DAREDEVIL INTéGRALE 1966
Daredevil #12-23 - Etats-Unis - 1966
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Dessinateur : John Romita, Gene Colan
Scenariste : Stan Lee
Nombre de pages : 250 pages
Distributeur : Panini Comics
Date de sortie : 7 janvier 2015
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Daredevil Intégrale 1966 »
portoflio
LE PITCH
Les premières aventures de Daredevil se poursuivent ! En Terre Sauvage, l'Homme sans peur fait équipe avec Ka-Zar pour affronter des pirates et des monstres. Puis, de retour à New York, il retrouve Spider-Man et combat le Bœuf, le Maraudeur Masqué, Gladiator et le Hibou.
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La loi et le désordre

Deuxième volume consacré aux origines de Daredevil, l'intégrale de la production de l'année 1966 montre une nette amélioration de la série en grande partie grâce aux arrivées successives de deux légendes du comic : John Romita et Gene Colan.

Si aujourd'hui Daredevil est le personnage favori de nombreux lecteurs Marvel, fascinés par le mélange de polar urbain et de tragédie sentimentale qu'à réinventé dans les années 80 Frank Miller, il n'a pas connu des débuts faciles. Voulant profiter directement du succès de sa toute nouvelle création, Spider-man, Stan Lee lança dans la foulée les aventures d'un certain Matt Murdock, avocat le jour et justicier la nuit (et le jour aussi parfois). Et si pour Peter Parker ses principales faiblesses sont celles vues par la protectrice Tante May (« il est si fragile »), Matt tiend lui ses pouvoirs d'un tragique accident qui l'a rendu aveugle. Là encore on reconnaît immédiatement la patte du patron de la Maison des idées, faisant reposer la plupart des histoires sur la difficile cohabitation entre les castagnes en costume et le maintien d'une vie privée et surtout d'une identité secrète. Garnissant toujours ses pages de nombreuses notes ironiques ou de "privates jokes" à l'attention des lecteurs, il alterne systématique chaque chapitre avec une nouvelle menace qui pèse sur les rues de New York, et le triangle sentimental joué entre Murdoch, la blonde Karen Page et le collègue Foggy Nelson. Du pur Marvel des années 60, mais qui justement ne se démarque pas vraiment des autres titres de la gamme, faisant de Daredevil un simple héros supplémentaire, qui plus est souvent confronté à des vilains pas franchement charismatiques comme le Maraudeur masqué, le Bœuf ou le Hibou. Même le Gladiateur, dont on découvre ici les origines, n'a pas encore la stature dont il fera preuve les décennies suivantes.

 

dans l'arène


Il semble évident que Stan Lee ne sait pas encore sur quel pied danser, l'envoyant le temps de trois épisodes en terre sauvage aux cotés de Ka-Zar (le Tarzan de Marvel) ou trouvant une vague astuce pour qu'il se confronte avec Spider-man. Là d'ailleurs le parallèle entre les deux est plus évident que jamais puisqu'ils semblent presque lancés dans un concours de bons mots et de traits d'esprit. Un Team-Up qui servit d'ailleurs de test pour John Romita avant qu'il devienne l'illustrateur attitré de Amazing Spider-man. Un départ remarqué, surtout que ce dernier avait réussi en seulement quelques épisodes à donner une vraie stabilité visuelle à la revue après la valse des premiers numéros (de Joe Orlando au mythique Wally Wood), mêlant son style dynamique et élégant à des portraits intimes directement hérités des BD romantiques. Heureusement la passation de pouvoir au numéro 19 va faire date dans la vie de l'homme sans peur puisque c'est le génial Gene Colan qui va reprendre le bébé. Déjà connu pour son travail sur Dr Strange, Invincible Iron Man ou Captain America, le futur artiste de Tomb of Dracula et Batman, tranche avec la luminosité et les proportions galbées de Romita, étirant les ombres de la ville, dynamisant les postures et creusant les ambiances. Son découpage plus libre et maniéré, ses cadrages iconiques et nerveux font des merveilles, instillant peu à peu une atmosphère bien plus sombre pour Daredevil. On est encore bien loin de la descente aux enfers que lui réserveront Ann Nocenti et John Buscema Jr dans les années 80 (à quand une réédition en France?), mais tranquillement la saga du diable rouge prend forme.

Nathanaël Bouton-Drouard




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