MASQUé T.4 : LE PRéFET SPéCIAL
France - 2013
Image de « Masqué T.4 : Le Préfet spécial »
Dessinateur : Stéphane Créty
Scenariste : Serge Lehman
Nombre de pages : 56 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 3 avril 2013
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Masqué T.4 : Le Préfet spécial »
portoflio
LE PITCH
Sous l'influence hypnotique du préfet Beauregard, Paris-Métropole cède enfin à sa pulsion émeutière. Profitant des troubles, Frank réussit à sortir de la cage quantique et à délivrer la Gargouille, qui s'avère non un ennemi, mais un chasseur de démons. Outre sa force titanesque, cet être minéral possède le pouvoir de purger l'esprit humain de ses complexes et de ses peurs...
Partagez sur :
L'Envol

Il y a un peu plus d'un an maintenant, le premier tome de Masqué se demandait s'il était possible d'imaginer un super-héros français légitime et moderne. Trois tomes plus tard, le lecteur est heureux de répondre chaleureusement « oui » !

 

Auteur de La Brigade chimérique (série revitalisant les protos super-héros européens), Serge Lehman  inscrivait immédiatement la série Masqué dans une filiation évidente, caviardant son récit d'allusions à peine dissimulées à quelques anciennes légendes populaires et parisiennes, mais surtout l'inscrivant progressivement dans une structure et une logique héritée des modèles américains. Un travail d'adaptation tout à fait logique, qui est d'une certaine façon le corps des albums Le Jour du fuseur et Chimères et gargouilles. A leur manière, ces derniers piochaient intelligemment dans les méthodes narrative d'un Stan Lee pour présenter à la fois un premier méchant (forcément un ancien ami / ennemis qui fait fortement pensé à L'Homme sable) et un futur allié (une gargouille de Notre Dame lointaine descendante des créatures de Jack Kirby), sans jamais se départir d'une identité des plus frenchy. Et si les mystères de la capitale étaient légèrement mis en retrait, ce n'était que pour mieux rejaillir dans le dernier album de ce premier cycle : Le Préfet Spécial. Conclusion en apothéose et à grand spectacle d'une fresque super-héroïque qui fait déjà date.  

 

it's a job for...

 

La force de l'album est ainsi de réorganiser, relier et remettre à plat toutes les pistes présentées dans les tomes précédents avec discrétion et finesse, pour mieux imposer la puissance de cette nouvelle mythologie incarnée par ce héros en costume. Une longue filiation que Lehman fait remonter très loin dans une double planche incantatoire, mais qu'il ramène aussi d'un simple détail aux cousins US (l'utilisation de la photo volée est magistrale), et qui donne un vrai souffle à sa création, désormais à même de contrecarrer sa Némésis : bien entendu le fameux préfet, cerveau malade qui tire les cordes depuis le débuts, et qui s'apparente ici autant au Joker (façon The Dark Knight) qu'à l'âme maudite de Paris. Alors que les parisiens sombrent dans la folie destructrice, la cité s'éveille dans un élan digne des visions poétiques de Miyasaki, et la série se découvre une magie surprenante et séduisante. Impressionnant de voir à quel point tout s'imbrique avec logique, sans jamais oublier de livrer un spectacle détonant, ici presque gargantuesque, lorsque le nouvellement nommé Optimum affronte les troupes mécanisées de la capitale. Du pain bénie pour Stéphane Créty (vu récemment sur le réussit Star Wars Agent de l'Empire) qui joue énergiquement avec le découpage des séquences d'action, offre une belle prestance à une mégalopole brillamment anticipée, et surtout achevant d'imposer la stature du personnage central. On peut enfin espérer croiser un homme en cape dans le ciel français. Cool, non ?

Nathanaël Bouton-Drouard


Partagez sur :
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2022