, des récits courts forts en situations extrêmes et en personnages borderlines.

Ainsi, après les intrigues de SF lus dans Denver & other stories, les voici qui remettent le couvert avec un recueil bien nommé, Sex & violence. Cinq histoires diverses, qui n'ont finalement comme seul point commun qu'un attrait pour la violence, parfois saupoudré d'un soupçon de... sexe ! Ouvrant le recueil, Pornland Oregon est le meilleur de ces récits, une sombre intrigue qui voit un père prendre les armes pour venger la mort de sa fille, tombée aux mains de fabriquants de porno extrême. On peut penser au magistral film Hardcore de Paul Schrader (et sa déclinaison animée, Princesse d'Anders Morgenthaler), mais les scénaristes parviennent à se démarquer en faisant du père vengeur un ancien tueur implacable de la mafia, et en lui faisant vivre une touchante histoire - de cul - avec une jolie et courageuse prostituée. Parfaitement illustré par le méconnu Jimmy Broxton (un épisode de Doctor Who), Pornland Oregon fait mouche. Et un peu mal. Moins abouti, Girl in a Storm voit une jolie fliquette énervée se la jouer Fenêtre sur cour avec un couple de lesbienne, et ajoute une bonne dose de nanas girondes et peu vêtues (merci au dessin expressif, même si peu original, de Juan Santacruz - Marvel Adventures) à un banal récit de personnage qui se cherche. Mouais.

 

un petit coup de trash ?


Troisième histoire du volume, Daddy Issues relève le niveau d'une bonne petite rasade de déviance familiale bien gratinée, en présentant la rencontre d'un beau gosse avec une MILF et sa bimbo de fille vivant dans un mobil-home. Humour white trash, complexe d'Œdipe mal géré et nudité décomplexée, voilà pour le menu d'un récit très court, illustré avec goût par la talentueuse Romina Moranelli (Women of Marvel). Jouissif. Dernier récit du recueil, Filter plonge dans l'esprit torturé d'un assassin compulsif, qui va trouver un exutoire à sa déviance dans le meurtre de « mauvais » hommes. De ses premiers émois sadiques à un ultime twist réjouissant, en passant par sa rencontre avec l'homme qui l'aiguillera sur la bonne voix, l'histoire de ce tueur banal aurait pu faire l'objet d'un album unique, d'autant plus avec les dessins de la très douée Vanesa R. Del Rey (le récit noir Hit) comme accompagnement graphiques. Bonnard. Bon, il manque un récit, remarquera le lecteur attentif. Si nous l'avons mis à part, c'est que Red Dog Army, aussi intéressant soit-il, n'a pas grand-chose à faire au milieu des autres histoires ici contées. Ce n'est pas tant que le dessin très confus de Rafa Garres (Lobo) peut rebuter, mais cette histoire d'un dresseur de chien choisi par l'armée russe pour transformer des toutous en bombes ambulantes tranche radicalement avec l'ambiance très « exploitation » qui imprègne le recueil. On en retiendra surtout un scénario assez malin (le protagoniste est superbement caractérisé) et un découpage confus rendant bien compte de l'horreur de la guerre. Mais pas de quoi gâcher la lecture, heureusement, d'un album fort en gueule, dont il manque tout de même un peu plus de cohésion entre les récits.

Frédéric Wullschleger


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