BADLANDS T.1 : L’ENFANT-HIBOU
France - 2014
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Dessinateur : Piotr Kowalski
Scenariste : Eric Corbeyran
Nombre de pages : 52 pages
Distributeur : Soleil
Date de sortie : 19 mars 2014
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
À la fin du XIXème siècle, Perla Ruiz-Tenguillo sillonne le sud de l’Amérique du Nord à la tête d’un petit groupe d’aventuriers. Son objectif : marcher sur les pas de son ancêtre, l’alchimiste Hernan Ruiz-Tenguillo. Car le monde invisible vénéré par les Indiens et décrit par son aïeul deux siècles plus tôt n’a pas disparu ! Il a été dissimulé aux yeux des blancs pour éviter que ceux-ci ne s’emparent des pouvoirs qui lui sont associés. Perla espère bien redécouvri...
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La Gâchette facile

Prolifique et multi-genres, Eric Corbeyran enchaine les projets, enfin « débarrassé » de sa saga des Stryges, proposant à chaque fois des BDs dans des univers différents (la magie, la piraterie, le thriller...) pour des lancements de 1er tomes souvent rythmés, entrainants, mais qui ne donnent pas à chaque coups naissance à une authentique série.

Trainant du coté du western, Badlands est d'ailleurs presque un cas d'école dans sa bibliographie, mélangeant le décorum épique du grand ouest avec un fantastique mystique très bien amené, enchainant rapidement les évènements, les gunfights, les poursuites et les révélations toutes les trois pages. Clairement, on ne s'y ennuie jamais, le caractère bien trempé des mercenaires sur la trace d'un mystérieux pouvoir des indiens Anasazis, permettant d'enchainer les règlements de comptes verbaux et les preuves de virilités. Amusant d'ailleurs qu'à l'image de la superbe couverture, c'est clairement ici la pulpeuse Perla qui occupe le plus souvent l'espace, imposant rapidement sa dégaine de mauvaise fille et ses capacités héroïques autant dans le maniement du revolver que le découpage à la machette. Une superbe métisse, sexy en diable, qui donne du fil à retordre à ses compères Sam le gros bras, le professeur Labote et Meurs-beaucoup, l'indien.

 

Oiseaux de nuits


Oui mais voilà, en à peine une cinquantaine de pages entièrement tournées vers l'action, l'exploration vaguement pulp avec une histoire auto-contenue, les personnages n'ont pas vraiment le temps de montrer leur étoffe et surtout de dépasser leurs petits clichés. De la même façon, l'intégration progressive du fantastique, entre rites indiens et mythes Lovecraftien, manque de naturel et de véritable montée en puissance, aboutissant à une confrontation clairement expédiée contre un Cthulhu pas si massif, ni inquiétant, et qui ne semble même pas surprendre la femme fatale au cigare. Un peu juste, ce premier album d'une série dont on peine à deviner la teneur future, reste tout de même doté d'une ambiance bien maitrisée et d'une réalisation dynamique due au travail précis de Piotr Kowalski. Un artiste qui monte, entre ses diverses collaborations dans la voie franco-belge (La Branche Lincoln, Dracula l'Immortel) et sa récente entrée dans le monde des comics grâce à Joe Casey sur l'étonnant Sex. Visuellement, lui maitrise aisément tous les aspects de l'aventure (western, horreur, pulp...) entre réalisme des arrières plans et stylisation des designs, mais à l'arrivée cela ne suffit pas toujours à faire de L'Enfant hibou une BD indispensable.

Nathanaël Bouton-Drouard


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