BLACK JACK DELUXE T.11
Black Jack Goka-Ban - Japon - 1973
Image de « Black Jack Deluxe T.11 »
Dessinateur : Osamu Tezuka
Scenariste : Osamu Tezuka
Nombre de pages : 320 pages
Distributeur : Kazé
Date de sortie : 21 mai 2014
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Black Jack Deluxe T.11 »
portoflio
LE PITCH
Chirurgien sans diplôme opérant dans la clandestinité, personnage ténébreux, génial et hors-la-loi, Blackjack passe sa vie à sauver celle des autres. Tezuka, lui-même médecin, s'exprime à travers son personnage. Chaque nouveau cas est pour l'auteur l'occasion de dévoiler un regard acéré, sans concessions sur la nature humaine… et pourtant profondément humaniste, malgré son apparente dureté. Chaque épisode de Blackjack est une fable noire et superbe sur la condition humaine.
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Précision chirurgicale

Maître ès manga, et même créateur de la forme définitive de la bande dessinée japonaise, Osamu Tezuka aura laissé dans son sillage nombres de séries, récits et personnages passés aujourd'hui à la postérité, véritables légendes aussi célébrés que leur créateur. Il y a le sympathique Roi Leo, l'aérodynamique Astro Boy, Princesse Saphir et bien entendu le charismatique Black Jack symbole du pendant plus adule de l'œuvre de l'artiste.

Entamée en 1973 pour s'achever dix ans plus tard, cette étrange saga uniquement découpées en courts récits d'une vingtaine de pages, s'attardent sur les multiples missions de Black Jack, médecin marron qui loue ses capacités extraordinaires à prix d'or. Pas toujours des plus sympathique d'ailleurs, il se montre très souvent cassant avec ses contemporains, voir carrément colérique et oblige ces derniers à débourser des sommes folles en échange de leur vie. Un chantage presque immoral, si bien entendu le personnage ne laissait pas échapper bien souvent de véritables mouvements d'humanité. Ancien étudiant en médecine, Tezuka explore ici l'une de ses grandes passions exploitant ses connaissances pour reconstituer les nombreuses opérations du héros illustrées par le vocabulaire idoine et surtout des détails pointilleux dans les illustrations scientifiques, crédibilisant admirablement les situations. Un réalisme qui contraste alors volontairement avec le reste du manga retrouvant l'amour de Tezuka pour les personnages à la ligne claire, simplifiée et excessive (voir même cartoon pour quelques gags d'arrières champs), mais jamais totalement caricaturale, révélant par les attitudes et les expressions l'humour et l'amour des autres de l'auteur.

 

le coup de bistouri


Car bien entendu, Black Jack n'est pas qu'une grande série d'aventure médicale, mais bien un feuilleton où le mercenaire du bistouri au visage scarifié, parcours le monde et rencontre toutes les facettes de l'âme humaine. Presque du journalisme BD qui souligne parfois la bêtise de ses protagonistes comme dans Mont Shôwa Le Nouveau Volcan, ou un touriste se coince le bras dans la roche en voulant attraper une pierre rare, et dans Un Chien murmure lorsqu'un jeune homme fait greffer la voix de sa dulcinée à son caniche. Variant constamment de ton, passant du tragique à l'absurde, du fait divers au petites fables poétiques, le présent volume 11 est comme les autres un condensé du talent de Tezuka, particulièrement percutant lorsqu'il règle son compte à un tyran plongeant son pays dans la guerre civile (Réduit en pièce), mais surtout des plus touchants lorsque son écriture, toujours lumineuse et pleine d'espoir, redore le blason d'un jeune professeur tentant de sauver une brute malgré elle (Discussion). Personnage principal d'un manga éponyme, Black Jack est certes acteur des épisodes, mais est surtout la plupart du temps un simple fil conducteur, un témoin, une loupe qui permet à Tezuka de célébrer les valeurs de paix, d'entraide, de compréhension, de courage et d'humanisme qu'il a toujours mis en valeur. Un œuvre belle et forte.

© Osamu Tezuka / Tezuka Productions

Nathanaël Bouton-Drouard


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