BADLANDS
France - 2009
Image de « Badlands »
Dessinateur : Jean-Claude Cassini
Scenariste : Axel Gonzalbo
Nombre de pages : 52 pages
Distributeur : Soleil
Date de sortie : 22 juillet 2009
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Badlands »
portoflio
LE PITCH
Dakota du Sud, Automne, 1890. Jonny Hamilton arrive à Deadwood, après avoir appris la mort de son père. Son unique héritage : un bout de terre et un livre mystérieux, passé de main en main depuis plus d’un siècle. Là-bas, il rencontre un montagnard austère et un déconcertant vieux métis qui, chacun à leur façon, le guideront et surtout le mettront en garde contre le livre. Mais très vite de mystérieux cavaliers sont à sa recherche, bien décidés à le tuer. Ils sont trois...
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Totem

On savait que les terres des indiens recelaient de nombreux secrets, inquiétants et dangereux, mais quand en plus vient s'y ajouter un livre terrifiant venu d'un autre âge, la conquête de l'ouest tourne au cauchemar.

 

La collection Terres Secrètes de Soleil est scindée en deux parties. D'un côté quelques séries piochant allégrement dans les mythes de notre histoire, et de l'autre des one-shots confiés à des équipes diverses qui tournent pour la plupart autour d'un livre ensorcelé, le Corpus Hermeticum, passant de main en main à travers les âges. Après avoir montré l'impact de l'ouvrage sur une légion romaine dans Les Hautes Terres (illustré par Chris Palma), le scénariste Axel Gonzalbo (ancien coloriste sur Watch ou Bad Legion) embarque le lecteur dans les plaines de l'ouest sauvage. Pas question ici de ressusciter les dieux païens de l'ancienne Europe, le livre maléfique est tout logiquement accompagné d'une malédiction indienne, faisant apparaître quelques desperados fantômes aux visages squelettiques et aux dents acérés. L'idée ici n'est clairement pas de faire dans l'originalité à tout prix - l'auteur glissant même quelques petites allusions à la série Deadwood, au magnifique Dead Man et bien sûr à l'ouverture d'Il était une fois dans l'ouest au détour des pages - mais de fournir un récit dense et simplement efficace.

 

Terre sacrée

 

Surtout orientée action et gunfights démoniaques dans les grandes plaines, la petite cinquantaine de pages affiche donc un rythme soutenu, efficace et se lit d'une traite, convainquant le lecteur grâce à un manifeste amour du genre. Inspirées du Giraud (Moebius) de Blueberry, les planches de Jean-Claude Cassini (La Dernière Chevauchée) n'ont pas forcément la maîtrise de leurs modèles, jouant parfaitement sur les détails mais manquant de précision dans les visages du trio d'aventurier. Un travail plus qu'honorable tout de même puisque c'est sa mise en scène qui sert de locomotive à Badlands, réussissant à insuffler une part de suspens dans les dialogues et à souligner la violence de l'Amérique des cowboys par des enchaînements de cases clairs et inspirés. Un joli album en somme, qui certes ne laissera pas un souvenir inoubliable dans les esprits, mais fleure bon les westerns décadents de Pechinpah et Corbucci, avec une modestie attachante.

Nathanaël Bouton-Drouard

 

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