BLACKSTONE T1 : LES MAGICIENS
France - 2012
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Dessinateur : Eric Chabbert
Scenariste : Eric Corbeyran
Nombre de pages : 56 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 14 mars 2012
Bande dessinnée : note
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portoflio
LE PITCH
Paris, en 1860. Nelson Staightback et Jenny Sullivan mettent fin à leur minable association avec Jean-Jacques Bonneteau pour tenter leur chance à Londres. Mais le maigre succès qu'ils parviennent à obtenir prend fin lorsque l'enfant qu'ils font monter sur scène pour faire mine de le faire disparaître se volatilise réellement... Avant de fuir la foule en colère, Nelson a tout juste le temps de repérer, dans la boîte où se trouvait le gamin, une pierre noire... Alors que ses anciens com...
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Escamotage

Aux origines de la très efficace série Uchronie(s), le duo composé de Corbeyran et Eric Chabbert ne revient pas pour entamer le second cycle attendu, mais une aventure bien moins « science-fictionnelle » en défrichant le petit monde des prestidigitateurs.

 

Rois du passe-passe, de l'illusion et des fausses apparences, les magiciens ont beau avoir perdu de leur superbe au fil d'un très concret XXème siècle, ils n'en restent pas moins des figures qui fascinent la littérature et surtout le cinéma, partageant nombre de techniques avec ces formes artistiques. Curieusement, à part les premier héros de pulps et de strips comme Mandrake et consorts, ces héros mystérieux sont restés très en retrait dans le monde de la BD. Scénariste aventureux et prolifique, Corbeyran délaisse temporairement son univers des Stryges (mais avec lui, on ne sait jamais s'ils ne vont pas revenir par la porte arrière) pour s'attarder sur le destin étrange de trois collaborateurs habitués aux petits arnaques illusionnistes de la fin du XIXème siècle. Quelques tours de cartes qui tournent mal, et le trio se sépare, le couple Nelson & Jenny se retrouvant par la même embringué dans une disparition bien trop réelle. La narration joue avec les ellipses, passe d'un évènement à un autre avec la maîtrise d'un joueur d'échecs. Quelques mois plus tard, Jacques, leur ancien comparse, débarque à Londres et par une succession de hasards se retrouve à enquêter sur cet évènement mystérieux, tandis que Nelson se découvre grâce à une pierre noir-ébène de véritables pouvoirs magiques.

 

riend ans le chapeau

 

BD en costumes embrassant avec allégresse toutes les croyances de cette époque, hésitant encore entre croyances mystiques (séance de spiritisme et spectacles sensationnalistes au programme) et science à la manière des films L'Illusionniste (avec Edward Norton) et Le Prestige (de Christopher Nolan). BlackStone hésite justement entre la poésie fraîche du premier et la vision plus manipulatrice du second, multipliant les pistes narrative possibles, et s'offrant un détour vers un royaume surnaturel féerique dans les dernières pages comme pour désarçonner le lecteur. Trop de directions, pas assez d'énergie sans doute, Les Magiciens semble parfois sauter du coq à l'âne pour disposer à la hussarde tous les ingrédients de la future série, en oubliant d'épaissir certains personnages (le félon Nelson Staighback frôle la caricature) ou de laisser une ambiance s'installer durablement. Reste heureusement un vrai suspense et une trame plutôt accrocheuse, mais qui n'est pas toujours soutenue au mieux par les planches d'Eric Chabbert (Nova Genesis), tentant de combiner le sur-découpage cher à Corbeyran tout en décrivant au mieux les décors surchargés du Londres des débuts de l'ère industrielle. En résultent des pages un peu fouillies, où les personnages restent de tout façon imprécis dans leurs contours et la magie illustrée avec un classicisme un peu triste. Une lecture en demi-teinte.

Nathanaël Bouton-Drouard


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