NORTHLANDERS T2 : LE LIVRE ISLANDAIS
Northlanders #29, #20, #35-36, #42-50 - Etats-Unis - 2007/2014
Image de « Northlanders T2 : Le Livre islandais »
Scenariste : Brian Wood
Nombre de pages : 312 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 19 septembre 2014
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Northlanders T2 : Le Livre islandais »
portoflio
LE PITCH
Des brumes du premier millénaire ont surgi les héros qui allaient façonner le visage des siècles à venir. À l’assaut de l’Europe, le peuple viking apporta avec lui la fureur et le progrès. Peuple fier chargé d’une culture singulière, en guerre contre le Christianisme, ils nous léguèrent leur goût pour le commerce et l’exploration. Voici leur histoire, vécue de l’intérieur.
Partagez sur :
Les hommes de glace

Second volume des chroniques des vikings selon Brian Wood, Le Livre Islandais démontre une fois encore de la pertinence de l'éditeur français d'avoir regroupé les différents épisodes par zones géographiques et périodes historiques. Bienvenue sur les terre froides et arides d'une Islande encore sauvage où seuls les plus forts survivront.

La première force de la série de Brian Wood (DMZ, X-Men) est tout d'abord de déjouer les pièges de l'illustration barbare des iconiques vikings. Comme le creuse encore une fois la passionnante introduction de Patrick Weber, c'était certes un peuple de guerriers, de conquérants, mais aussi et avant tout de grands explorateurs, d'hommes d'honneur et des colonisateurs de premier ordre. C'est donc tout logiquement que l'ouvrage s'ouvre sur un court récit, Sur aucune carte, racontant la traversée désespérée d'un équipage de commerçants qui vont découvrir, sans le savoir, les îles Féroé (la planche de l'éruption volcanique est on ne peut plus puissante), l'Islande et... les côtes du Groenland. Un voyage jusqu'au bout de l'enfer qui n'est pas sans rappeler le Valhalla Rising (Le Guerrier silencieux) de NWR dans son jusqu'au boutisme nihiliste et l'enferment progressif dans une folie mythologique. Presque trop court, mais cela tranche habillement avec l'habituelle illustration épique des vikings. Dans cette logique se place d'ailleurs La Jeune fille dans la glace, chronique poétique d'un homme oublié qui décide de protéger le corps perdu d'une jolie jeune fille. Les merveilles visuelles de Becky Cloonan (que l'on a retrouvée sur Conan The Barbarian avec le même scénariste) excellente dans l'exposition de paysages massifs, aveuglants de blanc où les visages se crevassent sous l'érosion. Une histoire tout simple, touchante, mais surtout extrêmement tragique où surnage sous couvert d'une injustice sombre, la rigueur des lois vikings et surtout leur terrible pudeur vertueuse.

 

les foudres d'odin


Mais le cœur du pavé de 300 pages est sans aucun doute la fresque multigénérationnelle, La Trilogie islandaise, qui sur les deux tiers de l'ouvrage évoque le combat inextinguible de deux clans pendant près de 400 ans. Des premiers colons à s'installer sur les terres difficiles de l'Islande, jusqu'aux conséquences de la christianisation de l'Europe, Brian Wood démontre une fois encore son habilité à illustrer la grande histoire (les évolutions sociétales de l'Islande, l'affirmation d'une société stable, les mythes païens qui disparaissent, l'importance de l'assemblée communautaire, l'Althing), par la petite, celle qui occupe le clan des Haukson et leur quête de pouvoir. Du premier, Val, qui tentera d'installer une cohabitation durable avec des immigré norvégiens de plus en plus nombreux, en passant par son fils matricide que les vents gelés semblent avoir rendu dément, jusqu'à l'immobilisme de la fière Brida et la dernière chevauché d'Oskar, la lignée connait grandeur et décadence, plongeant allègrement dans les batailles les plus sanglantes. Un tableau passionnant et spectaculaire où se passent le relais des illustrateurs de la trempe de Paul Azaceta (Amazing Spider-Man), Declan Shalvey (28 jours plus tard) et Danijel Zezelj (Loveless), toujours épaulés par les couleurs pesantes et mélancolique de Dave McCaig (American Vampire).
Enfin, cerise sur le gâteau, ce Livre Islandais contient aussi la courte conclusion des mésaventures de Sven, figure héroïque du premier tome, que l'on retrouve ici vieilli, assagi et qui va devoir livrer un ultime combat sous les pinceaux éblouissants de Davide Gianfelice (Greek Street, Six Guns). Du bel ouvrage pour une série puissante, colossale et toujours instructive.

Nathanaël Bouton-Drouard


Partagez sur :

 

Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021