UMBRELLA ACADEMY TOME 1 - LA SUITE APOCALYPTIQUE
Umbrella Academy – Apocalypse Suite - Etats-Unis - 2008
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Dessinateur : Gabriel Bâ
Scenariste : Gerard Way
Nombre de pages : 192 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 25 mars 2009
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Lorsque 43 enfants naissent de femmes qui ne montraient aucun signe de grossesse, Sir Reginald Hargreeves en adopte sept dans l'espoir de sauver l'humanité. Les enfants grandissent, leurs exploits au sein de l'Academy se succèdent, comme les crises familiales... jusqu'à la dissolution du groupe.
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Fight the Future

Consacrée meilleure série 2008 aux Eisner Awards et aux Harvey Awards, Umbrella Academy est le succès surprise de cette même année sur le marché américain. Aux commandes, deux jeunes talents. qui imaginent une toute nouvelle équipe de super-héros. En résulte une série excitante qui a d'ores et déjà marqué toute l'industrie.

Tous les chemins mènent à la BD. On avait déjà vu Richard Donner rendre hommage à Superman, Rob Zombie donner dans le catcheur mexicain ou Joss Whedon donner suite à ses séries TV au format papier... Il faudra désormais compter sur Gerard Way, chanteur du groupe My Chemical Romance, qui écrit page par page entre deux concerts de la tournée 2007, profitant de quelques temps de repos dans les chambres d'hôtel. Ce rêve, l'artiste le caressait depuis ses années passées en école d'art (où il a eu Carmine Infantino et Klaus Janson comme profs... rien que ça) et sa passion rejaillit ici au détour de chaque dialogue, de chaque planche. Avec ses super-héros névrosés, manipulés, voire en totale roue libre, Way ne se moque pas du genre mais le malmène, le pousse à révéler l'essentiel sur la nature du « groupe ». Une démarche qui rappelle évidemment l'illustre Watchmen, auquel Umbrella Academy emprunte aussi la construction en flashbacks, les ellipses narratives et la course irrépressible vers...la « fin ». Un modèle parfois un peu écrasant, mais dont la noirceur presque poisseuse et la recherche de réalisme laisse place ici à un vrai sens de la fantaisie. Hommes-singes et singes-hommes, membre de l'équipe coincé dans un futur apocalyptique, secte persuadée que la musique peut détruire le monde, combat de catch avec une pieuvre géante, Tour Eiffel contrôlée par un M. Eiffel-zombifié...

L'école des champions

L'album est une vraie déclaration d'amour à la pulp culture et adoucit le propos violent et sombre par un humour absurde (pas loin d'Alice au pays des merveilles) et quelques jolis moments d'émotion. Sans doute un peu exagérée, la remarque de Grant Morrison (« Umbrella Academy c'est l'équivalent des X-men écrit par des gens cool ») souligne en tout cas la filiation de cette jeune série (le second story-arc est en cours de parution aux USA) avec le monde des mutants de Marvel. Si Watchmen était la version modernisée, adulte de la JLA, Umbrella Academy est le miroir des Nouveaux Mutants et leur version adulte. Il faut dire qu'un scénario surprenant de maturité permet à Gabriel Bà d'apparaître comme l'autre révélation de la série. Clairement dans les pas de Mike Mignola (il va d'ailleurs illustrer une prochaine minisérie du BPRD), l'illustrateur brésilien séduit immédiatement par son style anguleux, rétro mais énergique et admirablement colorisé par le Dave Stewart de BPRD. Une vraie réussite qui a d'ailleurs tapé dans l'œil du réalisateur Alfonso Cuaron (Les Fils de l'homme, Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban)  qui en prépare actuellement une adaptation pour Universal avec Diablo Cody (Juno) au scénario. On attend cela de pied ferme.

Nathanaël Bouton-Drouard


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