KURENAI SANSHIRO - JUDO BOY
Japon - 1968/1969
Image de « Kurenai Sanshiro - Judo Boy »
Dessinateur : Ippei Kuri, Tatsuo Yoshida
Nombre de pages : 376 pages
Distributeur : Isan Manga
Date de sortie : 25 juin 2014
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Kurenai Sanshiro - Judo Boy »
portoflio
LE PITCH
Sanshiro, un jeune expert en arts martiaux, arrive trop tard pour sauver son père, karatéka renommé, de la mort. Ce dernier, présenté comme le meilleur combattant au monde, vient d’affronter un adversaire qui lui a porté un coup mortel. Sanshiro découvre à côté du corps sans vie de son père un œil de verre, perdu par le tueur durant le combat. L’assassin est donc borgne !
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"Comme un samouraaaaaaï"

Série animée multi diffusée dans les programmes jeunesse des années 80, Judo Boy est resté comme l'une des références les plus kitchs du Club Dorothée, mais le manga d'origine était resté jusque là honteusement inédit chez nous. Un manque enfin comblé.

Avant de parler du manga proprement dît, il faut évoquer le jeune éditeur qui a eu la judicieuse idée de proposer ce titre en français. Isan Manga a donc pour ambition de piocher dans les grandes légendes du manga d'autrefois pour combler les collections des amateurs. De superbes volumes à la pagination imposante (presque 400 pages ici) pour des intégrales serties de superbes couvertures cartonnées assez luxueuses. Kurenai Sanshiro (le titre original) méritait bien un tel traitement tant la série est considéré comme une référence au Japon. Ecrit et illustré par Tatsuo Yoshida (Ninja Butai Gekkô) dans un premier temps puis repris par son frère Ippei Kuri pour les derniers chapitres supplémentaires, le manga fit les belles heures de la revue Shonen Sunday à la fin des années 60 avec ce récit assez naïf d'un jeune prodige du judo traversant le monde à la recherche de l'assassin de son père, un borgne mystérieux... Qu'il ne trouvera jamais puisque comme son adaptation animée, l'histoire sera éternellement inachevée. Avec son coté roadmovie très proche de la série TV Le Fugitif (là, il est question d'un manchot), Kurenai Sanshiro enchaine d'épisodes en épisodes les combats avec forcément au départ une grande exposition des prises du Judo, puis du Muay Thay ou du Karaté, tandis que le jeune héros rencontre des adversaires hauts en couleurs (homme-chat borgne, brigands borgnes, cowboys borgnes...) dans un esprit fantaisiste mais aussi avec une forte volonté de récit initiatique où ce dernier va découvrir l'importance de l'entrainement, le respects des opposants, l'amitié et dans une plus large mesure un monde dangereux et très souvent amoral.

 

"Plus rapide que l'éclair, que la foudre de l'enfer"


Si le réçit lui colle aux basques (dans un premier temps) un bambin fantasque avec casquette vissée sur la tête, un chien cocasse et surtout une très jolie (et pure) demoiselle timide, le destin du héros est forcément solitaire, les jolies yeux des nombreuses demoiselles qu'il croise ne réussissant jamais vraiment à le ralentir. Assez sommaire, et parfois un poil bordélique, le scénario est clairement le reflet de son époque, mais teinte constamment la juvénilité morale de Sanshiro par une noirceur notable où les faibles et les innocents se font souvent éliminer cruellement sous ses yeux. Avec leur crayon très tranché, mêlant joliment un réalisme texturé et les codes de la BD japonaise de son temps (on pense parfois à Golgo 13), les deux frangins ont un style excessivement proche et dynamique qui séduit en particulier par le soin apporté aux poses martiales mais aussi et surtout au découpage de combats cinématographiques et dynamiques. Un titre oldies qui fut leur dernière production conséquente sur papier puisque la famille Yoshida (il y a un troisième frère) était déjà bien occupée par la gestion de leur mythique société d'animation, la Tatsunoko, qui révolutionna les techniques télévisuelles et marqua les esprits avec des séries comme Judo Boy justement (une adaptation très proche mais peu rythmée) puis La Bataille des planètes, Yatterman, Go Go Speed Racer ou Super Durand. Un manga fondateur donc.

Nathanaël Bouton-Drouard


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