FATALE T1 : LA MORT AUX TROUSSES
Fatale Book One : Death Chase Me - Etats-Unis - 2012
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Dessinateur : Sean Phillips
Scenariste : Ed Brubaker
Nombre de pages : 138 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 3 octobre 2012
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
De nos jours, aux États-Unis. Lors des obsèques de son parrain, Nicolas Lash rencontre une mystérieuse jeune femme qui se fait appeler Jo. Intrigué par ses propos, surtout subjugué par sa beauté, il se laisse séduire. Or bien des hommes sont déjà tombés dans ses filets... Il ignore encore que celle qui le fascine tant traverse les années sans vieillir, cherchant à échapper à un monstrueux démon immortel.
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A cause de la nuit

Les créateurs de Sleepers, Criminal et Incognito remettent le couvert en se dédiant entièrement au destin de Joe, femme en détresse qui fait tourner les têtes et brise les destins. Un polar pur jus qui croise à la volée les ténèbres de la magie noire. Attention, petit bijou en approche.

 

Presque inséparables depuis leur collaboration sur Sleeper, Ed Brubaker et Sean Phillips n'ont cessé depuis de marteler leur amour du polar à l'ancienne, et leur envie presque anachronique de jouer avec les codes d'un genre définitivement marqué par les années 50. Approche modernisante dans le solide Criminal (toujours en cours et bientôt au cinéma), mêlée à un univers de super-héros sur le déclin dans l'amusant Incognito... ils restent définitivement fidèles à une patte stylistique passionnante : une écriture racée mêlée à des illustrations jouant habilement sur des ombres quasi-impressionnistes. Dernier opus de la team, Fatale est d'ailleurs l'occasion pour Sean Phillips (Marvel Zombies, Hellblazer) d'explorer plus avant ses fondations puisque le premier tome se déroule justement à la pleine époque du film noir hollywoodien : ciel gris, pluie abondante, enquête plongée dans la nuit, pauvres chambres d'hôtels, ruelles oppressantes, volutes de fumée... Tout y est, et l'artiste prend un malin plaisir à croquer des personnages fatigués par la vie ou défigurés par le mal qui les habite.

 

elle est d'ailleurs

 

Tous sauf une, Jo, femme fatale superbe, sexy et charmante, froide et brûlante à la fois, qui fait tourner la tête des hommes et les pousse vers leur propre destruction. Jamais sous ce crayon une demoiselle n'aura été aussi belle, occupant avec grâce l'encadrement d'une fenêtre de ses formes voluptueuses, se glissant dans un bas ou une robe cintrée avec l'élégance d'une garce. Habile, Brubaker offre à son collaborateur toutes les occasions de se dépasser graphiquement (avec des références en outre aux films de guerre de la même période), de s'approprier toute la richesse visuelle des grands films noirs (Fuller, Lang et les autres) avec une virtuosité impressionnante, qui n'a d'égal que son sens du découpage et du suspense. Il faut dire que rarement un scénario d'Ed Brubaker (Catwoman, Captain America) n'aura été aussi proche dans sa cruauté, dans son exploration de la part d'ombre humaine d'un roman de James Ellroy. Sauf que tout en installant un terrain connu au lecteur, il emporte sa minisérie vers les frontières de l'horreur, du fantastique Lovecraftien en faisant de sa jolie Joe une femme fatale dans tous les sens du terme, une créature hautement désirable et dont les charmes sont immuables à travers le temps. Poursuivie par une secte satanique, capable de pousser les hommes à toutes les extrémités, accompagnée de visions cauchemardesques et terriblement crues, elle a tout de cette créature que tous les hommes aimeraient posséder, protéger, tout en sachant qu'elle n'apporte que la destruction. Un futur classique.

Nathanaël Bouton-Drouard


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