SEX CRIMINALS VOL.1 : UN COUP TORDU
Sex Criminals #1-5 - Etats-Unis - 2014
Image de « Sex Criminals Vol.1 : Un coup tordu »
Dessinateur : Chip Zdarsky
Scenariste : Matt Fraction
Nombre de pages : 144 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 15 avril 2015
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Sex Criminals Vol.1 : Un coup tordu »
portoflio
LE PITCH
Suzie a un secret. Pour elle, le sexe arrête le temps, littéralement. Jon a un problème. Il déteste sa vie, son travail et cette satanée malédiction qui le rend exactement comme Suzie. Tout devait les séparer, à part cette drôle de condition face au sexe, et pourtant... Pour la première fois dans leurs vies respectives de solitaires endurcis, ils se retrouvent... ensemble ! Et ensemble, ils vont utiliser leur don de « geler » le temps grâce au sexe pour faire ce que tout jeune coupl...
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"i'm so excited"

Après un petit temps d'absence, la collection Comics de Glénat revient en force avec un nouvel habillage (superbe édition) et non plus des classiques du catalogue Image, mais bel et bien des titres issus de leurs derniers grands succès. Et en 2014, celui qui a cassé la baraque, c'est Sex Criminal.

Eisner Awards de la meilleure nouvelle série, meilleure nouvelle série selon le quotidien USA Today, comic de l'année pour Time Magazine, quatre reprints du numéro 1... Très impressionnant pour un comic qui certes titille les hormones du futur lecteur par son titre attractif, mais qui justement se révèle bien plus soft et intelligent qu'une simple BD de cul opportuniste. Pas étonnant lorsque l'on sait dans quelle forme olympique peut être Matt Fraction dès lors qu'il obtient un peu de liberté pour créer ses séries. C'était le cas sur le délirant Casanova, d'une autre manière sur le touchant et intime Hawkeye, et d'une certaine façon Sex Criminal mêle joliment ces deux extrémités, avec une désinvolture réjouissante, et l'érotisme soft et souriant en plus. Très habile pour se placer dans la tête de ses personnages et les retranscrire avec un phrasé et une réalité tangible, le scénariste réussit dès le premier chapitre à faire adorer au lecteur la jeune femme Suzie, jouant de quelques flashbacks pour décrire sa phase difficile, et surtout pour briser fréquemment le quatrième mur et ainsi presque transformer la BD en discussion intime. Une nécessitée puisque tout d'abord, Sex Criminal ne parle que d'une chose : l'éveil à la sexualité. Les premières expériences de la demoiselle, la découverte de son corps et du plaisir charnel, le mur des adultes et l'impossibilité d'en parler aux autres... surtout que lorsque Suzy a un orgasme, elle fige le temps !

 

Lady Marmelade


Une super-héroine un peu à part en somme, et Fraction réussit habilement son virage, en traitant le tout avec une franchise désarmante, un humour pétillant et un amour véritable pour son personnage. Une belle entrée en matière, joliment portée par Chip Zdarsky, illustrateur indépendant encore très méconnu, qui donne corps à l'ensemble avec un dessin légèrement cartoony, surtout très expressif, humoristique, révélé par des couleurs pimpantes et flashys. Très réussi, Sex Criminal l'est tout autant lorsque Suzy rencontre enfin Jon, qui a les mêmes capacités, et nous décrit leurs premières aventures comme dans une comédie romantique débridée (forcément ça couche partout), puis lorsque le couple décide de profiter de leurs capacités pour braquer les banques. Rien de Bonny & Clyde, puisque ces pratiquants de l'art charnel vise à sauver une bibliothèque menacée de fermeture par l'un de ces établissements financiers. La révolution par la petite porte, mais qui achève de rendre encore et toujours sympathique et attachant deux héros un poil paumé dont l'un à le zizi qui brille. C'est que sous la drôlerie et les mises à sac de Sex Shop, Fraction semble avoir un plan bien à lui, qui amène dans les derniers chapitres la série vers un délire plus poussé, plus psyché et surtout plus SF, avec l'arrivée, entre autres, de la Police du sexe menée par « face de périnée ». Les deux auteurs s'éclatent avec leur nouveau jouet, régale le lecteur dans la foulée, même si celui-ci à la fin de ce premier volume parfois un peu éclaté, se demande bien où on va l'embarquer... et est-ce que ce sera avec ou sans vêtements ?

Nathanaël Bouton-Drouard


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