GARTH ENNIS PRéSENTE HELLBLAZER T.2
Hellblazer #57-71 + Hellblazer Special + Tainted Loved - Etats-Unis - 1992/1993
Image de « Garth Ennis présente Hellblazer T.2 »
Scenariste : Garth Ennis
Nombre de pages : 464 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 28 août 2015
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Garth Ennis présente Hellblazer T.2 »
portoflio
LE PITCH
La réputation de John Constantine n'est plus à faire. Il est sans aucun doute un expert de la souffrance, tant physique que psychologique, et les décennies passées à côtoyer les forces surnaturelles lui ont maintes fois révélé la vraie nature de la magie et le prix à payer pour la manipuler. Maintenant qu'il a pu souffler ses quarante bougies, le tribut qu'il lui reste à verser s'avère bien plus lourd que prévu et l'avenir prometteur qu'il imaginait avec Kit Ryan est subitement remi...
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Tainted Love

Après quelques tentatives d'éditions françaises, inachevée chez Panini et jusque-là éclatée chez Urban Comics, ce dernier a récemment entamée les choses sérieuses en annonçant une série de « Untel » (un scénariste ultra-culte de la mort) présente Hellblazer. Et comment mieux faire qu'en lâchant le terrible Garth Ennis dans la fosse ?

Crée par Alan Moore dans les pages de Swamp Thing, le débraillé Constantine, antihéros sorcier et emmerdeur de première, n'aura vraiment pris son essor que sous la plume de Jamie Delano, scénariste attitré des quarante premiers numéros, qui va en faire une œuvre aussi horrifique que politique, entériner d'un même mouvement l'identité même de Vertigo. Difficile donc de reprendre le flambeau, même si l'on s'appelle Garth Ennis et que l'on a déjà martelé sa rage dans les pages de Judge Dredd. Et pourtant, sans se départir de la direction libertaire et nihiliste de son prédécesseur, l'irlandais va réussir dès le premier story-arc à imposer sa verve et une approche étonnamment plus humaine, confrontant son héros à un cancer galopant. Une histoire devenue culte, mais qui ne doit pas éclipser le reste du long run du bonhomme qui sous des dehors de comédie ésotérique ou Constantine fait des doigts à Satan, entube royalement l'ange Gabriel, débourre dans la famille royale où pisse sur le cadavre brulant du premier vampire et autres joyeusetés poétique, développe une personnalité plus complexe, plus humaine. Clairement Garth Ennis use du personnage comme un véhicule pour exprimer sa propre personnalité d'anticlérical, de conchieur de fachos, mais aussi d'irlandais rigolard, d'amateur de bière et de soirées interminables entre potes.

 

Plus qu'humains


D'où la progression d'Hellblazer vers une série toujours autant baignée dans la magie noire et les affrontements entre le ciel et l'enfer, mais où la description du quotidien de Constantine, de ses copains, de ses combats intimes, devient des plus prégnants. En l'occurrence, ce second volume affichant toujours une pagination imposante de plus de quatre cents pages, est entièrement tramé par les hauts et les bas de sa relation avec Kit, seule femme ayant réussie à percer l'armure en acier rouillé, le faisant monter au sommet de la classe, puis retomber dans la crasse de la rue. De la lumière aux ténèbres, de la romance mature et jamais gnian-gnian à la tragédie d'un homme, l'auteur prépare sans aucun doute le terrain à son futur (autre) chef d'œuvre, Preacher, dont on reconnait l'astucieux mélange des genres, la rage incontrôlable et cette indispensable croyance qu'une vraie femme (celle qui en a) peut sauver le pire salaud mal élevée de la terre. C'est fort, c'est drôle, c'est irrévérencieux, poétique et puissant, Hellblazer dans toute sa superbe. Et encore plus dans ce second volume puisque si l'inégal William Simpson est encore présent sur quelques chapitres, un certain Steve Dillon s'installe définitivement au coté de son compère. Le duo de Preacher est d'ors et déjà une évidence tant la vulgarité affirmée des textes de l'un trouve un écrin idéal dans les illustrations réalistes et évocatrices de l'autre, aussi à l'aise dans une rigolade au fond du pub que dans la description de cadavre à la mâchoire arrachée et autres effets terriblement gores. Une osmose presque magique qui a dû naitre, yeux dans les yeux, au fond d'une pinte.

Nathanaël Bouton-Drouard


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