TRANSMETROPOLITAN - ANNéE QUATRE
Transmetropolitan #37-48 - Etats-Unis - 2000/2001
Image de « Transmetropolitan - Année Quatre »
Dessinateur : Darick Robertson
Scenariste : Warren Ellis
Nombre de pages : 296 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 19 juin 2015
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Transmetropolitan - Année Quatre »
portoflio
LE PITCH
Avoir pour adversaire les deux tiers de la Ville n'est pas chose nouvelle pour le reporter hors-la-loi Spider Jerusalem. Ceci dit, avoir pour ennemi principal le président des États-Unis est une tout autre histoire, surtout lorsque celui-ci est plus enragé qu'un serpent à sonnette sous amphet'. Le temps est donc compté pour Spider et ses loyales (et sordides) assistantes, forcés de se cacher et de mener leur guérilla journalistique via des méthodes plus discrètes. Mais le danger est aus...
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American Parano

Attention, planquez-tout, tremblez viles politicards vendus, fachos de tout poil et pendards de la société de consommation, le journaliste psycho et gonzo est de retour pour un quatrième pavé qui fait déborder la mare. L'Année Quatre ou l'année de tous les dangers avant le final dantesque.

« Je vous dirai des choses qui vous font rire. Je vous dirai des choses qui vous mettront mal à l'aise. Je vous dirai des choses qui vous foutront carrément la rage et d'autres que personne à part moi ne vous dira. Mais je ne vous dirai jamais de conneries. » Spider Jerusalem.

Warren Ellis n'est pas un auteur qui se perd dans le succès, et il annonça alors que le titre punk de Vertigo connaissait son heure de gloire, que Transmetropolitan n'excèderait pas les 60 numéros. Inutile de dire que la fin approchant à grand pas, ce quatrième tome est une authentique montée en puissance, donnant au face à face entre Jerusalem, toujours accompagné de ses viles assistantes, et le nouveau président en faction, Le Sourire, quasiment une teinte biblique. Mis à mal après son renvois de The Word, poursuivis par les services secrets qui n'hésitent plus à tirer dans la foule, le chroniqueur d'un monde en déliquescence retrouve la rage, seule défense contre la disparation progressive des libertés et l'oppression d'un dirigeant sociopathe.

 

Bad Trip


Vu l'année de publication de la série, impossible de ne pas penser à un certain Bush Jr, mais la précision d'analyse des mécaniques d'avilissement des populations, le système de dégradation des droits fondamentaux et les manipulations en pagailles (médias & co.) lui donne une intemporalité aussi efficace que dérangeante. Ces nouveaux chapitres sont constamment brillants, dissimulant le sérieux tragique d'un futur qui ressemble étrangement au monde actuel, par une férocité de ton, un sarcasme omniprésent et une provocation délirante, faisant office de coup pied dans les parties salvatrices (oh oui, Spider, fais moi mal!). Les dialogues sont percutants, essentiels, et même lorsque notre héros des temps modernes subit le contrecoup de ses excès, Ellis réussit à faire naitre une émotion sincère sans perdre pied dans le pathos. Concentré forcément sur la question politique, L'Année Quatre (qui regroupe deux TPB US) sait aussi délivrer quelques à coté tour à tour mordants (Le Testament de Spider sur la modernisation outrée), inspirés (Il y a une raison sur la mise au banc des malades mentaux) ou absolument déchirants avec le sublime T'En veux qui se confronte à la prostitution enfantine. Presque un poème en prose pour ce dernier, qui laisse définitivement des traces. Une lecture essentielle, un authentique chef d'œuvre de la BD moderne, ou l'indispensable Darick Robertson (The Boys, The Punisher) développe un monde fourmillant de détails, crédible, effrayant et grotesque, reflet à peine caricatural du XXIème siècle, que vient percuter la trogne inimitable de ce saligaud de Spider Jerusalem. Indispensable.

Nathanaël Bouton-Drouard


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