LA BALADE DE LOBO
Lobo : Portrait of a Bastich / Lobo’s Back - Etats-Unis - 1990/1992
Image de « La Balade de Lobo »
Dessinateur : Simon Bisley
Scenariste : Keith Giffen, Alan Grant
Nombre de pages : 208 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 31 octobre 2014
Bande dessinnée : note
Jaquette de « La Balade de Lobo »
portoflio
LE PITCH
Dernier survivant de la race des Czarniens, le chasseur de primes le plus déjanté de la galaxie poursuit sa route à travers l’espace entre contrats juteux et la protection de ses amis, les dauphins. Mais quand une affaire sanglante le laisse pour mort, sa résurrection ne se fera pas sans peine !
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Born to be wild

Publié en France il y a bien longtemps par USA Comics, le démarrage en trombe de la carrière tonitruante de Lobo, « l'homme » comme il dit lui-même, revient pour une édition complète chez Urban Comics. Les deux miniséries qui ont défini le personnage et son mauvais gout sont à portée de main. Mais attention aux doigts.

Chez DC Comics, il y a le héros eternel Superman, symbole du courage, de la pureté.... mais il y a aussi Lobo qui est simplement tout l'inverse. Un alien destructeur, gueulard, soiffard, accro au mauvais hard rock mais défenseur des dauphins de l'espace. La seule faiblesse de se monstre au teint blafard, dernier représentant de son espèce, uniquement parce qu'il a massacré le reste de sa planète. Un enfant de cœur en somme que l'on avait déjà pu croiser dans les pages d'Omega Men, Green Lantern ou L.E.G.I.O.N., et qui systématiquement avait un esprit suffisamment insaisissable pour prendre toute la place. Mais c'est véritablement avec la première minisérie solo de 1990 que le personnage va être définitivement définie et surtout prendre enfin toute sa dimension. Envoyé escorter une reprise de justice qui a osée mettre un zéro au fils du leader d'une planète, Lobo découvre que cette dernière n'est ni plus ni moins que son ancienne institutrice qui vient d'ailleurs justement d'écrire une biographie sur sa trajectoire meurtrière. Obligé de trimbaler la mamie qui ne cesse de le réprimander sur ses fautes de français et son mauvais comportement (tu m'étonnes) le biker soupe au lait doit passer ses nerfs sur tout ce qui passe.

 

Higway to hell


Déjà responsables de ses premières exactions, Keith Giffen (au scénario) et Alan Grant (au fabuleux dialogues) balancent toute la sauce avec une démesure totale, enchainant les situations délirantes, les massacres gratuits et les gags barbares comme dans un cartoon de Tex Avery sous acide. Ca défouraille dans tous les sens, c'est absolument jubilatoire et l'arrivée de mister Simon Bisley (Slaine) aux dessins permet à Lobo d'impacter chaque page avec une efficacité tonitruante dans un univers de SF chaotique digne des grandes publications du genre anglais tel que 2000 A.D. Mais ce n'est là presque que l'introduction à sa chevauché sauvage puisque la seconde minisérie concoctée avec amour par la même équipe, l'envoit directement en enfer après son assassinat (en traitre forcément). Et il va y mettre un tel dawa que les deux administrations le rendront immortels pour ne plus jamais avoir affaire à lui. Une fresque hilarante, irrévérencieuse, politiquement pas correcte pour un sou, où « le mec plus ultra » en profite pour mettre sur la tronche d'Etrigan et une main aux fesses de Death, la sœur de Sandman. Aucun respect qu'on vous dit ! Le pur esprit des 90's compressé en quelques centaines de pages qui frémissent de puissance virile et de mauvais goût parfaitement mis en valeur par la nouvelle édition d'Urban Comics qui a gentiment laissé les petites apartés en prose et les jeux débiles de la version originale. Impossible aussi de passer à coté de la traduction, exercice peu évident au vu du phrasé très particulier et fleuri exploité par Alan Grant, qui pourtant s'en sort à merveille en allant piocher dans la gouaille d'un Michel Audiard. Bien vu.

Nathanaël Bouton-Drouard


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