SUPER-VILAINS ANTHOLOGIE
Etats-Unis - 1939/2014
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portoflio
LE PITCH
Le Joker, Lex Luthor, Sinestro, Darkseid, les Lascars… Les figures du mal sont légion dans l’Univers DC. Retrouvez dans cet album les épisodes les plus marquants et les affrontements les plus terribles qui opposent ces criminels d’exception à leurs valeureux opposants !
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L'Attrait du mal

C'est sans aucun doute la vitrine de luxe d'Urban Comics (désormais copié au passage par Panini France pour les personnages Marvel), la collection d'Anthologie grossit ses rangs avec cette fois-ci un volume entièrement consacré aux Nemesis de DC. Des Super-vilains qui, malgré beaucoup de bonne volonté, convainquent un peu moins facilement que leurs pires ennemis.

Un bon Super-héros ne reste dans les mémoires que grâce aux dangers qu'il affronte. Qu'ils soient personnels, criminels ou familiaux, ces menaces prennent le plus souvent l'apparence de ce que l'on appelle un super-vilain, possédant peu ou prou les qualités assez équivalentes de son bon samaritain attitré, mais en les dévouant entièrement au crime. Le volume ici présenté, tente ainsi de dresser le portrait de certains des plus célèbres mais aussi de l'évolution de leur utilisation au cours des décennies avec une répartition éditoriale qui suit d'ailleurs toujours la même logique : Golden Age, Silver Age et Modern Age. Mais là où le DC Anthologie avait la tache aisée de faire un listing évident des icônes les plus connues de la maison, l'affaire est ici plus hasardeuse puisqu'il faut à la fois montrer les jalons qui amènent aujourd'hui à une représentation en miroir des vilains, tout en glissant quelques tronches bien connues (le Joker, Lex Luthor...), des auteurs incontournables (Kirby, Millar, Gil Kane...), un petit détour par les origines et bien entendu d'authentiques épisodes historiques. Malheureusement ces derniers ne sont pas si nombreux que cela. Difficile de résister en effets à la première association entre Lex Luthor et Brainiac (par Ed Hamilton et Curt Swan) caractérisant en quelques pages tout l'univers du Superman des 60's, mais aussi réinventant les origines du « robot alien », où au combat mortel qui oppose Aquaman et Black Manta dans le Adventure Comics #452 qui contient une jolie révélation sur le méchant mais un acte traumatique pour le héros. Des épisodes fascinants, indispensables pour les collectionneurs, à l'image du Tales of the Teen Titans #44 profitant des talents de Marv Wolfman et George Perez pour conter les origines de Deathstroke... et la première apparition de Dick Grayson dans le costume de Nightwing. Plus confidentiel mais tout aussi attachant, le Flash #155 contient ni plus ni moins que la première vraie association des colorés et toujours gentiment ringards, Les Lascars.

 

Forever evil


Après cela, les choix d'Urban paraissent souvent bien moins marquants avec dans le Golden Age une pantalonnade organisé par Le Joker et le Pingouin qui n'est pas vraiment restée dans les annales, ou la Justice League of America première mouture qui se fait joliment balader par une organisation de super-vilains (The Wizard, Arlequin... oldies quoi) de seconde zone. Ce n'est pas beaucoup plus excitant concernant les choix de la dernière période, constituée trop souvent de très courts épisodes (Superman #9 par John Byrne) ou des révisions en deux pages des origines de Black Adam, Parralax et Double-face récupérées dans les backups de 52 et Countdown. Ces derniers méritaient sans doute mieux. Même circonspection devant l'inclusion d'un très bel épisode des New Gods de Jack Kirby, mais qui résonne en décalage avec le reste (on aurait préféré voir Darkseid au sein du panthéon DC), tout comme le Tales of the New Gods plus récents, qui au moins laisse apercevoir l'un des derniers travaux de l'illustre Steve Ditko. On notera tout de même deux segments assez pertinents avec une réécriture de la première rencontre entre Superman et le Joker, concoctée non sans humour par Max Landis (fils de réalisateur John Landis) et dessiné epar Jock, où déstabilisé par la différence flagrante entre le protecteur de Metropolis et celui de Gotham, le bouffon tente de déployer tous ses talents de boute- en-train schizophrène, avec quelques apparitions de ses incarnations (comics et ciné) les plus célèbres. Sans doute bien plus représentatif de la vision contemporaine des vilains de DC, « Mirroir, mon beau mirroir » issu de Flash #212, dresse le portrait du dernier Maitre des miroirs, introduit par Grant Morrison dans son inoubliable run d'Animal Man, et repris ici par Geoff Johns et Steven Cummings : un personnage totalement allumé, assassin et trublion par plaisir, mais dont les blessures et les traumatismes explicitent la trajectoire et sa chute dans la drogue, avec un humanisme sensible. Fini le temps des super-vilains rigolos, gaffeurs et théâtraux, ils sont désormais, comme les super-héros, un outil d'étude des caractères humains.

Nathanaël Bouton-Drouard




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