LOCKE & KEY T3 : LA COURONNE DES OMBRES
Locke & Key : Crown of Shadows - Etats-Unis - 2011
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Dessinateur : Gabriel Rodriguez
Scenariste : Joe Hill
Nombre de pages : 160 pages
Distributeur : Milady
Date de sortie : 20 janvier 2012
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Les Ténèbres se referment sur Keyhouse. Dodge poursuit son insatiable quête des mystérieuses clés de pouvoir et est prêt à tout pour les obtenir. Assiégés et isolés, les enfants Locke doivent livrer un combat désespéré, dans un monde où la nuit même est leur ennemie.
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Passe-partout

Et encore un prix pour Locke & Key qui se voit désormais gratifié d'un Will Eisner Award du meilleur scénario. Pas mal, surtout que la concurrence est rude... bien que franchement il semble difficile aujourd'hui de faire plus inventif, moderne et excitant que ce petit bijou. Trois tomes seulement, et déjà culte.  

 

Le premier tome débutait comme un fait divers tragique qui ouvrait sur un récit fantastique étonnant, puisque se basant sur une idée simple (des clefs disséminées dans une maison mais qui ont chacune une propriété magique), qui éclairait une cicatrisation émotionnelle avec des reflets tout particuliers. Le second volume démontrait avec brio l'alliance parfaite entre les idées délirantes de Joe Hill et les illustrations vibrantes de Gabriel Rodriguez, en se basant une nouvelle fois sur un concept aussi bref qu'aux possibilités délirantes : une clef capable d'ouvrir un crâne. Si Locke & Key marque autant le lecteur, c'est sans doute aussi parce que ce dernier a l'impression d'assister à la naissance d'un duo de scénariste / dessinateur d'une évidence aussi parfaite que Grant Morrison / Frank Quitely, Neil Gaiman / Dave McKean, Gart Ennis / Steve Dillon... et pourquoi pas Stan Lee / Jack Kirby. L'un explore jusqu'à la lie son univers poético-macabre hérité des maîtres anglo-saxons comme Poe et, bien entendu, Lovecraft, l'autre lui donne une réalité presque physique, tangible, tout en accentuant l'étrangeté de la chose.

 

la nuit sur le mont-chauve


Dans La Couronne des ombres, troisième volume tant attendu, les deux auteurs semblent définitivement prendre leur envol en s'attardant comme jamais jusqu'à maintenant sur la perdition annoncée de la mère des gamins, qui sombre dans l'alcoolisme. Brisés, ses enfants le sont tout autant, mais répondent chacun différemment au trauma, quitte à perdre leur connexion entre eux. C'est là que le script retourne l'ensemble, les confrontant à un nouveau plan de leurs ennemis invisibles, qui usent d'une couronne magique pour les attaquer avec des ombres devenues agressives. Un bon moyen pour Rodriguez de s'éclater visuellement avec des formes évanescentes et inquiétantes pour aboutir à un numéro entier composé uniquement de pleines pages. Une séquence, sous couvert de montrer l'effet d'une clef « grandissante », se permet de jouer l'hommage appuyé aux grands films de monstres, voire aux affrontements finaux d'un Bioman. Et tout cela bien entendu sans jamais briser la logique de Locke & Key, mais uniquement en étoffant une nouvelle fois les mystères des clefs, de cette étrange maison et les liens qui grandissent entre les différents personnages. Tour à tour spectaculaire, poétique, inquiétant, attachant, La Couronne des ombres concrétise toutes les attentes et se montre toujours aussi habile à orchestrer avec minutie un drame aussi intimiste que surnaturellement épique. Une œuvre qui fera date, c'est sûr.    

Nathanaël Bouton-Drouard


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